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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 21:23

 

 

Sortie en tandem et sacoches,

sur un week end,

en aller retour, entre  la ville

de Saint Gaudens et le village de Le Cabanial,

deux communes de Haute Garonne.

 

2, 3 et 4 mars 2012.

309.2km
Altitude minimum 137m
Altitude maximum 464m
Dénivelé total + 1957m
 

 

Vendredi. De St Gaudens à Toulouse.

Départ de St Gaudens vers 17h. Il fait beau, très beau même. Pour une fois, nous tournons le dos à nos Pyrénées. La route est belle et grimpe rapidement sur les côteaux du nord du bassin de Saingo. Nous traversons  les villages de Latoue, Aulon et Aurignac. Tout va bien et nous roulons bien même si le relief de collines nous empêche d'avancer vite. Le soleil baisse et se rapproche des crêtes des collines qui nous font face, la température baisse doucement. Nous traversons des petites communes calmes et magnifiques comme Alan, Sana , Mondavezan... C'est dommage, mais nous évitons la commune de Lescuns, tant pis ce sera pour un autre passage. Nous atteignons maintenant le village de Les Fousseret. Il fait encore clair, nous n'avons pas encore besoin d'éclairage pour rouler. Comme cela fait déjà deux heures que nous sommes partis, la faim commence à se manifester et à nous ralentir. Nous stoppons alors devant une petite usine d'eaux bien éclairée. Une bonne halte, une bonne collation, quelques coups de téléphone  et nous repartons. Et là, surprise, la nuit est tombée. Elle ne nous lâchera plus jusqu'à Toulouse.   

 

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Bien éclairés et sécurisés par les lampes arrière et avant de notre tandem, nous fendons ce noir léger et complet qui nous entoure. Sur notre gauche des bois et des forêts sombres nous accompagnent... soudain une masse se distingue sur la route, à quelques mètres devant nous: c'est un superbe chevreuil. Immobile, il nous regarde, il a l'air aussi étonné que nous. Puis il disparait en un instant. Nous laissons Gratens sur notre gauche et atteignons les premières maisons de Berat quand ô surprise, sur notre droite, nous apercevons un panneau indicateur "Impasse du Capdessus"! Une impasse? ici en pleine Haute garonne?  une impasse à mon nom? bien! c'est dejà pas mal, mieux que rien en tout cas.... Quelques photos sont prises pour marquer ce moment un peu étonnant, un peu personnel qui me font penser une fois de plus à tous les miens... Et nous reprenons la route. Très peu de véhicules nous croisent ou nous doublent.  Voilà les premiers lotissement importants qui apparaissent, nous nous rapprochons sensiblement de la grande ville.

Effectivement la circultation s'intensifie peu à peu mais grace à cet itinéraire caché, si bien trouvé par Véro, nous évitons les grands axes agités. Soudain alors que nous longeons l'aérodrome de Francasal voilà, surgissant de la nuit, le panneau : "TOULOUSE " Ca y est nous sommes arrivés! Il est 21h30 environ, il fait nuit noire. Nous sommes seuls et heureux au pied de ce panneau perdu. Inquiets les autombilistes ralentissent en nous apercevant avec nos gilets jaunes, ils redoutent un controle radar. Nous qui sommes arrivés là à la force de nos mollets, cela nous fait bien rire.

Il ne nous reste alors qu'à traverser tout le sud ouest de l'agglomeration de la ville rose pour atteindre enfin le centre et surtout la place du Capitole incroyablement déserte à cette heure là. Il est 22 h15, nous avons roulé pendant 5h15 dont  3h15 dans la nuit et sur 97 km.

 

Samedi. De Toulouse à Le Cabanial.

Après une nuit et une bonne matinée de récupération il nous faut repartir pour tracer le second côté de notre triangle. Mais ici, à Toulouse, c'est la grande ville avec ses cris, ses fureurs et ses dangers. A tandem, il nous faut tout surveiller,  se méfier de tout,  car ici tout est dangereux, tout est périlleux, tout est agressif. Ici, dans la multitude humaine, c'est l'indifference générale qui règne, personne ne nous parle, personne ne nous regarde, personne ne nous encourage. Pire, ce sont des piétons qui nous coupent la route et encore pire c'est un bus de ville qui nous serre délibérement, sans raison, contre le trottoir. Vraiment, un monde hostile que nous nous dépêchons de quitter. Heureusement que la famille est ici dans ces murs hauts et roses, sinon nous n'y serions même pas arrétés.

Nous traversons la place du Capitole, bondée et hurlante et filons par les boulevards vers l'Est. Nous contournons le Grand Rond , traversons le canal maintenant bien dégelé. Bien évidemment tous ces axes sont surchargés d'engins petradants et fumants de toute sorte et nous nous sentons  obligés de bien appuyer sur les pédales pour fuir  cet univers hostile à notre équipage. Nous sommes même carrement poursuivis par un bus 78 qui ne recule devant rien pour essayer de nous écraser ou de nous envoyer dans les décors. Mais heureusement rien de facheux ne se produit et nous atteignons Montaudran et Lauzerville au chateau d'eau multicolore. 

Voici les premiers côteaux du Lauragais. Les villages y ont encore une taille humaine et nous apprecions bien d'y retrouver les murs en brique rose bien plus beaux que les masses grises et betonnés de la banlieue.  Nous atteignons Taravel la vallée de la Saune juste avant d'apercevoir Caraman et son beau clocher sur le faite de la colline. Une rude montée nous fait alors face, c'est beau le relief mais à tandem cela exige aussitot de l'effort. Nous nous y plions sans berguigner pour atteindre cette belle bastide. Passant devant le collège, c'est notre quotidien qui nous rattrape avec 3 jeunes qui s'invectivent copieusement. On ne s'en mèle pas, aujourd'hui, nous roulons. Plus que 10 km, plus que quelques derniers coups de pédale et nous voilà arrivés à Le Cabanial, terme de notre seconde journée.  Ici c'est le pays du calme, du vent et des belles surprises. Juste avant d'atteindre le village, un lièvre nous salue en courant en notre compagnie pendant quelques secondes.

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Dimanche. De Le Cabanial à Saint Gaudens.

C'est bien beau tout cela mais maintenant il nous faut rentrer!

Nous quittons sereins le village vers 10h sans se douter de ce qui nous attend car ici tout est en collines en montées en descentes, ce n'est pas de la montagne mais cela finit par y ressembler... Nous arrivons à Auriac par  la piste de l'ancienne voie ferrée, atteignons Cambiac et son moulin  puis Beauville. Les paysages sont magnifiques ruraux agricoles et variés, l'air est frais et la température agréable, tout va bien. La régionale de l'étape connait bien ces petites routes qui serpentent dans ces collines  orientées nord sud alors que nous devons rouler est ouest.    Voici Labastide Beauvoir puis Baziege, juste avant de franchir la ligne sncf et l'autoroute. Et ô surprise, le canal du midi nous fait face. Nous empruntons alors la voie de halage pendant quelques kilomètres. C'est bien court mais absolument génial de calme et de beauté. A Montgiscard, nous reprenons la route vers l'ouest  pour encore et toujours traverser belles collines et petites vallées. A Vernet, au pied de la superbe église fortifiée, tout est calme, nous mangeons. Tout va bien mais soudain, ce n'est pas le drame, mais tout bascule, il se met à pleuvoir. Une petite pluie fine et douce mais qui ne va pas cesser de presque toute l'apres midi. 

A partir de ce moment, notre effort va prendre une autre tournure, nettement plus humide, beaucoup plus pataugeante, encore plus collante. La seule difficulté c'est qu'il nous reste pas moins de 60km encore à parcourir... Ces 60 km vont donc se réveler un peu longs .

A Noé, nous retrouvons avec joie mais toujours sous la pluie de plus en plus battante, la Garonne, large et beau fleuve de nos Pyrénées. Maintenant tout devient simple: il nous suffit de baisser la tête, appuyer sur les pédales et,  bien rincés et rerincés, avaler les kilomètres sans se poser de questions. Bien sur, nos pieds pataugent, nos fesses patassent et nos cous dégoulinassent du mélange projeté en l'air par nos deux roues sans garde boue mais, pour rien au monde, nous ne voudrions être ailleurs ni monter dans le premier taxi venu. Le tandem c'est génial et cela nous plait en toutes circonstances, même les plus pluvieuses. 

Voici Carbonne avec un bourg important et désert . O joie, un café y est ouvert, c'est un PMU. Les présents, tous des hommes, fument gentiment à l'extérieur, ils nous parlent et nous accueillent avec sourires et poignées de mains. Nous qui ne sommes pas du tout joueurs, nous apprécions ce moment d'échange hors du temps.   

Il nous faut reprendre  la route. Nous suivons alors sans sourciller la RD10: Salles, St Julien, Cazère et Palaminy.  A Boussens nous retouvons l'ancienne RN117  pour les derniers kilomètres. Il pleut toujours. Cela finirait par nous agacer.   Voici Boussens et St Martory et nouveau miracle, la pluie cesse et le soleil perce les nuages.  Le compte à rebours est commencé. St Gaudens est en vue de panneau! "Moins de 12 km", "plus que 8 km"... Comme il ne pleut plus, nous  séchons.

Alors que nous commencons à y croire, la route recommence à se défendre et nous lache dans les mollets une méchante ligne droite rectiligne de 5 km avec pompon final un redoutable vent de face.

St Gaudens,  18h, ca y est, nous sommes arrivés.  "Le ciel est gris et bas comme un couvercle" Charles Baudelaire.

Nous sommes très contents d'avoir réalisé ce triangle qui nous tenait à coeur. 

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Saint Gaudens  7 mars 2012  Serge

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commentaires

Alain2pau 09/03/2012 18:51


  Bravo pour ce premier triangle de l'année. Superbe description du voyage. Merci. A bientôt.