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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:37

Vendredi 14 novembre

JOUR 7 Camp de base – High camp

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

14/11 à 8h23

4h08

855

330

74

270

5680

4826

Camp de base

 

La journée la plus difficile. Au départ, le parcours se dessine entre des blocs,  dans un dédale grisâtre. Puis, c’est une longue traversée sur un replat de neige dure ou verglacée. Devant nous Passang, notre porteur, galope, malgré sa charge, malgré ses chaussures. D’autres porteurs, uniforme vert, descendent de high camp, moins rapides et bien moins rassurés que lui. Un d’entre eux tremble sur la glace et n’ose plus avancer. Au passage je lui cède un bâton télescopique et je continue avec le piolet. Ensuite, nous bifurquons à droite du col, mais où donc est le passage ? Il nous faut gravir un pierrier bien raide, dans lequel chaque pas en avant nous fait reculer d’autant ; et ce souffle qui nous manque... Un français nous croise, victorieux du sommet, occasion pour échanger et surtout pou faire une pause. Au-dessus, le passage se dévoile : couloir de pénitents ! Il est équipé d’une vague corde sur laquelle on n’oserait pas tirer. Évidemment les porteurs ont franchi ce passage sans difficulté. On bifurque à gauche pour longer une vire, l’abrupt est bien dangereux ; puis c’est enfin le glacier au pied du  Pachermo.

Le camp de base est installé au pied de la falaise, à droite du glacier du Trashi Lapsa. On discerne quelques petites terrasses dégagées sur lesquelles les porteurs commencent à installer les tentes, dans un chaos de pierres, de blocs.. Certains hésitent : est-ce bien raisonnable de dormir là ?" Car enfin ce n’est pas un tracto-pelle qui a déplacé ces blocs !!!" Des stalactites de glace sont prêtes à tomber entre les deux tentes supérieures. Et ce vent ! Une tente s’envole, un porteur y court après… ce n’est pas de bon augure.

L’expédition, une philosophie

 

 Les membres d’une expédition doivent avoir un code de conduite commun pour vivre ensemble pendant les semaines de voyage et d’ascension. Voici trois promesses que vous pouvez vous faire : respecter la nature, prendre soin de vous et des autres, rentrer à la maison.

 

Extrait de Guide la montagne,

Éd. Guérin

 


 

 

Un porteur remonte un dhoko de glace, l’équipe s’affaire à préparer le déjeuner. Nous patientons dans "the diner tent". Nous sommes assez impressionnés d’être arrivés là et aussi de ce qu’il nous reste à faire le lendemain ! En nous tenant tous par les mains, nous faisons la promesse d’être attentif les uns aux autres. Aimé, bien lucide sur son état, a déjà pris la sage décision de rester au camp. Jean-François subit une sérieuse migraine.  L’altitude est bien hostile à l’homme…Avant de se coucher, nous faisons quelques mises au point avec le guide. Le réveil est prévu à trois heures.



Samedi  15 novembre,

JOUR 8 High camp, Pacherm’ (sans le haut), Thamé

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. M

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

15/11 à 4h

2h

182

 

182

270

5852

5680

Pacherm’

15/11 à 8h45

4h53

40

300

1130

490

5680

4350

Thengpo

15/11 à 14h49

1h25

0

 

500

 

 

 

Thamé

15/11 Total

8h18

222

 

1812

 

 

 

Cumul 1634m

 

Refroidissement éolien

Vitesse du vent (km/h)

Température (°C)

0°C

-5°C

-10°C

-15°C

-20°C

10  km/h

-3

-9

-15

321

-27

20  km/h

-5

-12

-18

-24

-30

30  km/h

-6

-13

-20

-26

-33

40  km/h

-7

-14

-21

-27

-34

50  km/h

-8

-15

-22

-29

-35

60  km/h

-9

-16

-23

-30

-36

Le refroidissement éolien donne une idée de la façon dont le froid accompagné du vent va affecter notre peau nue. Par exemple : si on relève une température de -23°C et que le vent souffle à 40km/h alors la t° ressentie est de

-38°C. A cette t° la peau nue peut geler en 10 minutes.

Durant la nuit, les rafales de vent sont de plus en plus violentes. La température dans la tente est de -10°C. Nous n’avons pas froid mais nous dormons peu. A trois heures, Dawa nous réveille.  S’habiller est déjà une épreuve. Monter prendre le petit déjeuner à "the diner tent" en est une autre. Évidemment, nous n’avons pas faim. Au pied du glacier, nous mettons les crampons, rude épreuve à nouveau, nous nous encordons sur une seule corde : en tête l’assistant guide, puis nous quatre, Dawa à l’arrière. La neige est d’abord bien croûtée mais à l’approche du col, les conditions sont plus rudes. Et puis ce rythme, ce n’est pas à ce rythme là qu’on s’attaque à un 6000 ! L’assistant guide donne une cadence infernale, je tire sur la corde, je maudis. Va-t-il enfin comprendre ? Au col, impossible de regarder le Rolwaling, les rafales de vent nous aveuglent. La neige est tantôt dure tantôt poudreuse, à chaque pas je suis déstabilisée. Le vent cinglant  commence à nous refroidir, derrière moi Jean-François donne une première alerte : est-ce bien raisonnable de continuer dans ces conditions ? Nous approchons le premier ressaut qu’il faudra équiper de corde fixe. 5852m, nouvel arrêt : nous sommes deux à ne plus vouloir continuer cette ascension. Jean-Luc hésite, Gérard ne sent plus ses doigts.  Et puis cette parole de Dawa : "If we continue we could die." Demi-tour, retour à  high camp. A l’arrivée,  frigorifiés, nous nous glissons dans nos duvets en attendant le lever du jour, peut-être le vent aura diminué, peut-être on tentera à nouveau… Aimé est à demi étonné de nous voir aussitôt…
A huit heures, personne n’envisage une nouvelle ascension, on plie tout pour quitter le plus rapidement possible cette zone dangereuse. Le guide équipe le couloir de pénitents, Cook le franchit avec une douzaine d’œufs à la main, Passang ne s’aide même pas de la corde !

A Thamé, nous profitons d’une douche bien chaude. Au dîner,  trois étrangers célèbrent leur succès, la veille ils sont arrivés au sommet du Pachermo. Mais nous, nous n’aurons pas le ‘o.



Dimanche 16 novembre,

JOUR 9 Thamé – Pharding

 

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

16/11 à 8h

2h48

236

300

561

440

3800

3447

Namché Bazar

16/11 à 12h42

3h48

242

300

1001

540

3481

2711

Pharding

16/11 Total

6h36

478

 

1562

 

 

 

Cumul 2040m

 

Au réveil, sentiments confus, à  la fois une certaine amertume, nous ne reviendrons pas d’encore dans cette vallée et si haut ; et en même temps la satisfaction d’être tous en pleine forme et d’avoir échappé à quelques dangers.

En quittant la cour du lodge, des petits porteurs, uniforme vert, m’appellent pour me rendre le bâton !!!  Le long du sentier, des élèves eux aussi en uniforme  se rendent à l’école.

 


«

 Si notre aventure transmet un  message plus profond et plus durable que l’éphémère sensation de l’exploit physique, je crois que c’est celui de la camaraderie et de ses nombreuses vertus. Quelles que soient la race et les croyances des alpinistes, la camaraderie se forge dans les hautes montagnes, à travers les difficultés et les dangers, dans le besoin d’unir ses efforts pour atteindre un but et par les frissons d’une grande aventure partagée. »

 

 

 Sir John Hunt,

chef de l’expédition britannique

 sur  l’Everest en 1953

 







A Namché, pause cyber-café, pause déjeuner. J’accompagne Cook au  bureau de Trekking, ambiance administrative plutôt austère… Nous enregistrons notre passage à la sortie du village  et nous dévalons les 1000m de dénivelé pour rejoindre le groupe à Pharding. On s’émeut devant les premières fleurs, on reconnaît les passerelles, on est impressionné par ce flot de porteurs et leur charge, caisses de bières, tronc d’arbre, barres de fer…

A l’approche de Pharding, Serge, Alain, Kadjig et Nirmal nous attendent… Puis Guillemette, Maryse… Tant d’émotions à partager…

 

Véro Prim

 

 

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Serge Capdessus - dans voyages
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