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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:45

Dimanche 2 novembre 2008.

7me jour du voyage.

5ème jour du trek.

Du village de Tengboche 3860m à celui de Dingboche 4410m.

Nous montons lentement  vers la haute altitude.

        

Ce matin, au réveil, le ravissement continue, pas un nuage dans le ciel qui reste d’un bleu lumineux et parfait. Certes, à l’ombre il fait encore froid mais il suffit de se vêtir chaudement et d’être patient.

Notre sentier traverse tout le village pour plonger dans des pentes boisées, encore à l’ombre. Nous pressons donc le pas pour se réchauffer. Nous traversons de belles forêts de rhododendrons mais sans fleurs. On imagine la beauté de l’endroit au moment de la floraison.

    Nous traversons le petit village de Deboche ou des trekkeurs qui ont dormi sous tente ont bien du mal à se réchauffer. Nous parvenons à la rivière que nous traversons sur une petite passerelle.

Notre groupe en profite pour se regrouper avec une bonne pause sur la plage de la rive droite, elle bien ensoleillée. Nous sommes à ce moment, au pied de gigantesques montagnes qui laissent paraître leurs cimes blanches et glacées. Les sommets de plus de 6000m sont visibles, les 7000 ne sont pas loin et les 8000 approchent. L’air est maintenant agréable. Tout va bien.

Depuis le franchissement de la rivière, les arbres ont disparu. Seuls subsistent quelques drôles d’arbustes, de taille moyenne, sans feuilles ni épines. Nous sommes au pied du Taboche Peak 6337m et toujours face à l’Ama Dablan, seigneur des lieux, que nous apercevons de temps en temps, suivant l’endroit où nous nous trouvons.

Nous allons maintenant remonter cette vallée de la Imja Khola pour passer sous le village de Pangboche au monastère réputé, pour ensuite sortir de la forêt et des villages jusqu’au petit village de Samso. 

Le sentier, comme la vallée, se coupe en deux. La branche de gauche monte à Périche puis vers l’Everest et la branche de droite que nous suivrons monte à Dingboche puis à l’Island Peak.

Je reconnais l’endroit pour y avoir souffert avec Philipe en 1996.

La vallée s’élargit nettement et nous donne des vues de plus en plus larges, de plus en plus étendues, de plus en spectaculaires.

Une dernière montée en ordre dispersé car le terrain de cette fin d’étape est facile et évident nous permet de gravir les quelques centaines de mètres de dénivelé qui nous manquent avant d’arriver à notre lodge de Dingboche terme de notre journée.

Le voici, installé à 4410m d’altitude, légèrement à l’écart du village. Quand nous pénétrons à l’intérieur nous y entendons aussitôt une grosse voix française! Nous sommes étonnés. L’endroit appartiendrait-il à un français? Non, cette voix que nous connaissons bien est celle de notre ami Michel Corbières parti une semaine avant nous et que nous devions rattraper pendant ce trek.

Nous sommes maintenant au grand complet.

La patronne, la vraie, est ravie de voir arriver un groupe de plus de 20 personnes et nous accueille plutôt bien. La salle principale du lodge est vaste et bien éclairée. Nous nous installons dans les chambres reparties de part et d’autre d’un long couloir, lui, un peu froid.

En cette après midi, pour ne pas sombrer dans une sieste méritée mais sans intérêt, nous sommes un certain nombre, Jean Luc, Jean Paul, Ursula, Véro et d’autres, à filer du lodge pour en explorer les environs.

Très vite, dès les premiers pas, le souffle court, nous nous rendons bien compte que nous sommes rentrés dans le monde de la très haute montagne. Ici, c’est l’Himalaya. Au-dessus de nous, ce ne sont que des grands sommets qui nous guettent, des moraines gigantesques qui nous essoufflent et des glaciers terribles qui nous écraseraient comme des fétus de paille, s’ils le voulaient.

Le paysage qui nous entoure, austère et sauvage est un paysage de très haute montagne, avec peu de végétation, des rochers, des masses glaciaires suspendues, immenses et terrifiantes dans des dimensions inconnues en Europe.

Le groupe, poursuivi par les nuages qui montent en cette fin d’après midi, retrouve alors le lodge pour un moment de détente alors que tombe la nuit et le froid. Le jeu « Uno » commence alors à faire des ravages.

Dehors, c’est le froid, la nuit habituels à cette altitude. Ce contraste entre l’intérieur et l’extérieur nous donne une impression de confort extraordinairement agréable.

Nous sommes en cet instant, les plus heureux du monde.

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Serge Capdessus - dans voyages
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