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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 19:07


Mercredi 29 octobre 2008.

3ème jour du voyage.

Journée épique de transfert  entre Katmandou et Pharding.


La nuit a été bonne, quoique peuplée de quelques rêves un peu agités. Le réveil sonne vers 5h du matin. Dehors, il fait déjà presque jour, la ville s’éveille déjà. Aujourd’hui n’est pas une journée anodine. Nous prenons l’avion, un petit avion à 12 places, des lignes intérieures qui doit nous déposer à Lukla à 2800m, aux portes du Khumbu.

Après le petit déjeuner, nous montons avec nos sherpas dans un bus garé pas loin de l’hôtel. Tout le monde est calme, concentré, attentif à ce moment qui est notre vrai départ. Le ciel est clair, tout va bien. Rouler en ville est chose aisée. Nous traversons Katmandou, grande ville qui s’éveille.

Nous arrivons à l’aéroport réservé aux lignes intérieures. Dans la grande salle malgré l’heure matinale, déjà beaucoup de monde, beaucoup d’agitation, beaucoup de bruit. Nous nous en remettons totalement à l’efficacité de nos amis népalais car rien, ni tarif, ni horaire, n’est affiché.

Nous attendons. 

De temps en temps, filtre une petite information qui nous tient en haleine ou nous réveille.

Tout le monde sait parfaitement qu’un avion identique à celui que nous allons prendre, s’est écrasé à l’atterrissage, il y a un mois à peine, sur ce même aérodrome de Lukla. Tout le monde le sait, personne n’en parle et tout le monde y pense.

Soudain, alors qu’une certaine torpeur commence à nous envelopper,  tombe l’annonce du premier départ. Onze d’entre nous s’avancent vers les pistes, sont vaguement fouillés et embarquent dans un bus. Ce dernier roule pendant quelques dizaines de mètres sur le tarmac et stoppe.

Nous attendons au milieu des pistes pendant une bonne demi heure. Le ciel est parfaitement clair et dégagé Tout se présente bien. Puis vient le moment d’embarquer dans un avion de la « Sita Airlines ». L’état général de l’aéronef ne nous rassure pas vraiment mais il est trop tard pour circuler. Et dans un bruit assourdissant, notre avion se met en route, roule et ô miracle, parvient même à décoller. 26 minutes d’un vol magnifique et impressionnant nous sont alors justes nécessaires pour apercevoir par les hublots, le minuscule aéroport  de Lukla. L’avion descend, descend et contre toute angoisse, se pose et roule sur la piste. Formidable !

Guillemette nous affirmera toujours avoir alors vu, à l’arrivée, l’hôtesse remercier Boudha en faisant des signes de croix.

Enfin, nous sommes à Lukla, c’est l’essentiel et quelques minutes plus tard, notre deuxième avion atterrit, lui aussi, sans encombre.

Le temps de se remettre de ses premières émotions, de récupérer nos bagages et nous faisons connaissance avec le patron de notre lodge de Lukla. Une espèce de gaillard à tête de bandit qui n’inspire confiance à personne, la suite nous donnera raison.

Un peu de marche nous est  nécessaire pour contourner, par le haut, l’aéroport. En 1998, lors de notre précédent voyage nous traversions directement les pistes qui n’étaient pas asphaltées mais recouvertes de gros cailloux. 

Deux cents mètres parcourus dans la rue principale et nous arrivons au lodge dont les chambres sont de bonne taille mais dont la pièce commune sans poêle, nous semble froide et petite. Nos sacs ne sont pas arrivés. Il nous faut donc attendre les prochains vols. Le ciel se couvre et nous avons froid.

Une ou deux heures plus tard, les voila qui arrivent et sitôt terminés les palabres habituelles entre sherpas et porteurs, nous nous mettons en route.

C’est notre grand début.

Tout le monde est ravi de faire ses premiers pas. Nous quittons Lukla et sa rue principale pas vraiment belle, pour rentrer dans le monde fascinant de la Montagne Népalaise.

Comme nous formons un grand groupe avec 20 français, des sherpas pas tous bien repérés et des porteurs pas du tout repérés, notre caravane s’étire rapidement en longueur. Les premiers perdent de vue les derniers et vice versa.

Aussitôt, comme prévu, le sentier entame des descentes importantes. Nous perdons de l’altitude. Ce qui nous donne des paysages de plus en plus verts, avec une végétation de plus en plus exubérante avec des champs cultivés et entourés par des murs de pierre  sèche.

En une bonne première de mi-journée de marche nous rallions sans encombre le village de Pharding. Ce qui nous impressionne le plus ce sont les têtes des trekkeurs que nous croisons régulièrement qui nous paraissent tous plus épuisés les uns que les autres, certains même nous interpellent: «-Vous savez où vous allez? -Non ? -Vous allez comprendre…» Nous prenons cela plutôt en riant mais un doute sérieux nous assaille. Guilaine: « -Dans vingt jours serons-nous dans ce même état? »

Pour rassurer j’affirme, sans savoir, que ces malheureux que nous croisons sont partis de Namche Bazar ce qui constitue une longue étape et ce qui ne sera pas notre cas.

Et après 3 heures de marche à un rythme plutôt tranquille nous arrivons au village de Pharding. La bourgade est allongée de part et d’autre du sentier et coincée entre les deux versants de la vallée bien étroite à cet endroit.

Nous nous installons dans un lodge, confortable, avec des chambres tout en bois au premier étage et une salle commune vaste et bien équipée. La répartition des chambres se fait sans difficultés, chacun choisit son alter-ego pour la nuit. Quelques instants plus tard, c’est le traditionnel « thé-biscuits » servi au rez-de-chaussée. Tout le monde est déjà ravi d’être là, cela se sent, même si des nuages bas et gris nous empêchent de voir les grands sommets, pourtant tout proches. 

Ce soir, spectacle avec danses traditionnelles dans le lodge d’en face, spectacle dont nous profitons avec gourmandise. Nous lançons pour le groupe, le rite incontournable de l’apéritif à la française.



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