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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 22:09

Au matin, quand j’ouvre un œil dans mon grand dortoir presque vide, il fait encore nuit. Je peux donc musarder pendant quelque temps à la fois en me rappelant la journée de la veille et à la fois en me préparant à celle qui vient. Je ne le sais pas encore mais cette dernière sera encore plus grandiose, encore plus extraordinaire que celle d’aujourd’hui. Je voulais de la liberté et de l’action, et bien je vais être servi mais je ne le sais pas encore à quel point.

Au pied de mon lit, mon vélo a lui aussi passé une bonne nuit. Je prépare donc rapidement l'ensemble avant de descendre déjeuner. Dehors, le jour est maintenant levé et c’est un ciel sans nuage qui m’accueille pour mes premiers pas. Je me rappelle bien la dure fin de mon parcours de la veille et je me doute que la suite sera aussi exigeante. Je suis d’ailleurs le seul fou du coin à être sur un vélo à cet endroit là et je vais rapidement comprendre pourquoi. Je profite du parking du gîte pour mettre mes pédales automatiques et me voilà parti. Aussitôt, la pente très raide m’impose un effort violent Cet effort pénible et douloureux, dure pendant de longues minutes. Je m’élève lentement le long de cette route qui monte de façon rectiligne sans esquisser le moindre virage. L’effort est terrible et je ne peux tenir longtemps. Je mets de nouveau pied à terre. A bout de souffle, après un nouveau départ, en levant la tête, j'aperçois au-dessus de moi, une série de lacets peut être un peu plus accessibles, peut être un peu moins raides que la portion de route qui me fait souffrir en ce moment. Ce sera heureusement le cas. Ces virages me permettent de continuer à prendre de l’altitude mais avec une pente plus abordable, plus humaine, plus cycliste. Bien évidemment, les vues sur les vallées et crêtes qui entourent St Jean Pied de Port sont immenses et sublimes. Je prends par-ci par-là, quelques secondes pour les apprécier. Ayant franchi ces lacets heureusement moins raides que redoutés, je peux, après avoir doublé nombre de petits groupes de randonneurs, suivre la route qui reprend son allure rectiligne mais avec une pente heureusement plus roulante. Le ciel toujours d’un bleu parfait me lâche une luminosité tout à fait hors du commun. Le vent se met alors à souffler en rafales presque violentes, il m’arrive par moment de craindre pour mon équilibre. Et comme la montée est encore raide, il n’est pas aisé de zigzaguer avec ce vent de coté qui souffle lui aussi très irrégulièrement. Bien sur, chaque fois que je double des marcheurs je les salue d’un geste ou d’un mot, ils me répondent toujours avec enthousiasme. Ce sont des moments d’échanges furtifs, nombreux et fort sympathiques.

Voici d’autres virages qui se suivent et qui nettement plus souples que les premiers me font quitter l’étage de la forêt. Je parviens à rouler sans trop appuyer sur les pédales. Les groupes de pèlerins sont de plus en plus nombreux. Et voilà qu’après avoir bien vérifié sur ma carte, apparaît mon premier col de la journée, c’est le modeste et inconnu col d’Elhusaro 1152m, simple creux marqué de la carte. J’en profite pour suivre pendant 1 ou 2 km la petite route qui descend vers Arneguy, pour atteindre rapidement le col d’Heganzo 1065m d’altitude. Je ne m’arrête pas sur cet endroit perdu et battu par les vents et remonte aussitôt pour reprendre la route principale.

Assez rapidement, alors que la pente se calme, la route et le sentier de St Jacques se séparent, je vérifie mais le col franchi par le sentier n’est pas accessible à vélo, je reste donc sagement sur la route pour atteindre rapidement le col d’Arnosteguy 1236m. Situé juste au pied de l'Urculu, ce large passage est très fréquenté par les vaches et les chevaux. Je m’arrête un instant, abrité du vent derrière quelques planches, pour avaler deux barres de céréales et surtout goûter à un magnifique moment de solitude et de beauté pendant lequel le temps et la nature semblent être en parfaite harmonie. Même le vent qui continue de souffler ne me gêne pas du tout. Si mes rapides calculs sont exacts, j’ai déjà remonté 700 mètres de dénivelé.

Je connais bien cet endroit, j’y suis déjà passé plusieurs fois. Et je pense en particulier à la fois où j’ai, en famille, gravi l’Urculu et son extraordinaire redoute romaine très bien conservée alors noyée dans un épais brouillard. Je reprends mon vélo pour contourner ce même Urculu par le versant Français en suivant une petite route déserte qui serpente gentiment sur ses flancs. Quelques hésitations dissipées grâce à la carte et j’arrive au col d’Orgambidé 988m situé nettement plus bas que le col précédent avec ses 988 m. J’ai campé à cet endroit pendant la traversée des Pyrénées et c’est là qu’avait eu lieu le psycho drame entre Pierre et Anne Marie, je pense que personne n'a oublié. Pas de panneau sur ce col, je jette un œil sur cette vaste cuvette, colonisée par d’importants troupeaux de chevaux et je prends immédiatement la petite route qui file vers la grotte d’Harpia. Je vais en effet tenter un raccourci tout à fait inédit qui doit m’éviter de descendre dans la vallée et donc de fournir des efforts inutiles. Il en sera tout vraiment tout autrement mais je ne le sais pas encore. Il fait très chaud, très beau, pas un seul nuage n’est visible dans le ciel.

Au bout d’un petit kilomètre sur cette route au revêtement abîmé, j’arrive au terminus. Un bref coup d’œil sur le magnifique porche d’entrée de la grotte d’Harpia et je me dirige, mon vélo à la main, vers une cabane de berger toute proche. Il fait grand soleil, il est plus de midi. Je n’ai pas encore faim et voudrais franchir ce passage qui est surtout l’obstacle majeur de la journée avant de manger. Je contourne par derrière la cabane, le chien aboie et le berger sort. A ma grande surprise, c’est un jeune berger âgé de 25 ans environ qui vient à ma rencontre et qui, encore plus étonnant, est souriant, accueillant. Il répond à mes questions, m’indiquant le chemin à suivre pour mon itinéraire qui ne lui semble ni anormal ni farfelu. Je reste un long moment avec lui à échanger bien plus que les banalités habituelles.

Mais il me faut reprendre la route qui, en l’occurrence, a complètement disparu. Ainsi, afin de passer directement au col d’Errozate, j‘ai décidé de descendre de cette route et de remonter en face, hors sentier, en pleine pente, en suivant le même itinéraire que j’ai parcouru en 1998 lors de ma traversée des Pyrénées. Seulement cette fois, avec un vélo à la main, des chaussures de cycliste au pied, c’est une toute autre affaire. Le berger, j’apprendrais plus tard qu’il s’appelle Jérôme, m’a bien indiqué l’itinéraire, mais en réalité, il n’y a pas de sentier marqué, juste un vague passage en forte descente dans les cailloux et la végétation. Je manque de m’étaler dix fois. Avec le vélo, ce serait vraiment très drôle de tomber ici et encore, ce n’est rien avec ce que je vais être obligé de subir de l’autre côté du vallon. Je descends donc pendant un bon quart d’heure jusqu’à un petit pont en bois qui permet de franchir le torrent.

Je ne le sais pas encore, je commence simplement à m’en douter mais le plus délicat, le plus dangereux reste devant moi. Dans une solitude complète, j’aborde cette remontée du vallon d’Errozate. Le sentier est étroit et surtout partiellement recouvert de cette herbe plate, longue et sèche que les Béarnais appellent le pailla. Et quand ce fameux pailla envahit les pentes herbeuses, ils les rends aussi glissantes et dangereuses que des pentes de neige dure. Je le sais mais je l’ai peut être un peu oublié et je vais rapidement me le remémorer. Très vite, je comprends que mon entreprise va être aussi compliquée qu’épuisante. Le sentier est étroit et n’accepte pas que je marche à côté de mon vélo. Je commence donc à privilégier la progression de mon engin et je marche en le poussant sur les côtés du sentier. La manœuvre est inconfortable et rapidement fatigante. Malgré ma bonne forme physique, j’éprouve rapidement de grandes difficultés à progresser dans de telles conditions. Je varie donc régulièrement: ou je marche à gauche du vélo ou je marche à droite, ou je fais rouler le vélo dans le sentier, ou je marche dans le sentier… Mais, hélas, chacune de ces solutions présente autant d’inconvénients que d’avantages. Elle sont toutes pénibles et peu efficaces. Et comme je ne peux faire demi-tour, ce qui représenterait une opération encore plus compliquée, je suis condamné à continuer vers le haut. Les premiers efforts depuis le petit pont de bois me permettent ainsi par une traversée ascendante vers la gauche de récupérer le sentier principal qui lui monte depuis la vallée, de la gauche vers la droite. Là encore, ma progression est beaucoup plus lente que prévu. L’endroit n’est pas du tout fait pour un vélo, à plus forte raison pour un vélo de route chargé de 3 petites sacoches. Voici enfin après une bonne demi-heure d’effort dans de telles conditions, le sentier principal mais là, nouvelle déception, ce sentier est aussi étroit et malaisé que le premier, ma progression ne sera pas plus facile. Pire, de pénible celle ci va maintenant devenir dangereuse car au bout d’une demi-heure d’effort continus, je me suis bien élevé de plusieurs dizaines de mètres et la pente se creuse dangereusement sous mes pieds à chaque pas. Et soudain, alors que je commence à oublier la mauvaise qualité de mes chaussures, je pose mal mon pied sur l’herbe particulièrement épaisse à cet endroit, ce dernier glisse et j’entame alors une terrible glissade. Heureusement qu’avant d’être un cycliste, je suis un montagnard et avec l’énergie du désespoir, je parviens aussitôt à stopper net ma chute en m’agrippant violemment aux herbes avec ma main gauche. Ma main droite étant resté sur le vélo, ce dernier n’a heureusement pas, basculé. Je ne pourrais dire si c’est moi qui l’ai empêché de tomber ou si c’est lui m’a retenu. Le fait est que je réalise le terrible danger qui me guette alors. Si je n’avais pas aussitôt enrayé ma glissade, si le vélo avait basculé, ou les deux en même temps, il s’en serait certainement suivi un événement, au moins douloureux et peut-être au fond de cette gorge hostile et déserte, la fin de mon aventure.

Je récupère la station debout, je suis à bout de souffle. Mais je ne peux rester là. Cet endroit est vraiment dangereux. Et je reprends aussitôt ma marche vers le haut. Je sais maintenant qu’il faut que je marche dans le sentier et que j’assure en priorité chacun de mes pas. Ce sont mes pieds qui vont, mon vélo et moi, nous tirer d’affaire de ce bourbier. Je prends donc la résolution de regarder systématiquement l’endroit ou je mets mes pieds afin de réduire à presque rien les risques de glissade. Par moment, le sentier franchit de petits passages rocheux et je me vois alors contraint de porter mon vélo pour ne pas risquer, en plus, d’abîmer les roues. La charge est importante et là encore, je retrouve mes réflexes de montagnard. Je compte en effet le nombre de mes pas, forçant, soufflant, suant pour arriver au nombre de 100. La pente au-dessous de moi est de plus en plus haute, de plus raide mais grâce a mon énergie et à ma vigilance, aucune autre glissade ne se produira. 

Cette haute gorge d’Errozate est chargée d’une histoire douloureuse qui m’avait fait déserter pendant des années, cette partie des Pyrénées Atlantiques. Il y a 8 ou 9 ans, un ami et 6 de ses camarades lors d’une randonnée pédestre, est mort carbonisé dans un feu d’écobuage, acte criminel imbécile et injustifiable. J’ai bien suivi cette affaire, j’ai participé au procès et maintenant que je reviens sur place, dans ces pentes raides en forme d’entonnoir, je me rends encore plus compte que c’était un véritable piège pour Pierre et ses camarades, un piège criminel. Quand je pousse en soufflant mon vélo, je ne pense pas du tout aux deux imbéciles qui ont mis le feu mais au calvaire et à l’agonie de mon ami pris dans ces pentes de feu et de fumée dont il ne pouvait sortir vivant.

Et bien moi, je vais essayer de m’en sortir. Je continue pour cela à surveiller mes pieds, à bien compter mes centaines de pas, à souffler et à transpirer sous l’effort. Voici quelques crottes de moutons qui apparaissent sur le sentier. C’est plutôt bon signe, que probablement le col approche. Le pailla disparaît lui aussi et laisse la place à de l’herbe de pâturage. Je suis donc sorti de la partie dangereuse. Il fait que je remonte encore cette dernière partie, plus longue que prévue pour qu’enfin j’arrive à la route. Il est treize heures environ. J’ai réussi mon pari. Je suis au col d’Errozaté 1076m. Dans un isolement complet, j’ai suivi mon raccourci étonnant entre les cols d’Orgambidé et d’Errozaté. Je suis très content de l’avoir fait mais je suis maintenant affamé, fatigué et il me reste encore une longue route pour arriver à mon prochain gîte. Alors que je suis en train d’examiner ma carte, passe à quelques mètres de moi deux voitures. La première est immatriculée « 64 » et, à ma grande surprise la conductrice, très aimablement me propose ses services. Rassuré par ces informations, je suis heureux d’enfourcher de nouveau mon vélo pour me laisser glisser jusqu’en bas de la vallée par une petite route étroite déserte et bien asphaltée. L’air est très chaud, presque étouffant dans cette vallée encaissée. Les pentes immenses de fougères donnent une impression ou une certitude de bout du monde, de fin de civilisation ou quelque chose comme cela. Alors que je commence à douter de la fiabilité des renseignements donnés, la fatigue certainement, je vois apparaître, à mon grand soulagement, le carrefour annoncé. Magnifique et simplement génial.

Je prends donc comme prévu la petite route qui file sur la gauche et qui doit me permettre de rallier assez rapidement le secteur d'Iraty Mais avant toute chose, je voudrais trouver un coin ombragé pour m'y reposer et manger un peu. Ici tout est très beau, superbe et mériterait des dizaines de photos mais d’ombre pas la moindre, et je continue donc à rouler sur cette route totalement déserte. Même les 4x4 des bordelais et les C15 des bergers ont disparu! La pente monte légèrement sans atteindre bien heureusement les pourcentages du matin. Je voudrais bien m’arrêter mais je ne trouve aucun lieu favorable quand, soudain, alors que je ne l’attendais plus, voici une petite route qui surgit sur ma gauche. C’est celle qui vient du col d’Errozate et que j’ai laissé tout à l’heure. Alors que je sors de nouveau ma précieuse carte IGN, voici qu’arrive un québécois tombé de nulle part qui me propose de me renseigner. Décidément, les gens qui passent dans cet endroit perdu sont bien aimables. Je suis arrivé entre les sommets de l’Occabé et de l’Irau dont les falaises abruptes et menaçantes me font maintenant face. L’endroit, aussi beau que calme et sauvage reste, malgré ces routes goudronnées, bien peu visité. Et c’est tant mieux car ces paysages totalement inédits, cet incroyable mélange de haute et de basse montagne, ne se rencontrent nulle part ailleurs.

Je fais quelques mètres et dès que je retrouve la forêt, je m’allonge en bord de route, à l’ombre, pour m’endormir aussitôt pendant plus d’une heure. Cette sieste réparatrice suivi d’un bon repas à base de fromage de «Vache-qui-rit » me permet de repartir d’un bon pied. La route traverse maintenant une belle forêt de hêtres et de sapins. Je la suis tranquillement, toujours aussi heureux, bénéficiant en plus de l’allure roulante et plutôt descendante de cette petite route perdue. Les panneaux indicateurs de randonnées, me semblent nombreux mais la fréquentation touristique reste modeste. Pendant ces quelques kilomètres, je ne croise en effet que de rares voitures. Et voilà, surgissant au centre d’une clairière, un nouveau col avec un petit panneau jaune: C’est le col de Sourzay 1100m. Je ne m’y arrête pas, préférant rouler et tenter, un peu plus loin, un hasardeux demi-tour pour me retrouver ainsi et aussitôt brutalement plaqué au sol par les lois incontournables de l’attraction terrestre et des pédales autobloquantes. Quelques cris, quelques jurons perturbent donc tout à fait normalement cette belle fin de journée. Je remonte sur ma machine et file alors vers le bas de la vallée que j’atteins rapidement. Là, autour de moi, un peu plus de voitures, un peu plus de monde. Je traverse ce site étonnant et me dirige vers la dernière épreuve de la journée, la montée à Iraty. Quand soudain, surgissant au détour d’un virage, voici une espèce de bar qui me tend les bras. Une bonne surprise en cette fin de journée bien rude, bien éprouvante. D’autant plus que, quand je pénètre à l’intérieur, c’est pour y découvrir une jeune et souriante personne qui m’accueille fort bien. Je reste donc là un bon moment à échanger et à apprendre au sujet de la vie économique et sociale de ce coin perdu que je ne connais pas bien. J’y parle entre autres de ma rencontre avec le berger du matin, j’apprends qu’il se prénomme Jérôme. Mais ce petit bar, appartenant à la Communauté des Communes, ne fait ni gîte ni hôtel et je dois reprendre la route afin de trouver un endroit pour la nuit. Pour ne pas aller trop vite, je fais une boucle supplémentaire en orientant mon guidon vers un autre col, prestigieux, tout proche, que j’atteins, sans grands efforts après 3 ou 4 km d’une montée régulière. Voici donc ce terrible col de Burdincurucheta 1135m aussi redoutable que son nom le laisse à penser. Pas de pause au col car de gros nuages gris et un vent inquiétant montent de la plaine. Je redescends aussitôt sur le plateau de Cize pour attaquer la montée à Iraty. La route est large et régulière et peu fréquentée. Bien sûr, comme souvent, j’y essuie une petite défaillance, le temps que je trouve le bon rythme. Les pourcentages de cette montée, même s'ils ne dépassent pas les 8%, me semblent presque longs et raides. Je reconnais, au passage, l’endroit où, en plein hiver 99, j’ai essuyé dans ma voiture, une méchante glissade, heureusement stoppée par la petite banquette herbeuse du bord de route. Ce qui est certain, c’est que la forêt est ici magnifique avec de grands arbres et un calme tout à fait extraordinaire. Aujourd’hui, rien de fâcheux ne se produit et c’est à bout de souffle et ivre de fatigue que j’arrive enfin d’abord au col de Heguichouria 1319m pour continuer plus tranquillement ensuite jusqu'au col de Baguarguiak 1327m noyé maintenant dans une épaisse brume.

Ca y est, ma deuxième étape est terminé, j’ai rallié St Jean Pied de Port à Iraty en gravissant 9 cols, en vivant une extraordinaire journée d’aventures de randonnée et de cyclisme. Les touristes, les automobilistes, les bergers ayant fuit dans leurs chalets ou dans la plaine, la soirée calme, pluvieuse, s’étire tranquillement en longueur. Je partage mon repas avec d’autres randonneurs, quelques cyclistes et même des ornithologues. Ce sont des échanges calmes et sympathiques entre personnes qui vivent une même passion: la montagne, que l'on soit sur la route ou sur le sentier. Les conversations deviennent quelquefois presque personnelles tellement ce moment unique de partage nous sécurise et me rassure. Je ne sais même pas le prénom de ces gens avec lesquels je vis cette soirée mais je suis bien content de les rencontrer. J’essaie parce que j’aime cela, de leur faire passer ce que je sais sur la région, ses montagnes et ses itinéraires. Je me rends rapidement compte que j’en connais largement plus que la moyenne sur le sujet. La première fois que je suis venu dans ces montagnes de la forêt d’Iraty c'était en 1978, en juin, et j’ai alors randonné pendant 3 jours avec mon amie de l’époque. Un orage violent a eu raison de notre détermination, le second jour sur les pentes Sud du Pic d’Orhy. Nous avions tout de même passé une nuit inoubliable dans une toute petite tente au col de Lepoa.

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