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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 15:53

     Le lendemain, c’est toujours le grand beau temps qui persiste et aujourd’hui, pas de vent pour gâcher ce tableau idyllique. Après un réveil vers 7h, laissant notre voiture, nous enfourchons les vélos vers 9h, alors que la température ambiante reste fraîche. Sous nos yeux, une vue immense et  dégagée sur le massif des Albères.

Nous nous lançons alors dans une magnifique descente de 13 km en suivant la petite route de la veille, bien goudronnée, qui nous ramène sans difficulté d’itinéraire possible, au col du Perthus. Quel contraste entre le col de l’Ouillat, calme et magnifique et le col du Perthus bruyant et agité. Juste le temps d’acheter un peu de pain et nous reprenons la route. Un bref passage dans le village ancien nous indique que nous ne pourrons pas passer par les crêtes.

         Bien tuyautés par l’épicière du Perthus, nous plongeons alors dans la descente, coté français évitant la route nationale, peut-être trop dangereuse, pour emprunter l’ancienne route utilisée uniquement par les habitants de la région. Nous découvrons la localité de Les Cluzes cisaillée par l’autoroute et par la route nationale.

         Roulant au pied du viaduc de l’autoroute, c’est toujours étonnant de se retrouver dans l’envers du décor, nous montons ensuite jusqu’au mas de Anglade, superbement isolé.  Là encore, nous sommes stoppés par le manque de goudronnage et effectuons alors un nouveau demi-tour vers la plaine. Nous roulons un peu au hasard, ayant perdu, faute de goudron, nombre de nos objectifs et nous arrivons, vers midi, dans le commune de Ceret.

         C’est donc un drôle de parcours, un peu torturé avec 2 fausses pistes qui nous a occupé toute cette matinée. Mais les erreurs et recherches de ce matin, comme celles d’hier, nous éviteront de perdre du temps lors de notre Grande Traversée des Pyrénées dont l’idée, entre bien d'autres, fait son chemin dans nos têtes.

         En bordure d’un petit parking, nous prenons tous les 3, un bien sympathique repas. Il n’y a que nous en ce 22 décembre à manger dehors et à aimer cela. Les gens, chaudement habillés, nous regardent un peu étonnés de nous voir ainsi, heureux, manger boudin et fromage alors que nous devrions, raisonnablement être en train de nous énerver dans des magasins surchauffés à la recherche de cadeaux improbables. 

         Le repas terminé, le café pris dans un bar du centre, nous prenons la direction de l’Ouest. Nous  traversons pour cela d’abord la vallée du Tech et trouvons ensuite une petite route qui serpente aimablement au milieu de ressauts calcaires et de forêts épaisses de résineux méditerranéens. Comme nous grimpons sur le flanc sud est de la montagne, nous bénéficions d’un ensoleillement très agréable. La montée longue de 6 kilomètres est avalé facilement. Devant Véro donne le rythme et derrière Pierre, ralenti par quelques ennuis mécaniques, ferme la marche. Et moi, au milieu, cycliste heureux qui ne pense qu’à la prochaine randonnée, à la prochaine ascension.

         Et voici le col de Llauro 380m, bien marqué mais sans panneau. Véro est catégorique « Oui oui, c’est bien le col, au carrefour de plusieurs routes ».

Il est environ 15h, trop tard pour aller plus loin, le retour au gîte de l’Ouillat n’étant pas des plus faciles. Cependant, pour corser notre parcours, Véro, toujours elle, trouve une boucle intéressante qui descend par les minuscules villages de Llauro et Vives, et file ensuite tranquillement jusqu'à Maureillas. C’est une excellente deuxième partie qui nous permettra d’éviter la route départementale trop fréquentée à notre goût.

         Une brève remontée et nous voilà revenus au village de Les Cluses.    Un panneau nous interpelle. Vite, nous tournons les guidons pour atteindre, par une petite route, parfaitement asphaltée, une église du 11ème siècle. Quelle surprise formidable. Avec le soleil qui commence à baisser, la façade, parfaitement éclairée nous semble magnifique. Un étonnant petit escalier extérieur nous permet de monter sur le toit. Nous prenons quelques photos; de plus en plus heureux d’être ensemble dans ces magnifiques paysages.

         Il nous faut maintenant remonter au col du Perthus par les petites routes découvertes ce matin et attaquer aussitôt la belle et longue remontée jusqu’au gîte. Hier pour l’ascension en voiture, c’était facile, Véro conduisait, mais là, c’est tout à fait différent, il faut appuyer sur les pédales. Le jour baisse doucement. La lumière reste encore magnifique dans ce wallon forestier aux multiples essences ou émergent, de temps en temps, quelques reliefs calcaires, quelques mas perdus. La pente de la route, moyenne, presque régulière, nous laisse avancer sans trop d’efforts. Nous savons que nous avons 13km à remonter de la sorte, alors une certaine patience s’impose à nous. Ce rythme un peu lent, ne convient pas à Pierre et rapidement sans que nous n’y prêtions attention, l'écart se creuse entre nous. Quelques centaines de mètres plus loin il disparaît de notre vue, nous le retrouverons au col.

         Notre montée suit sagement son cours. Nous profitons à sa juste valeur de ce moment de calme et de beauté. Nous sommes seuls, pas le moindre véhicule ne vient perturber notre montée. Seules quelques vaches, de temps en temps, nous regardent passer d’un air étonné.

         Véronique m’interpelle :

         « - Rejoins Pierre si tu veux, me dit elle. Je peux me débrouiller toute seule.

         Je m’étonne alors de ma hardiesse quand je m’entends lui répondre.

-        « Non non, pas de problème, je préfère rouler avec toi que poursuivre Pierre sans  parvenir à le rattraper. »

         Nous continuons à monter calmement, en silence, goûtant ainsi tous ces merveilleux paysages qui défilent devant nos yeux. Alors que d’après mes calculs, il doit nous rester encore 3 ou 4 km de montée, je stoppe au bord de la route, en pleine forêt pour une halte réparatrice. Véro fait de même. Elle me sourit. J’en suis ravi. Nous passons un bon quart d'heure, assis sur le talus de bord de route, pour récupérer. Une certaine fatigue se fait sentir «... C’est un moment de doux silence et d’amitié... » Jean Roger Caussimon.

         La fin de l’étape magnifique et inattendue nous ramène sans surprise, au gîte. Sur le parking, désert, nous retrouvons Pierre arrivé un quart d’heure plus tôt, lui aussi fatigué.

         La fin de la journée s'écoule dans la douceur et le calme. Dans le gîte, nous prenons nos aises. Nous y sommes bien.

         Après une aussi belle journée, j’ai hâte de me mettre au lit, d’étirer les muscles de mes jambes et de mes épaules. J’ai hâte de sentir sur moi la douce chaleur du duvet après le vent froid de la journée. J'ai hâte de retrouver le calme de la nuit de ce gîte perdu après cette journée d’efforts, d’énergie et d’émotions.

                                                                                     Lundi 12 janvier 2009.

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