Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 22:38

 

 tandem suisse 087

 

Récit d'une randonnée à tandem et remorque

 de Les Contamines (France) à Chur (Suisse)

 en traversant la Suisse, le Liechtenstein,

 l'Autriche et l'Italie.

1100km. 13 cols. 14 jours.

Août 2010. 

 

Jeudi 5 août 2010. Jour 0. Prologue.

Aujourd'hui, c'est un jour gris. Nos amis de "Chamonix Zermatt " nous quittent un à un et il tombe, du matin au soir, une pluie froide et drue. Nous restons à Les Contamines pour attendre le beau temps et nous préparer au mieux. Nous faisons réparer quelques bricoles sur le tandem et rajoutons  ainsi dans notre remorque tous les vêtements "haute montagne"...

 

Vendredi 6 août 2010. Jour  1. Depuis Les Contamines (74) jusqu'à Martigny (Suisse) 85km en 5h18.

 Et ce matin, bonne surprise, il fait beau. Aussitot, la remorque est attelée et nous enfourchons notre engin, gais comme des pinsons qui partent pour leur première grande migration. 

Et ça roule.

Nous traversons les Contamines sans effort et plongeons sur St Gervais puis sur le Fayet. C'est facile, c'est tout droit et cela descend... Certes, il fait un peu frais mais c'est vraiment tres agréable.

tandem suisse 085Bien protégés du froid par notre matériel de montagne, nous filons bon train dans cette descente ombragée.  Voici Le Fayet  et ses gares. Nous arrivons à Passy. Je demande la route à des  cégétistes qui quittent leur permanence et nous attaquons la montée vers Les Houches.  Cette vallée étroite est entièrement occupée par l'Autoroute Blanche, il va donc falloir la remonter sans emprunter ce couloir à camions. Bien renseignés, nous trouvons ainsi une petite route magnifique et tortueuse qui nous mène jusqu'à un petit col sans nom...

De là, une évidente descente nous mène à Les Houches puis à Chamonix. Nous traversons cette ville animée, le coeur léger, nous ne sommes qu'au début de notre aventure.
tandem suisse 088

 

Bien évidemment, Véro veut se faire photographier devant la statue detandem suisse 091Saussure, c'est de bonne guerre. Et nous reprenons la route. Voici le parking du Brévent et après une rude montée encombrée de circulation, nous atteignons Argentière. Il est temps de faire une petite halte dans un bar. Étonné par notre attelage, le patron vient parler avec nous et nous offre le café. C'est cela la magie du tandem.

Il est 15h et encouragés par notre dernière rencontre, nous filons vers la Suisse. Nous laissons sur notre droite la route qui monte vers le Tour et la montagne qui mène à Zermatt(voir les aventures précédentes...). Nous attaquons notre premier col de la journée. Après une belle montée pas longue, quelques kilomètres, mais assez raide avec des pointes à 9%, nous parvenons au col des Montets.Il fait frais, il y a du vent. On ne s'arrête que quelques minutes, juste le temps de la photo et nous plongeons vers la Suisse. C'est une belle descente qui nous permet de traverser la petite ville de Vallorcine, de franchir la douane Suisse et de contourner le village de Trient. Et alors que nous pensions n'avoir qu'une montée large et tranquille pour atteindre le col suivant, nous découvrons la spécialité suisse, loin devant le chocolat, les glaciers et le secret bancaire, c'est la "montée longue et terrible de cols routiers".

Bizarrement, il n'y a plus personne sur la route et nous nous retrouvons seuls  à pédalercommedes forcenés, pour gravir ces derniers kilomètres de bitume.

tandem suisse 096Le soleil est encore bien présent et c'est essoufflés, suants et soufflants que nous atteignons le col de la Forclaz 1537m, notre premier col suisse. Une carte achetée, un oeil jeté au camping du col et nous fonçons sur le versant Est pour une  descente extraordinaire avec des pointes à près de 70 km/h, à rattraper des voitures qui n'osent pas rouler plus vite. Arrivés à Martigny, nous ne filons pas comme promis à nos petits camarades, jusqu'au grand Musée Central mais plutôt jusqu'au Camping.

Il est tard, la montagne toute proche lâche sur le terrain son ombre un peu froide. Avec la fatigue de la journée, il est temps de s'arrêter et de manger. Nous nous mettons pour cela à l'abri dans le local des sanitaires juste avant de constater que la tente que nous avons choisie risque d'être un peu petite. Elle le sera effectivement.

   

Samedi 7 août 2010. Jour 2. Du camping de Martigny à celui des Diablerets. 61km. 5h14 de vélo. 

tandem suisse 097C'est le soleil qui au matin nous fait sortir de la tente. Le ciel , d'un bleu parfait nous rend enthousiastes et optimistes....Une famille à vélo, intriguée par notre attelage vient nous voir pour échanger un peu. Ils nous expliquent la qualité et l'importance des pistes cyclables suisses  et surtout nous en détaillent la signalétique. C'est sympa de leur part. Encore la magie du vélo. 

Nous quittons donc Martigny et remontons la vallée du Rhône en suivant un ensemble de pistes ou de petites routes très sympathiques à travers d'immenses vergers. Bien sûr, noustandem suisse 101dégustons quelques délicieux abricots du Valais en profitant de ces premiers paysages, plats, roulants et calmes. Ce seront les seuls de tout notre périple car les choses vont rapidement se gâter. Toujours en suivant le Rhône, nous traversons nombre de petits villages sans grand cachet.  

   

Un peu après St Maurice, nous quittons le fond de la vallée pour traverser Bex (Prononcer "bé"). C'est à partir de ce moment que nous allons comprendre ce que sont réellement les cols suisses. Jusque là, ils nous avaient montré d'eux une image plutôt accueillante, plutôt sympathique. Et bien, cela ne va pas durer bien longtemps.

Car des 428 m d'altitude de Bex nous devons monter jusqu'aux 1778m du col de la Croix par une route étroite et toujours raide qui ne nous laisse absolument aucun répit dans notre effort. Nous pensions au départ enchaîner sur le col suivant mais nous comprenons rapidement que cela nous sera simplement impossible. Et comme le demi tour un premier jour est inacceptable, nous continuons. Il suffit pour cela d'appuyer de toutes nos forces sur les manivelles, chaque tour de ces dernières étant un effort presque douloureux...

Nous traversons des villages dont la beauté et l'allure augmentent régulièrement avec l'altitude. Il n'y a que nous comme cycliste sur cette route de fou, les autres, plus futés, sont partis ailleurs. 

Soudain, miracle! Alors que nous cuisons sous le soleil de l'après midi,  noustandem suisse 105tombons en arrêt devant une laiterie. Le lait et les yaourts  que nous y dégustons, nous sauvent de l'ennui et de la fatigue. La jolie crémière nous indique même une route un peu moins raide que celle prévue initialement. Nous voilà dans la très chic station de ski de Villars. Les boutiques de luxe et les gros 4x4 aux vitres fumées nous montrent bien que nous ne sommes pas dans notre monde. 

Nous achevons cette  montée aussi belle qu'éprouvante par deux km à 10% de moyenne. Devant, Véro tient magistralement le guidon, empêche l'attelage de zigzagguer et arrive même à saluer les automobilistes qui ralentissent en nous apercevant.

Col de la Croix 1178m. 17h. Nous sommes exténués.

Comme très souvent, on vient à notre rencontre pour nous féliciter ou nous encourager. Aujourd'hui, c'est le patron de la baraque à frites du col qui vient parler avec nous.

Nous nous laissons ensuite glisser dans la descente jusqu'à la station des Diablerets. Et bien évidemment, le camping n'est pas là. Nous devons aller le chercher dans un autre village qui répond au doux nom de " Vers  l'Eglise". Nous avons la joie d'être très bien accueillis dans un camping communautaire. Nous plantons notre tente dans  le premier emplacement venu et ne bougeons plus, trop heureux de pouvoir récupérer des efforts de cette journée hors normes. 

 tandem suisse 117

 

Dimanche 8 août 2010. Du camping de "Vers l'Eglise" à la maison de Robert et Anne Marie à Wilderswil. 107 km en 5h55.

Réveil humide ce matin, le ciel est encore bien bleu. Tout va donc très bien. Nous quittons ce camping si sympathique, traversons le  bourg de "Vers l'Eglise" et logiquement, en  visitons l'église qui vaut vraiment le détour.  Nous remontons aux Diablerets et prenons la route de Gstaad, la ville de Polanski. Elle est large mais pas très fréquentée. Seuls 5 km et 400 m de dénivelé nous séparent du col mais, en comptant bien,  Véro s'apercoit que c'est unetandem suisse 129 moyenne de 10% qui nous y attend. L'effort n'est donc pas aussi long que celui d'hier mais il est tout de même bien intense. La route serpente dans une magnifique forêt de sapins  et vers 11h du matin nous atteignons le sommet du col, peu marqué. Col du Pillon 1546m.

Là, c'est une Suissesse originaire du Périgord qui vient nous parler et qui  nous annonce que nous allons "entrer dans la Suisse profonde dans laquelle l'ordre et la propreté sont des obsessions ..."

Il s'ensuit alors une magnifique descente de 17 km, sans un seul coup de pédale,  jusqu'à la ville de Gstaad.

Trois jeunes en petits collants sur de magnifiques bécanes nous doublent sans nous saluer. Et ça nous on aime pas cela. Alors, après leur avoir laissé prendre un peu d'avance, on se met à accelérer et alors là, pas de doute, notre engin est bien le meilleur. Quelques kilometres plus loin, nous  rattrapons, doublons et laissons sur place ces trois présomptueux. Aujourd'hui, c'est dimanche, nous nous tandem suisse 132sommes laissés piéger, il n'y a pas de magasin ouvert pour faire nos courses. Dans cette ville d'argent et de luxe, nous sommes obligés de grignoter nos restes devant un supermarché fermé. Nous pestons bien en France contre les magasins ouverts le dimanche pour ne pas regretter qu'à l'étranger, cette mesure soit encore bien appliquée. Et pour couronner le tout, il se met à pleuvoir... 

Comme nous ne pouvons acheter ni une Rollex ni un Boss puisque les rideaux sont baissés, nous reprenons la route qui s'élargit notablement à partir de Saanen. Pendant une vingtaine de kilomètres, nous suivons le fond d'une vallée heureusement presque toujours desservie par des pistes cyclables. Arrivés dans la ville de Zveissimenn, nous quittons l'axe de la vallée pour remonter vers le site prestigieux de l'Eiger. 

tandem suisse 136

Nous empruntons pour cela une petite route, magnifique, qui remonte une gorge étroite et boisée. Nous avons cependant du mal à obtenir des renseignements fiables: les gens font preuve de bonne volonté mais  nous butons sur la barrière de la langue. Nous ne trouvons pas le camping espéré ni même le moindre panneau. Nous continuons à monter, la route se rétrécit régulièrement et perd même son asphalte. Nous roulons sur une piste, allons nous être obligés de bivouaquer? L'après midi est en train de se terminer et nous n'avons aucune solution en vue mais nous ne sommes pas inquiets l'endroit est trop beau pour cela.

Et c'est à ce moment  que se produit un autre miracle. Sur le pas de sa maison, un homme est là, assis. Il lit. Nous lui posons quelques questions. Il nous répond avec quelques mots mi-francais, mi-anglais, mi-allemands et très rapidement nous propose de camper chez lui. Nous sommes aux anges, nous venons de rencontrer Robert et Anne-Marie, un couple vraiment très sympathique.       

Nous nous installons dans le jardin de leur maison. La vue est magnifique:tandem suisse 163depuis leur terrasse, nous voyons le sommet du Mönch. Nous passons ainsi une très agréable soirée à apprécier tous les détails des paysages de montagne qui nous entourent. Dans le champ, juste en contrebas, un fermier empaquette les balles de foin avec une machine drôlement efficace. Mais Véro s'étonne , "-On ne voit pas de vaches dans les champs!" Robert lui répond qu'elles sont enfermées dans l'étable toute proche et que nous les verrons le lendemain matin.  

 

Lundi 9 août 2010. De la maison de Anne Marie et Robert au camping de Brienz en passant par le pied de l'Eiger. 74km en 5h02. 

C'est la plus belle journée de notre voyage qui nous attend, en tous cas, la plus ensoleillée.

Après y avoir bien réfléchi, nous modifions notre projet, laissons tente et remorque sur place et filons vers Grindelwald, légers et enthousiastes. Bien évidemment, nos hôtes nous ont offert le petit déjeuner. Cela a été un

autre moment magnifique d'amitié et d'échange que nous n'oublierons pas.

tandem suisse 175Nous devons maintenant remonter  la vallée qui débouche sur l'un des plus prestigieux paysages de haute montagne du Monde. La route principale est très fréquentée mais heureusement, là aussi, nous suivons une piste cyclable. Le ciel depuis ce matin, reste d'un bleu parfait, il fait tres beau et même pas chaud. L'idéal pour faire du tandem. 

Arrivés à Grindelwald,  nous nous rendons au départ du train de la Jungfrau, et là, nous déchantons. C'est une véritable douche écossaise à double rideau qui nous tombe dessus. D'abord nous découvrons un site plus que fréquenté, occupé par des centaines de personnes qui se ruent littéralement sur les guichets, bousculant tout, écrasant le reste.  Et ensuite,  c'est le second choc avec la lecture du tarif de la montée en train: près de 150 euros par personne, c'est peut être un peu trop. Pour éviter donc un accès sévère de japonitaigu, nous quittons rapidement cet endroit  afin de prendre l'air, le vrai, de nos montagnes.

tandem suisse 180

Nous empruntons ainsi une petite route goudronnée qui gravi les premièrestandem suisse 183pentes, juste au dessus de la ville.  Quelques coups de pédale, tout va bien, tout se calme et nous retouvons le sourire. Laissant sur notre gauche la piste qui monte à Kleine Scheidegg au pied de L'Eiger,  nous montons jusqu'à la station de ski  de Mannlichen par une petite route étroite, déserte et qui nous offre des vues sublimes sur toute la région et en particulier sur cette incroyable face nord de l'Eiger. Haute de près de 2000 m de haut, elle est extrêmement impressionnante à observer tant elle est raide et haute. De nombreux alpinistes sont morts en la gravissant, on comprend aisément pourquoi. 

Nous restons longtemps, seuls et heureux, à profiter de ce paysage sublime et effrayant. Nous sommes ravis de l'avoir vu. Mais notre journée n'est pas terminée, nous ne pouvons ni rester plus longtemps ni continuer à monter. Nous descendons donc.     

En quelques coups de pédales nous retrouvons nos amis de Wilderswil et tout notre matériel. Il fait toujours aussi beau, toujours pas de nuages. Quand on sait le temps qu'il peut faire à l'Eiger en toute saison, nous avons bien de la chance. Anne-Marie nous offre avant notre départ, un magnifique dessert: de la crème glacée avec des myrtilles. C'est simplement génial. Véro se régale...

Nous  quittons à regret cet endroit magnifique et surtout la compagnie de Robert et d'Anne Marie qui sont vraiment des gens hors du commun. Qu'ils

soient ici chaleureusement remerciés.

 tandem suisse 161

Nous filons alors maintenant pour la plaine en faisant un des rares demi-tour de notre voyage, organisé dans le sens de la traversée. Quelques courses à Interlaken et, bien renseignés par nos amis Suisses, nous remontons le grand lac de Brenzer par son côté gauche. Là encore, des pistes cyclables nous permettent d'avancer en toute sécurité. Les vues sur l'immense étendue d'eau sont elles aussi magnifiques et nous changent bien des panoramas de vide effrayant et  de roches noires, de ce matin. Nous roulons sans trop de difficultés les 25 km de bord de lac jusqu'à ce petit village de Brienz avec son petit camping privé, cher et mal équipé. Nous y sommes un peu serrés sur nos voisins. A notre droite, des buveurs anglais et bruyants et à notre gauche, des grimpeurs hollandais et accueillants. La soirée est belle et un peu fraîche.  

 

Mardi 10 août 2010. Du camping de Brienz à celui de Realp. 81km. 7h de vélo. Deux grands cols. Une grande journée d'efforts et d'émotion.

Réveil matinal. La rosée a tout mouillé. Sans gaz, nous déjeunons quand même. Nos voisins dorment encore, ils essayent de récupérer de leur soirée. Quand nous traversons le camping encore silencieux, en poussant notre engin, nous nous sentons extraordinairement libres  et heureux à partir ainsi vers des aventures sans cesse renouvelées.  

La première partie de la journée sera simple et facile.  Nous roulons sans efforts jusqu'à Meiringen, petite ville typique. Nous faisons connaissance avec le droguiste du centre ville qui, cycliste lui aussi, dépanne bien notre camping-gaz.

"Vous avez fait le col de la Croix? Alors là, bravo, parce que celui là, il est dur, surtout que vous êtes bien chargés, dit-il en apercevant notre attelage, garé sur le trottoir d'en face". Pour le remercier de cet accueil, je lui achète une cloche...

En sortant du magasin, nous tombons en arrêt devant ce drôle de graphique. Nous comprenons que les difficultés vont bientôt commencer. Effectivement, le dur et le  pénible nous sautent aussitot dessus. C'est une très longue montée qui nous fait face dans ces montagnes hautes et bien peu aimables.      tandem suisse 215Ici dans cette vallée qui se transforme rapidement en gorge, tout est sombre: les forêts, les barres rocheuses, les barrages, les tunnels. Il n'y a que les -nombreuses- Ferrari qui sont rouges. Bien des fois c'est le découragement qui nous guette. Nous aimerions bien poser le pied par terre, descendre du tandem et s'étendre sur l'herbe du paturage tout proche. Mais toujours le second de l'équipe continue à appuyer sur les pédales... alors on ne s'arrête pas et on continue. La pente est toujours forte avec quelques rares replats. Les paysages de plus en plus grandioses et impressionnants souvent décorés d'incroyables murs, barrages, tunnels, donnent à cette montée interminable, une atmosphère  étrange et impressionnante.

"Mais... qu'est ce que c'est? Dis donc, regarde là haut, c'est un barrage, un énorme barrage qui ferme tout le haut de la vallée!

-Eh bien cela montre bien que nous ne sommes pas encore arrivés.

-Allez pédalons!".

Nous franchissons quelques tunnels bien équipés et éclairés mais toujours impressionnants à traverser surtout à la montée. Nous en évitons un plus long que les autres en empruntant une petite route de délestage qui nous offre des vues incroyables sur ravins et forêts tout proches.  

Heureusement, pour couper un peu cet effort, il reste les rencontres avec d'autres cylistes qui souffrent comme nous, avec leurs sacoches. Certains même, des hollandais, crèvent, stoppent et réparent. On s'arrête pour les aider, pour parler un peu et on repart pour enfin terminer cette terrible et interminable montée.

Grimselpass 2165m. 

Comme au Col de Croix, nous sommes exténués par ces 31 km de montée pour 1600 mètres de dénivellé. L'endroit est superbe, grandiose , touristique et fréquentée par une foule nombreuse bruyante et motorisée dans une immense majorité. 

Juste le temps de manger quelques barres de pâte de coing et nous filons vers la descente. Et là nous découvrons, immédiatement  un paysage encore plus immense, encore plus extraordinaire: Par des lacets serrés, la route large, plonge vers le bas de la vallée. Le revêtement est excellent, nous pouvons donc laisser filer le compteur. Après les efforts de la montée, c'est un vrai bonheur qui nous délasse les muscles du dos, des jambes, des cuisses et  qui nous rend euphoriques et enthousiastes. Plus question de raler ou de songer à renoncer, nous sommes heureux et goutons à 100% ce bonheur.

Rapidement, apparait face à nous la formidable montée vers le Furka Pass. Allons nous en tenter l'ascension cette après midi? Cela ne nous semble pas possible, cela nous semble trop pénible d'enchainer cela après le Grimsel. Nous arrivons au hameau de Gletsh. Mais, déception, pas de camping, pas non plus d'hôtel accessible à nos maigres moyens. Nous mangeons, réfléchissons, tournons un peu en rond, cherchons  une solution et choisissons, logiquement, de continuer à rouler, de continuer à monter. tandem suisse 227 C'est ce qui nous plait.

Comme par miracle, la circulation automobile a pratiquemment disparu. Il est environ 16h, la journée touche à sa fin et nous nous attaquons ce qui sera  l'une des plus belles montées jamais réalisées. Nous repérons le nombre de virages: 7 lacets en épingle à cheveux, le denivellé : 600m , la longueur: 10km et nous nous lançons dans cette belle aventure. A notre grande surprise la pente est moins rude que redoutée puisqu'elle ne dépasse pas les 7% pendant les 5 premiers kilomètres. Comme souvent, le paysage change  vite. Plus on monte, plus il est grandiose et magnifique. Un lacet sur deux, nous approchons les sources du Rhône, superbe site glaciaire, que nous apercevons en jetant un coup d'oeil par dessus le parapet de la route. Nous dépassons l'altitude des premiers séracs et crevasses et continuons à monter. Nous avons déjà abandonné l'idée de bivouaquer quelque part dans ces pentes encore ensoleillées car nous sentons bien que nous avons assez d'énergie et de volonté pour franchir le col aujourd'hui. Nous arrivons au hameau où le grand Hôtel occupe tout l'espace avec sa facade imposante. Du balcon, on nous applaudit, on nous encourage. Nous appuyons encore plus sur les manivelles.

C'est bon, maintenant nous sommes certains d'y arriver, nous allons franchir cet extraordinaire col. Sur la fin, la pente se radoucit, nous roulons facile. Il fait encore beau, les nuages ne virent ni à la pluie ni à l'orage.

Nous arrivons au col dans une solitude parfaite: pas de voiture luxueuse , pas de moto pétaradante, pas  d'hôtel à terrasse bondée.

Furka Pass 2429m.   

 

Quelques minutes d'arrêt devant un hôtel abandonné nous sont alors nécessaires, le temps de  nous habiller le plus chaudement possible, pour plonger dans le frais et la pente d'une formidable descente de 12 km pour 1000 mètres de dénivellé.

Il est 19h quand nous atteignons, ravis, Realp et son petit camping sympathique que nous surntandem suisse 234omons "camping de la sorcière."  

 

Mercredi 11 août 2010. Du camping de Realp à celui de Chur. 110km. 

 

Au réveil, les muscles sont lourds, les articulations raides et les tendons plombés mais le souvenir des émotions de la veille suffit largement à nous doper et à nous mettre les fesses sur les selles. 

La descente de la veille continue et après une quinzaine de kilomètres, nous atteignons Andermatt. Petite ville magnifique avec de nombreux commerces. Nous craquons et nous nous attablons pour deux superbes grands cafés que nous apprécions jusqu'à la dernière goutte.

Dès la sortie de la ville, nous retrouvons la pente. La route attaque la montée par une série de lacets. Il fait beau, l'air est frais et des 1440m d'Andermatt nous réalisons cette nouvelle ascension en une dizaine de kilomètres pour une moyenne de près de 7%. Là encore, les paysages sont immenses et variés. Nous en prenons plein la vue. La route pendant cette montée jouant à cache cache avec la voie férrée, à plusieurs reprises, des trains nous  croisent ou nous doublent, lentement. Des japonais, des touristes, des voyageurs, nous saluent, nous encouragent, nous photographient. Après 1h30 environ d'effort, nous parvenons au col de la journée. 

 

Oberalpass 2044m.  

 

tandem suisse 240Véro rencontre deux cyclistes italiens qui nous indiquent gentiment une petite route touristique balisée et cycliste pour descendre la vallée qui nous fait face.

"Et, où allez vous?

-Euh... nous espérons arriver ce soir à Chur.
-A Chur? oulala, c'est très loin!

-Non! ne leur dit pas ça, ils sont deux à pédaler, ils vont y arriver...

- Oui tu as raison, allez y mais faut pédaler. Prenez la route rive droite, elle est magnifique, surtout la fin"

Il s'ensuit une longue descente de plus de 50 km jusqu'à la ville de Chur (prononcer Coire si on parle français). Parcours plus simple, plus reposant que les précédents qui nous permet de traverser nombre de paysages et de villages typiquement suisses.

La fin est de la descente de la vallée se termine par le parcours d'une gorge aux parois hautes et raides. Une route très étroite empruntée aussi par le trafic local parcourt ce site étonnant aux vues souvent vertigineuses. tandem suisse 255tandem suisse 244

Alors que nous approchons de la ville de Chur, les derniers kilomètres sont effectués alors que le ciel se couvre de nuages lourds et gris et que la température baisse fortement. Cela ne nous inquiète pas, nous n'y prêtons pas attention, nous  préférons regarder et apprecier les innombrables  paysages qui défilent sous nos yeux. Le camping de Chur est vaste et fréquenté par de nombreux groupes de jeunes, presque bruyants.

Nous campons à proximité de la rivière, erreur que nous allons rapidement payer. Juste apres le repas, il se met à pleuvoir. N'ayant pas d'autre alternative, nous nous couchons dans notre (petite) tente.

 

Jeudi 12 août 2011. Du camping de Chur à l'hôtel de Bad Ragaz.30 km.

Il a plu presque toute la nuit. Au matin, un bref état des lieux nous montre l'étendue des dégats: tout est humide, froid ou trempé. Il n'y a que l'intérieur des sacs de couchage qui soit encore sec. On sèche ce que l'on peut, on lave le reste et on range l'ensemble dans la remorque. Et hop, nous reprenons la route. 

Le ciel est encore bas et lourd, les coups de pédale nous réchauffent rapidement.  Nous jouons au  chat et à la souris avec les panneaux routiers pendant les premiers kilomètres pour trouver notre itinéraire.

Rapidement, nous voyons le ciel se charger. Il ne pleut pas encore et comme le temps reste frais, on devine rapidement que nous allons vers certaines difficultés métérologiques. Pour le moment comme il n'y a pas d'autre allternative, nous pédalons gaiement vers notre objectif que nous ne connaissons d'ailleurs pas encore.  

Nous suivons un itineraire vélo bien efficace, déserté par les cyclistes, qui nous permet de traverser quelques petits villages de plaines. Dans les champs les agriculteurs sur leurs grosses machines s'activent fébrilement. Véro m'explique que c'est probablement un signe de pluie prochaine, elle n'aura pas tort.

Parvenus dans une petite bourgade impeccable, il va pleuvoir, c'est sûr. Nous n'avons fait qu'une vingtaine de kilomètres depuis Chur et il nous faut prendre une décision rapide. Nos bagages sont trempés ou mouillés ou humides, nous ne pouvons pas nous lancer dans une deuxieme nuit consécutive de pluie. Il faut que l'on trouve un échappatoire. Nous stoppons. Nous aimerions bien trouver un hébergement dans une ferme  ou chez un habitant. Mais pas d'opportunité dans ce sens. Il pleut quelques grosses gouttes. Une jeune suissesse francophone nous parle alors de la ville située de l'autre coté de la vallée. Nous nous dépêchons de nous y rendre. Une belle averse froide nous accueille. Nous sommes à Bad Ragaz.

Rapidement notre situation se crispe: il pleut, nos affaires sont mouillées, il n'y a pas de camping et les hôtels sont hors de prix. A part cela tout va bien. Pour passer le temps, on mange et on réflechit aux moyens de sortir de cette impasse.

Et soudain, miracle! Nous voyons des gens sortir d'un hôtel qui a l'air accessible à nos moyens. En réalité, cet hôtel est fermé, le patron accepte de nous louer une chambre, bien sûr chère, mais nous n'avons pas le choix. Nous mettons notre tandem à l'abri et profitons au maximum du maximum de notre chambre luxueuse:  étendre à la cave toutes nos affaires mouillées, les sécher, se réchauffer, se doucher à l'eau chaude, se pomponer, se schampoingner , manger, boire du thé, apprécier les draps, dormir,  boire du café, regarder toutes les chaines de la télé, zapper, recharger les téléphones, dormir encore,  manger encore,  envoyer des sms, étudier les cartes, cuisiner,  manger encore,  récupérer... En un mot, le prix de la chambre est parfaitement amorti. Il pleut toute la journée.  

 

Vendredi 13 août 2011. De l'hôtel de Bad Ragaz au camping  de Kosterlé 91km.

Et au matin , il nous est presque difficile de quitter cet endroit si confortable pour la belle rigueur de notre tandem. Mais avec un petit effort , tout va bien, nous retrouvons rapidement les bases.

Nous roulons plein pot vers le Nord. Les dieux de la météo sont avec nous, il ne pleut plus, l'atmosphère fraiche rend le coup de pédale facile. Nous franchissons sans la voir, la frontière avec le Liechtenstein et roulons jusqu'à Vaduz puis jusqu'à Feldkirch,  villes impeccables, riches, que nous traversons gaillardemment. Véro achète un drapeau de ce drôle de petit pays de banques et d'affaires. Ce qui nous attire ce sont les belles montagnes qui ont l'air de pousser sur le côté droit de la vallée. Nous savons que derrière ces faces et ces arêtes, c'est l'Autriche qui nous tend les bras. 

La bonne journée de la veille nous a fait grand bien. Nous dépassons la ville de Bludenz et toujours avec des pistes cyclables nous arrivons au petit camping de Kosterlé. Le patron en salopette verte, vissé sur sa mini voiture électrique fait tout ce qu'il peut pour nous rendre le séjour agréable. Pas de pluie, tout va bien, nous recommençons à y croire. tandem suisse 284tandem suisse 303

  

Samedi 14 août 2010. Du camping de Kosterlé à celui de Pfunds. 88km en 5h16.

Il a plu trois gouttes cette nuit et au matin, le ciel est presque dégagé. Nous quittons ce petit camping bien accueillant et recupérons la route communale qui monte vers le col. Au village, des jeunes, probablement encore ivres, terminent leur nuit de fête. J'en emmène un avec moi faire un tour sur le tandem.

Le vent s'est levé. il a l'air de souffler de face. Nous ne savons pas si c'est signe de beau temps mais le ciel ne se couvre pas. Rapidement, nous sortons du village et par cette route assez large mais pas tres frequenté car l'essentiel du trafic passe par l'autoroute et ses tunnels, nous atteignons  

tandem suisse 313 

la station de ski de Stuben. Autour de la route de magnifiques champs impeccablement entretenus donnent au paysage une tonalité de perfection. Devant nous se dresse la montagne que notre route va gravir. C'est moins austère que le Grimsel mais enfin on ne peut pas se croire dans nos Pyrénées. Nous apercevons soudain, haut dans la montagne, une incroyable route qui file par une succession de tunnels vers le Nord, vers l'Allemagne. Véro espère que ce ne sera pas notre route, moi, je pense, secrètement tout le contraire. Hélas, c'est Véro qui gagne. Car apres les premiers virages raides et larges nous laissons partir sur notre gauche la route du col de Flexen pour atteindre assez rapidement le col du jour, notre premier col autrichien, à l'altitude révolutionnaire: Albergpass 1793m.

 

Au col, pas d'arrêt possible, il y a trop de monde, il fait trop froid. Nous entamons aussitot la descente vers St Anton, la station chic du coin, en jouant à cache-cache avec l'autoroute et la ligne de chemin de fer. Nous traversons nombre de petits villages mais celui que l'on préfere c'est bien celui qui repond au charmant petit nom de "Pettneux"! 

 A Landeck,nous laissons partir la route principale vers le bas pour prendre sur notre droite, une plus petite qui remonte sans trop de mal cette nouvelle vallée. Le vent est toujours là, il souffle toujours autant.  tandem suisse 322

Après avoir un peu cherché nous atteignons le camping de Pfunds bien placé au pied des difficultés des cols du lendemain. Aussitôt après notre arrivée, en montant la tente, j'en casse un piquet. La propriétaire du camping, généreusement, nous en donne un en remplacement. Et aussitot après ce petit incident, il se met à pleuvoir.

 

Dimanche 15 août 2010. Du camping de Pfunds à celui de Trafoï. 62km en 4h45. 

Et  ce matin il fait beau. Nous quittons de bonne heure, ce camping fréquenté par de nombreux cyclistes, l'étape que nous voulons réaliser risquant d'être un peu longue. Au bout d'une dizaine de kilomètres, nous laissons sur notre droite partir une route et nous empruntons celle qui attaque gaillardement les pentes situées sur notre gauche. Nous sommes bien dans une grande forêt alpine. Autour de nous ce ne sont que des grands sapins serrés, noirs et austères. L'ambiance des grandes montées ressurgit.  Nous arrivons ainsi sans le voir au niveau du col. Un hameau triste, partiellement abandonné, entièrement à l'ombre, coincé entre falaises et forêts, marque certainement ce passage. Pas de panneau, pas d'arrêt non plus. Finstermuzz Pass 1188m.  

Cette atmosphère, bien spéciale, ne va pas passer comme cela. Bien au contraire. Plus on monte plus la route s'encaisse entre de hautes parois de shistes, plus les sapins sont noirs et plus l'endroit semble être oublié du soleil. Quelques tunnels vont encore accroirtre cette impression...

La circulatin est assez dense mais les belles voitures qui nous doublent ont , dans la grande majorité des cas, un comportement sympathique. soudain au detour d'un virage, nous découvrons ébahis une forteresse militaire avec de nombreux chars d'assaut. Le spectacle est grandiose et angoissant. Je cherche dans ma tête les raisons historiques d'un tel déploiement de forces et ne trouve rien du tout. Nous dépassons gaillardement cet endroit étrange pour arriver à la petite ville  de Nauders et après un bref passage à l'office du tourisme, nous découvrons un paysage beacoup plus acceuillant beaucoup plus apaisé. La vallée que nous remontons est large, verte, ensolleilée. Rien à voir avec ce que nous venons de traverser. Même le prochain col n'est pas marqué ni par le relief ni par des panneaux. Véro se renseigne auprès de rouleurs italiens, c'est plus loin encore , il faut rouler.

Une dizaine de kilomètres plus loin, effectivement, voici le Reschenpass 1504mFrontière avec l'Italie. Nous quittons l'Autriche mais n'entrons pas encore dans le monde latin. Une descente magnifique sur une belle route large nous fait basculer, à bonne vitesse,  vers le sud. Le ciel est maintenant dégagé, nous pouvons couvrir de la distance. Soudain, alors que nous découvrons le grand lac de Resia, nous sommes arrêtés par de la tandem suisse 326 tandem suisse 350

musique folklorique...

Nous sommes tombés dans une fête de village. Notre sang ne fait qu'un tour. Nous stoppons notre tandem et nous nous jettons sur le vin blanc et sur les saucisses frites. Mais nous sommes tres étonnés: en effet, nous sommes politiquement en Italie, frontière franchie, mais tout autour de nous ce ne sont que musique, costumes, langue, cuisine... autrichiens ! Alors, nous allons à la pêche aux questions, on nous explique que c'est en 1945 que ce coin d'Autriche est devenu Italien. Afin certainement de protéger la paix, on a autorisé les habitants à continuer à parler allemand, on a laissé l'allemand en première langue à l'école et on a laissé se déveloper librement cette culture germaine, qui n'a pas grand chose à voir avec l'Italie et ses couleurs et sa culture. 

L'étape n'est pas terminée, il nous faut reprendre la route. Nous continuons la descente de la vallée en contournant le gigantesque lac. de Resia. Les paysages immenses et variées nous dopent, nous filons bon train. Soudain, un embouteillage sur la route nationale  nous attire l'oeil. Pour une raison inconnue, le trafic routier, fort dense en ce dimanche après midi, est dévié sur notre piste cyclable. Comble de malchance, cette piste n'est plus goudronnée mais en terre battue. Avec cet important bouchon, nous roulons pendant plusieurs kilomètres sur un terrain boueux qui nous peinturlure copieusement notre tandem.tandem suisse 341Heureusement que le paysage reste aussi beau que magnifique avec des pistes cyclables perdues dans la nature. Nous arrivons à Malls, petite ville touristique balayée par un fort vent du Sud. Nous craquons pour un café terrasse et Véro fait des frais de pantalon... Nous roulons pendant quelques kilomètres dans le fond de la vallée en suivant un axe large et fréquenté mais là encore, tout se passe bien avec nos cousins automobilistes. Parvenus à Prato del Stelvio, nous devinons que les choses sérieuses vont rapidement recommencer. La route se glisse aussitot dans une gorge étroite, les versants de chaque coté se relèvent rapidement. Nous voulons monter au plus haut afin de réduire au maximum l'effort du lendemain. Faisant la course avec les gros nuages noirs qui montent, nous traversons Gomagoï puis Trafoï. La pente des derniers kilomètres est terrible, les mollets recommencent à durcir. Quand nous arrivons au camping, bien sûr situé à la sortie du village, les premières gouttes commencent à tomber. L'accueil est froid. Nous montons la tente. Il pleut. On se douche pour se réchauffer et bien heureusement, Véro trouve, au dessus des douches, une salle confortable. Nous n'en sortirons pas jusqu'au lendemain. En effet, dehors, la pluie trempe rapidement notre tente, le bivouac intérieur s'impose. En altitude il doit neiger. 

 

Lundi 16 août 2010. De Trafoï à Glorenza. 50.1km.  

Aujourd'hui, c'est le 16 août, date anniveraire de mon petit frère. C'est simple, aujourd'hui, je pédale pour lui. Quand le réveil sonne, il nous semble qu'il est trop tôt pour se lever mais c'est faux, si on veut réussir cette belle journée qui est devant nous, il faut se lever. Hier soir, Véro a eu une excellente idée: nous laissons sur place, remorque et matériel pour monter en tandem solo, petite manipulation qui nous permettra de réaliser une formidable ascension.

Dès les premiers tours de roue, on sent bien que nous allons vivre une journée formidable. Voilà dès le premier virage le panneau qui nous dope: 44! Nous avons en effet devant nous une suite ininterrompue de 44 virages en épingles à cheveux. Et on y va. Véro tient les commandes,  nous sommes très près l'un de l'autre dans cet effort extraordinaire qui nous emballe. 

tandem suisse 364 

La pente est réguliere, forte mais nous avalons sans difficultés les premiers kilomètres avec ce revêtement impeccable et surtout cette route déserte. Seules quelques voitures nous dépassent en nous encourageant avant de disparaitre dans le brouillard. Et les virages défilent régulièrement. Chaque fois que je peux, j'essaie de trouver un évènement ou un site ayant un rapport avec ce même numéro, histoire de s'occuper l'esprit et de parler un peu. Par exemple "41 ?  1941! Bataille de Stalingrad. 36!  1936? Front Populaire.... 32! 1932? Année de naissance de mon père... 26! 26? Le département de la Drome...." Véro reste silencieuse ayant assez de travail à tenir le guidon et gérer les vitesses. Peu à peu, le brouillard se dégage, les sommets enneigés apparaissent, nous sommes seuls dans cet endroit perdu, c'est génial. Nous n'avons pas de mal à progresser, cette succession de virages nous semble en effet   plus agréable que de longues rampes rectilignes comme, par exemple, au col de Grimsel. Je surveille l'altimètre qui évolue à la même allure que le nombre des virages. Nous sortons de la forêt. "20? 1920! le congrès de Tours". Nous entamons la seconde partie de la montée, tout va bien. "17? 1917! La Révolution Russe. 15? 15! Le département du Cantal." Allons nous atteindre le col sans nous arrêter? Les bas cotés sont maintenant enneigés, la lumière est magnifique. Au virage 9, bien sur l'Ariège, je demande à Vero de faire une pause. Je sens venir le coup de pompe. Elle stoppe et sort de sa besace de la pate de coing et nous terminons cette ascension exceptionnelle avec dans les yeux l'émotion des grands jours. 

Passo Stelvio 2757m.      tandem suisse 369

Nous sommes les premiers cyclistes, le seul tandem, le col est enneigé, il fait beau, c'est  proprement génial. Nous sommes heureux. Café et patisseries appréciées dans un restaurant et nous plongeons vers notre camping pour y retrouver remorque et tente. C'est bien évidemment une descente exceptionnelle qui nous attend. Nous saluons tous les velos qui grimpent, pas peu fiers de notre montée.

tandem suisse 381

Un peu plus bas, nous stoppons dans un restaurant de bord de route pour y apprécier un magnifique steak-frites. Et nous nous contentons de rouler jusqu'à Glorenza pour dormir dans une  chambre, mi-gite mi-hôtel. 

 

 Mardi 17 août 2010. De Glorenza à Saint Moritz. 94km.

 

Nous quittons Glorenza et l'italie pour retrouver la Suisse. C'est une belle route peu fréquentée avec de magnifiques paysages agricoles. Tout est calme, beau, propre et rangé. L'air est frais , pas de pluie, tout va bien. Mais le col suivant est un gaillard qui ne se laisse pas gravir facilement. Et nous voilà à remonter une belle mais longue route decorée de mutiples virages et autres épingles qui nous laisse atteindre le col de la journée vers 14h. La fin de cette rude montée nous a exténués, épuisés, agacés. Mais prudents, nous n'osons pas rentrer dans le restaurant et nous aurons raison. 

Ofenpass 2149m.

L'endroit est fréquenté par de nombreux motards qui pétaradent courageusement sur leurs grosses machines infernales.  Logiquement, après un col, il y a une descente et bien, celui là faillera à la règle. Ainsi, alors que nous comptions sur une belle plongée au milieu de ces montagnes austères et perdues, c'est un drole de parcours en forme de faux-plat montant qui nous saute dessus. Ah la rage! Quel dommage. Nous franchissons même un vrai faux col non marqué sur les cartes. Vraiment les montagnes suisses ne sont pas des montagnes comme les autres. Les paysages sont toujours aussi grandioses et la fatigue finit par nous tomber sur les cuisses. Voila Zernez petite ville de fond de vallée ou nous reprenons une route importante mais nous ne nous y arrêtons pas, le chemin à parcourir est encore beaucoup trop long pour se permettre des fantaisies. tandem suisse 384   Il nous reste en effet près de 33km à rouler et avec ce que nous avons déjà dans les chaussettes cela ne va pas etre de la rigolade.

Et bien il n'en sera rien. Car le parcours que nous suivons est maintenant presque plat et parfaitement tracé sur des pistes et routes cyclables tranquilles et isolées.

Sauf que à la faveur d'un raccourci audacieux, nous perdons completement et balises et panneaux et piste. La totale! Nous sommes obligés de rouler dans l'herbe, de traverser au jugé des paturages, de dételer et de porter à bras le corps, nos engins pour traverser un petit cours d'eau assez profond... Bref  que de l'amusement, de la joie et de l'émotion à partager ensemble.

Une dizaine de kilomètres de plus et nous atteignons la très huppé station de St Moritz. Là encore, pas question de poser le pied par terre et encore moins de rentrer dans une boutique. Ce n'est pas que les gens soient désagréables mais ce n'est pas notre monde. Nous le regardons, amusés, défiler du haut de notre engin, mais rien de plus.

Nous sommes surpris d'être déjà arrivés au camping de St Moritz pour une nuit calme et de tout repos.

 

Mardi 18 août 2010. De Saint Moritz à Chur. tandem suisse 386

Partager cet article

Repost 0

commentaires

léonce 15/07/2016 18:04

Bonjour
Je m'appel Léonce . j'ai fait une expérience avec un Marabout Medium
Voyant . Au début ca n'allait plus bien avec mon
Mari, il a décider de divorcé avec moi et ensuite il a commencé une nouvelle
vie avec une autre femme. Avec les problèmes j'ai perdu mon boulot.
J'ai fait la connaissance d'un Marabout Medium Voyant
grâce a une copine sur skype. Grâce a ce Marabout Medium Voyant,
Mon Mari est revenu a la maison, j'ai repris mon travail et tout est
rentré dans l'ordre. Vous pouvez contacter ce marabout même les cas
les plus désespère : Amour, contre accident, protection contre les ennemies et les
mauvais sorts, guérit l’impuissance; fidélité absolue (affection retrouvé) ; Aide pour des personnes
ayant des problèmes avec la justice; La valise magique ,
portefeuille magique . Ce marabout est une solution adaptée a vos problèmes.

Email : maraboutsouley@outlook.fr

Tel: 00229 9954 1801

léonce 15/07/2016 17:56

Bonjour
Je m'appel Léonce . j'ai fait une expérience avec un Marabout Medium
Voyant . Au début ca n'allait plus bien avec mon
Mari, il a décider de divorcé avec moi et ensuite il a commencé une nouvelle
vie avec une autre femme. Avec les problèmes j'ai perdu mon boulot.
J'ai fait la connaissance d'un Marabout Medium Voyant
grâce a une copine sur skype. Grâce a ce Marabout Medium Voyant,
Mon Mari est revenu a la maison, j'ai repris mon travail et tout est
rentré dans l'ordre. Vous pouvez contacter ce marabout même les cas
les plus désespère : Amour, contre accident, protection contre les ennemies et les
mauvais sorts, guérit l’impuissance; fidélité absolue (affection retrouvé) ; Aide pour des personnes
ayant des problèmes avec la justice; La valise magique ,
portefeuille magique . Ce marabout est une solution adaptée a vos problèmes.

Email : maraboutsouley@outlook.fr

Tel: 00229 9954 1801

léonce 15/07/2016 17:56

Bonjour
Je m'appel Léonce . j'ai fait une expérience avec un Marabout Medium
Voyant . Au début ca n'allait plus bien avec mon
Mari, il a décider de divorcé avec moi et ensuite il a commencé une nouvelle
vie avec une autre femme. Avec les problèmes j'ai perdu mon boulot.
J'ai fait la connaissance d'un Marabout Medium Voyant
grâce a une copine sur skype. Grâce a ce Marabout Medium Voyant,
Mon Mari est revenu a la maison, j'ai repris mon travail et tout est
rentré dans l'ordre. Vous pouvez contacter ce marabout même les cas
les plus désespère : Amour, contre accident, protection contre les ennemies et les
mauvais sorts, guérit l’impuissance; fidélité absolue (affection retrouvé) ; Aide pour des personnes
ayant des problèmes avec la justice; La valise magique ,
portefeuille magique . Ce marabout est une solution adaptée a vos problèmes.

Email : maraboutsouley@outlook.fr

Tel: 00229 9954 1801