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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:07

Vendredi 24 décembre 2010.

 

Ascension du Col de Pourteigt (petit frère du col de Marie Blanque) depuis Buros. Temps froid, humide. Petite neige à la cote de Sévignacq et neige sur la route à partir de Bilhères en Ossau. Au col beaucoup de neige, du calme. Un grand moment. Retour par le meme itinéraire. Total 100km environ.

 

 

DIMANCHE 19 DECEMBRE 2010

 

SAINT GAUDENS (31) / BUROS (64): 117 km.


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SEJOUR D AUTOMNE EN AUVERGNE .

 

MARDI 26 octobre 2010.

auvergne-oct-2010 0102La Passade – Le Mont Dore 83 km .

 

Après trois jours de gris, de pluie, de froid et de neige, le soleil apparaît. La température extérieure et le vent décourageraient n’importe quel cycliste. Seulement nous, nous avons décidé de partir avec notre tandem et notre remorque et rien ne nous retiendra. Depuis notre parcours alpin, nous sommes aguerris et prêts à affronter tous les temps. Enfin presque… la pluie on préfère la regarder derrière une vitre, bien au chaud…

Le soleil réchauffe à peine l’atmosphère, nous démarrons par  une longue descente avec des températures inférieures à 0°, le froid est saisissant malgré toutes les épaisseurs de vêtements. Notre envie de partir et les couleurs d’automne suffisentauvergne-oct-2010 0059 à eux seuls à nous réchauffer. Le tandem avance rapidement, son  chargement est plus léger que cet été et de mieux en mieux organisé. On s’approche du Puy de Dôme enneigé, en sachant que son ascension à tandem n’est plus à l’ordre du jour. La route est en grands travaux pour la construction d’un train à crémaillère, on se contente de ses cols environnants : cols de La Moreno 1065m et Col de Ceyssat, 1078m.

Au pied du Puy de Dôme, notre objectif est bien en vue : le Puy de Sancy… c’est loin, mais le parcours sera auvergne-oct-2010 0060facile, quelques montées, de belles descentes, jalonnées de prairies  où broutent des troupeaux de vaches à l’infini. Voilà qui nous change de la Suisse.

Cet été, on se lamentait de ne voir aucun troupeau dans les alpages suisses. Ici, les vaches sont élevées à la dure, on ne les cajole pas dans des stabulations.

On traverse Orcival sous le soleil, pause goûter nécessaire. L’office du tourisme est fermé, on croise les doigts pour que le gîte de ce soir soit ouvert. La fin de ce parcours ne nous ménage pas, encore des efforts et les pentes raides les plus raides de la journée ; puis le gîte apparaît. On s’enthousiasme, le point de vueauvergne-oct-2010 0066 est grandiose, le gîte semble coquet… mais à l’approche tout semble fermé.

La journée n’est donc pas terminée car nous sommes loin de tout. Pas question de revenir sur  La Passade, il ne nous reste donc qu’une solution :  Le Mont Dore, où on est sûr d’y trouver un toit. On s’était promis de petites étapes pour ce séjour automnal, à croire que auvergne-oct-2010 0074ce n’est pas dans nos cordes. Sans traîner, nous filons vers ce col inattendu, au soleil couchant. Sans râler, sans traîner nous atteignons le col de Guéry, 1268m. Quelques promeneurs nous promettent une longue descente glaciale. Rien de cela, nous entrons dans cette ville thermale toujours aussi enthousiastes. Nous cherchons l’auberge de jeunesse, impatients de nous réchauffer. Un panneau interactif ne nous renseigne pas beaucoup. Quelques passants, amusés par notre attelage, nous apportent leur aide, ils logent aussi à l’auberge. Ce qu’ils nous annoncent ne nous enchante pas, un instant nous chercherions bien un autre hébergement, surtout que les hôtels ne manquent pas dans cette ville. Mais nous n’abandonnons pas si prêts du but… pourtant si nous avions su, jamais nous n’aurions pris cette route !

Il nous reste 4 km de montée raide dans un froid glacial pour arriver à la station  de ski, au pied des pistes, au pied du télécabine et aux sources de la Dordogne. Nous apercevons les équipements de la station, mais nous avons l’impression de faire du surplace. Quelques pauses s’imposent, pour calmer la colère, la rage, la difficulté. A chaque redémarrage tout nous semble encore possible mais à peine 500m plus loin nous sommes à nouveau désespérés. Enfin l’auberge apparaît, enfin on est au chaud, l’accueil est parfait, les prestations excellentes, une adresse à diffuser. Nous prenons le repas avec les familles rencontrées plus bas et ne pensons qu’à une chose : nous allonger, détendre nos muscles, dormir, récupérer…

 

 

MERCREDI 27 octobre 2010

 

 

Le Mont Dore – Le Puy Mary (Le Claux) 85 km

Bien au chaud, dans l’auberge, le départ au pied des pistes du Puy de Sancy s’annonce glacial, aucun espoir d’un rayon de soleil pour la descente. Nous traversons rapidement le Mont-Dore pour s’arrêter plus loin dans la station balnéaire de La Bourboule, où enfin le soleil apparaît. Cette fois-ci l’office de tourisme est ouvert et notre  hébergement réservé pour la nuit à venir. Nous pouvons rouler tranquilles. La route que nous empruntons est peu fréquentée, forêts de hêtres, forêts de pins, couleurs d’automne vives et chaleureuses.
Voici le col de la Sœur 1149m, pensées pour nos sœurs, pour Marie en ce jour à Paris avec Pilou. Finie la forêt, voici les prairies, les troupeaux et au loin la Tour d’Auvergne, notre prochaine étape. Depuis ce matin, nous contournons le Puy de Sancy par le Nord-Ouest. Puis l’objectif du soir apparaît: le Puy de Mary, au loin, bien au loin, fort au loin. Vers midi, nous nousauvergne-oct-2010 0082 arrêtons à Saint-Donat, petit village auvergnat où un épicier vient de s’installer. Pour réussir son aventure il a choisi la télévision. Il nous raconte avec fierté ses passages dans des émissions inconnues, pour nous médiocres téléphiles… 
Sans erreur, nous avançons suivant étapes par étapes l’itinéraire préparé rapidement la veille : St Genès Champespe, Montboudif, descente sur Donat par des gorges perdues et sauvages, remontée difficile sur Lugarde. Nous découvrons dans ce pays des voies ferrées, des œuvres architecturales remarquables aujourd’hui abandonnées, comme la ligne d’Urdos dans nos chères Pyrénées. Même la grande aventure du train touristique« Le Gentiane Express » a été abandonnée. ( http://gentiane-express.com ) Sur la route, nous ne croisons que facteurs, tracteurs et troupeaux de vaches. Ici, auvergne-oct-2010 0095l’activité agricole est importante. C’est une région renommée pour son fromage éponyme, le Salers.
Nous découvrons lors d’un arrêt dans une ferme la fabrication artisanale de ce fromage, au lait cru non chauffé, nous apprenons la différence Cantal et Salers.… Affamés, nous avalons la moitié de notre achat, après nos efforts tout ce que l’on met dans notre bouche a un goût délicieux. Mais là c’est exquis, fondant et légèrement piquant…divin quoi! Avant d’emprunter la vallée de Cheylade, des panneaux nous indiquent que les colsauvergne-oct-2010 0109 prévus pour demain sont fermés… Ce n’est pas un peu de neige qui va nous arrêter, on poussera le tandem !
Au soleil couchant, nous terminons l’étape dans cette vallée glaciaire pour rejoindre Le Claux, au pied du Puy Mary, vu de cet endroit le volcan a une forme pyramidale impressionnante, son versant nord paraît vertical, c’est pas l’Eiger quand même ! Le Claux n’est pas seulement un village agricole, c’est aussi une station d’hiver promettant des randonnées à raquettes paisibles et variées.

 

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  Jeudi 28 octobre 2010. De La Claux en passant par le Puy Mary à Egliseneuve d'Entraigues 83 Km.

En cette saison, deux écueils sont à éviter : la pluie et dormir dehors. Ainsi à chaque réveil on guette le temps à venir et on s’affaire à trouver un hébergement. Pour le soleil, c’est gagné ! Mais pour l’hébergement c’est raté… on abandonne en espérant trouver auvergne-oct-2010 0136une solution plus tard, car un col, à priori enneigé, nous attend. Le col de La Serre, 1364m, est tout prêt et finalement peu enneigé. Comme le porte son nom, l’endroit est ensoleillé. Cette atmosphère calme et chaude nous donne des ailes et nous enchaînons sans hésiter sur le Pas de Peyrol pour un aller-retour en déposant notre remorque en bordure de route.  Nous découvrons la Brèche de Roland auvergnate, puis un col inattendu au niveau d’un refuge fermé, le col d’Eylac, 1460m. Après ces lacets ensoleillés, nous attaquons la partie à l’ombre en poussant notre tandem, une vraie patinoire sur laquelle nous restons parauvergne-oct-2010 0137 miracle debout ! Nous terminons les derniers cents mètres sur l’engin, Pas de Peyrol, 1588m. Aucol, plusieurs routes toutes aussi enneigées se croisent, juste au-dessus de nos têtes, le Puy Mary nous nargue. Des panneaux indiquent « Pont du Gard, 228km » « Pointe du Raz 855km » « Puy Mary 1H aller/retour ». Comment résister avec un temps pareil ? La montée est raide et rapide sur un sentier aménagé( béton, escaliers de bois, rampes, cordes) suite à la surfréquentation du site. Mais aujourd’hui, nous sommes les seuls, et c’est bien ce que nous recherchons. Au sommet du Puy Mary, 1787m, le panorama est exceptionnel, seul quelques mirages viennent perturber cette pause contemplative ; leurs figures audacieuses nous époustouflent. On laisse le temps suspendre son vol, puis on quitte ce panorama pour récupérer tandem puis remorque.

 

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Affamés nous nous arrêtons à Collanges, dans un abri-bus où le soleil nous écrase. La auvergne-oct-2010 0165température est jour après jour de plus en plus clémente et propice à une sieste, l’endroit aussi, mais ne sachant pas encore où nous dormirons ce soir,  nous reprenons la route, plus vers l’Est pour contourner le Puy de Sancy. A la faveur d’un interminable plateau, entre deux burons et trois troupeaux de vaches, nous dépassons un col inattendu, puis nous plongeons sur Allanche. Uneauvergne-oct-2010 0168 grande ville auvergnate, bien triste. Ici aussi les gares sont abandonnées. En été, celle-ci est le départ du vélorail du Cézalier. Elle abrite l’office du tourisme, étonnamment ouvert encore en cette saison, nous y trouvons enfin un hébergement, mais encore loin. Nous effectuons quelques achats, c’est aussi le hasard de retrouvailles inattendues. Les commerçants auvergne-oct-2010 0179fréquemment nous demandent notre destination, nous conseillent, nous informent. Cette fois-ci, ils nous annoncent un col, le col de la Malmouche 1141m, et une route à nid de poules jusqu’à Marcenat, c’est peu dire, 15 km au bout desquels on envie un vélo à suspensions… Pour éviter de repasser par Condat, nous choisissons un itinéraire sur lequel se trouve le plus haut village de l’Auvergne, Montgreleix. Il nous faudra de sacrés coup de pédales pour l’atteindre. Mais c’est sans regret, nous avons abandonné la départementale pour une petite route dans la forêt. Après le village c’est un paysage de plateau herbeux, sur lequel le soleil couchant promène l’ombre de notre tandem. Nous terminons par une descente glaciale et une arrivée nocturne à Egliseneuve d’Entraigues.

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J4 VENDREDI 29 OCTOBRE

Egliseneuve d’Entraigues – La Passade 50 Km

auvergne-oct-2010 0192Ce matin direction Super Besse, l’objectif du jour est d’atteindre la voiture et rentrer chez nous en passant par quelque ferme auvergnate authentique pour ramener du bon fromage, du pur lait, du vrai beurre… Au lever du jour, nous levons le camp, on pourrait choisir la direction la plus rapide, mais on préfère une route moins fréquentée et un col supplémentaire. Ce matin, le soleil embrase les couleurs d’automne, le vent secoue les arbres et c’est un tourbillon de feuilles dorées sur notre passage. De fermes en fermes, le camion-laitier nous suitauvergne-oct-2010 0203 jusqu’au col de La Choumoune 1155m. Pas d’arrêt à la station de ski de Super Besse, nous préférons filer vers Murol. Au pied du château, nous hésitons entre un détour par un col ou un retour direct. Le bistrotier nous offre le café, nous reprenons des forces mais raisonnablement nous choisissons de rentrer directement. La remontée sur Saulzet-le-froid est rude et plusieurs arrêts s’imposent pour calmer les douleurs. Rien n’est plus dur pour le moral que de terminer une journée vélo par des montées interminables. C’est la rage, la faim et le bonheur en arrivant à la voiture…

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4 jours à tandem : 11 cols / 300km.

 

 

 

 

 

 

  

SAINT BERTRAND DE COMMINGES

Samedi 5 juin

st Bertrand de CDépart tardif dans une après-midi caniculaire. Nous cafouillons à retrouver la voie verte qui nous mènera à Saint-Bertrand de Comminges. Après quelques zigzags sur les autos-ponts de l’autoroute et de la Garonne, nous retrouvons par le plus grand des hasards la voie verte et Dame Cigogne, toujours perchée sur son pylône. Mais aujourd’hui elle n’est pas seule, trois cigogneaux montrent leur bec et s’aventurent sur les bords du gigantesque nid... un ragondin passe en sous-marin à nos côtés puis refait surface plus loin…

De villages en villages, nous rejoignons une petite route parallèle à la voie ferrée et à la route nationale surchargée qui mène à Luchon. Mais ici, c’est ombragé, calme, bordé de quelques cerisiers, et de vestiges romains, nous approchons un site riche d’histoire. D’abord une pile romaine, puis grandiose, imposante, la cathédrale apparaît perchée sur une rocher. Au pied nous découvrons les ruines du forum, puis quelques virages plus haut celles du théâtre et après quelques rudes efforts nous pénétrons dans la cité médiévale. En été, les piétons atteignent la "ville haute"par un interminable escalier. Nous posons le tandem pour découvrir l’intérieur de la basilique, son orgue, les stalles, le cloître. Il est près de 18 heures, le soleil rasant chauffe les terrasses des cafés que nous préférons aux boutiques touristiques. C’est le moment de sortir les cartes au 1/25 000ème, nous sommes évidemment tentés par un col perdu mais si proche. Il s’annonce ardu, vu la distance et la dénivelée…  Nous décidons de revenir plus tard pour une visite culturelle et nous nous lançons. Comptant raccourcir, nous nous retrouvons entre vaches,ST bertrand de C ruisseaux et forêt, un peu perdus mais convaincus de rejoindre la route forestière. Bingo ! Dès le départ, le compteur annonce 10% de moyenne, rarement il descendra en dessous de 10. Nous relisons la carte, les virages et la stèle repérés sont encore loin et la pente toujours aussi raide. Il faut attendre la sortie de la forêt pour retrouver un parcours reposant, sur lequel nous pouvons reprendre nos bavardages. L’arrivée au col de Mortis (841 m) est descendante, mais pas d’arrêt, nous poursuivons vers le col voisin. Nous zigzaguons sur une route envahie de millions de mouches, mais qui est  passé par là pour laisser une route dans cet état ? Arrivés au col de Chérach (953 m), nous comprenons mieux. Devant nous, chiens et jeunes gens accompagnent un troupeau vers l’estive. Par plaisir, nos poursuivons sur cette route, qui n’est pas la nôtre, pour accompagner un peu le troupeau. Nous n’allons pas plus loin, il est près de 20 heures. Pour faire une boucle, nous descendons sur une vallée inconnue, la vallée de l’Ourse, des villages inconnus, Gaudent, Sarp et rejoignons la piste verte. Il est près de 22 heures quand nous  entrons dans Saint-gaudens. (70 km...pour une reprise en douceur!)

 

 

Improvisation en Ariège. Avril 2010.

pâques 2010 064  Le volcan islandais nous clouant sur place, voilà notre projet de voyage en Grèce à vélo qui s’envole en cendres volcaniques... En quelques heures, on remplace vélos-sacoches par tandem-remorque. Ça tombe bien, c’est notre préférence et cette fois-ci aucune compagnie aérienne ne nous refusera le départ. Cartes déployées, on réussit à improviser une nouvelle destination en partant d’ici même, destination l’Ariège et l’Aude.

 

Jour 1- Lundi 19 avril : Saint-Gaudens – Col de Péguère (76 km).

Au départ, petite halte dans un  magasin de sport pour assurer notre autonomie : la première nuit est prévue en cabane. Par précaution ne connaissant pas les trois abris repérés sur les cartes, on ajoute à notre chargement un matelas de sol… ce sera un bon choix.

Plus loin, à Mane, on assure notre autonomie en vivres. Il est plus de midi, ventres creux, tout nous fait envie. Règle essentielle du cyclotouriste: ne jamais faire les courses quand il a faim.

A partir de Mane, notre destination est "Saint-Girons". Deux itinéraires s’offrent à nous: le Salat par sa rive droite ou sa rive gauche. Notre choix est toujours letouille même avec  la route la moins fréquentée, la plus bucolique même si elle est plus longue et si elle nous réserve quelques montées supplémentaires. Nous ne sommes pas déçus par la première montée de Touille (qui nous ratatouille), la "côte du vieux chêne" et ses pointes à 10%. Malheureusement depuis la dernière tempête, elle peut être rebaptisée "côte du chêne mort". En haut, halte- déjeuner culturelle, entre manoir et église.

saint lizierPlus tard, la seconde montée pour atteindre la cité médiévale de Saint-Lizier est tout aussi raide. C’est l’occasion d’une pause avec la visite du cloître, dans un concert d’orgue. Saint-Girons est mitoyen de St Lizier, nous cafouillons un peu pour trouver la direction de Rivèrenert.

Il nous reste une vingtaine de km avant le col, certainement les plus difficiles de l’étape. Nous avons déjà atteint le col de Péguère au mois de mars, par le versant Nord, c’était deja rude avec un final enneigé, nous avions dû porter nos vélos. Aujourd’hui on sait qu’il n’y aura pas de neige, mais le panneau au pied du col nous annonce un versant tout aussi raide.

col de la crouzetteAprès l’intersection des deux itinéraires, au-dessus du col de Rille (rebaptisé entre nous "col des Anglaises"),  c’est pour l’un d’entre nous le début du KO. Un mois plus tôt, Serge piochait dans ce col, cette fois-ci c’est mon tour. Quelques bâillements ont annoncé la fatigue.

Avant le col de la Crouzette, on pose pied, Serge, affamé, attaque le stock de barres Gerblé (merci Jeannine), moi je me couche à terre, impossible de repartir, je ne peux ni boire, ni manger, ni parler. On change les postes, mais même à l’arrière je ne peux pédaler. Je termine péniblement à pied tandis que Serge mène notre engin sans peine au col de la Crouzette (1241m) et redescend galamment me chercher. Les coups de fatigue à vélo sont irréversibles, quand la zone rouge est atteinte, même en ralentissant, on n’atteint pas la zone orange.

Au col, un panneau nous indique que notre cabane se trouve à 3,6 km. Les nuages montent, je marche encore et Serge avance sans difficultés, souriant et confiant. Mais je sais qu’il faut absolument quecol de la crouzette je remonte sur notre engin sinon nous serons pris par la nuit et l’orage. Pas question de demander de l’aide, nous n’avons plus croisé de voiture depuis Rivèrenert. Nous passons le col du Pradel (1341m). Puis je pose à nouveau pied à terre jusqu’au col du Portel (1432m). Nous passons la première cabane sans trop la chercher, en espérant que la suivante soit convenable. La descente vers le col de Péguère (1375m) est facile mais glaciale. La cabane se trouve au bord de la route : dôme de pierres sans porte ni fenêtre, une première salle au sol de terre battue, une deuxième salle avec deux bancs de pierre et un petit foyer. cabane col de péguèreIl nous faut prendre une décision : dormir ici ou tenter une troisième cabane au col suivant. Sur la carte, la distance est assez longue.

Au fond, vers l'Ouest, l’orage éclate sur le Valier et plus inquiétant vers la crête, montent en un rapide et violent coup de vent, des nuages menaçants. La décision est aussitôt prise sans mot dire : nous dormirons là. Inutile d’aller se lancer dans une descente délicate sans savoir si la prochaine cabane est plus confortable. Nous avons juste le temps de nous mettre à l’abri, le brouillard envahit le col, l’orage éclate,  nous laissant juste le temps de ramasser quelques branches sèches pour un feu. Finalement cet abri peu engageant se transforme sous la tempête en un abri quatre étoiles. Chacun s’affaire, l’un s’occupe du feu, l’autre du repas.

La pluie s’infiltre et inonde le coin cuisine, mais par chance le coin lit reste au sec. Autour de ce petit feu, on est au sec, c’est du bonheur ! Il est près de 22 heures quand nous nous replions dans nos duvets sur cette minuscule banquette de pierres.

 col de péguère 2

JOUR 2- Mardi 20 avril : Col de Péguère - Puivert (86 km)

Au petit jour, pause contemplative autour de la table d’orientation : c’est uncol de péguère spectacle grandiose sur le majestueux Valier, seigneur du Couseran. La vallée est envahie par la brume. Le soleil caresse la cabane et nous réchauffe pour le petit-déjeuner. Nous nous sentons seuls au monde, en haut de ce col où aucune voiture ne passe.

La fatigue d’hier a disparu et c’est un démarrage facile pour ce matin : longue descente dans la forêt de sapins vers le Col de Jouels (1247m), on y découvre un stade de ski de fond. L’abri y eut été plus confortable pour dormir, mais impossible d’y faire un feu et surtout aucun panorama spectaculaire au matin ! Pas de regret sur le choix d’hier soir. Dans la descente, à la faveur d’un virage,  trois chevreuils nous surprennent et détalent aussitôt. Nous faisons col des marrousune halte au col des Marrous (991m). Il y a 20 ans, j’avais effectué un remplacement dans l’ITEP situé à même le col dans ce décor de rêve. Les bâtiments sont désormais vides, l’ITEP déplacé…

Avant de descendre sur Foix, on choisit un petit détour par une petite route comme on les aime qui, surtout, nous permet de passer par le col del Bouich (598m) et de découvrir au loin le Fourcat qui s’impose dans le panorama.

Pause café à Foix, on en profite pour recueillir à l’office du tourisme quelques adresses d’hébergement sur Puivert. Nous quittons les grands axes pour un détour dans l’arrière pays fuxéen, où grâce aux cartes au 1/25000ème nous enchaînons sans difficultés et sans s’égarer trois cols : Col de Py (525m),  Col de Charcany (571m), Col de Bignères ou de Sarnac (576m). De temps à autres, au loin, je reconnais entre deux collines le château de Montségur, juché sur son pog. Serge veut bien y croire et n’ose me contredire, c’est un endroit que je connais si bien. A L’Aiguillon, impossible de traverser le village sans s’arrêter chez les Camanès. Toute la famille est là, même les jeunes parisiens, encore attablés, on nous offre café et desserts maison, Serge finirait bien le plat… Avant de repartir,  Alain nous pose un dilemme : prendre l’itinéraire le plus simple vers Puivert ou un pluscol du teilcol du teil

 redoutable mais plus grandiose par la forêt de Bélesta. Après l’expérience d’hier, nous choisissons raisonnablement l’itinéraire le plus simple. Et grâce à cette pause réparatrice, on enchaîne les deux derniers cols de la journée sans peiner, sur grand plateau, Col du Teil (576m) et col de la Bourade (685m). La descente sur Puivert rappelle le panorama de cet automne dans le massif de L’Aigoual. L’hébergement se situe au bord de la route, nous y trouvons d’autres cyclistes, d’un autre genre, notre engin est convoité, photographié, jamais attelage aussi long n’avait fait étape au Relais des Marionnettes. Nous échangeons quelques conseils techniques et nous partageons une soirée très agréable grâce au chaleureux accueil des propriétaires.

 

Jour 3 - Mercredi 21 avril : Puivert - Urs (82 km).puivert

Aujourd’hui notre objectif est de nous rendre à Saurat chez Gigi et Fernand. Au départ, la tentation est grande de monter à tandem au château de Puivert, c’est une spécialité de Serge. Mais aujourd’hui l’étape est longue, les petits détours compromis, alors Véro, dame chrono du duo, maintient le cap fixé.

Nous nous dirigeons toujours vers l’Est, pour atteindre le col du Portel (601m) puis nous abandonnons la direction de Quillan pour prendre celle d’Ax-les-Thermes. C’est un itinéraire à notre goût, la route des Sapins, peu fréquentée. Nous passons le col de Coudons col de coudons(883m), traversons le plateau de Sault, les villages isolés d’Espezel et de Belcaire, où il est plus facile de trouver une blonde au bar qu’une baguette du pain !

Le château de Montségur apparaît à nouveau, phare du secteur. Nous avançons de plus en plus seuls, tantôt dans le silence de l’effort ou de la contemplation tantôt embarqués dans de grandes conversations. Mais avant l’arrivée au col des 7col des 7 frères frères (1253m) un jeune cycliste nous surprend en nous doublant, puis un autre et un autre. Nous voici une dizaine, au col, à admirer l’effort et la réussite de chacun. Les jeunes repartent aussitôt, mais nous, moins pressés, prenons le temps d’une photo avant de descendre sur la station de ski de Camurac.

Au col de Marmare (1361m) Serge a repéré un bel itinéraire, celui des crêtes, mais ce serait allonger considérablement l’étape en avançant de croupes en croupes, on continue donc vers le Col de la Chioula (1431m) qui rejoint la vallée d’Ax-les-pâques 2010 055Thermes et l’itinéraire de cet été, avec le redoutable et inoubliable col de Pailhères. Nous déjeunons autour des thermes, il nous reste une trentaine de kilomètres, tout va bien, nous sommes dans les temps. Dans cette vallée étroite nous essayons d’éviter la route nationale en naviguant entre l’Ariège, la voie ferrée et quelques villages. Et dans un moment d’hésitation entre deux routes, nous bloquons notre tandem dans une pente, la chaîne n’apprécie pas et BING, inattendu,  elle casse ! On reste sans voix, dans l’improvisation de ce départ nous avons oublié la trousse de réparation, c’est pas malin. Mais on sait que ce sont les aléas possibles d’un tel périple, alors on cherche la solution la plus facile et on appelle Fernand ! Quelle chance il est là ! Notre attelage le stupéfait par sa longueur, impossible de le transporter, c’est évident, alors on confie pour la nuit l’attelage à un habitant d’Urs et Fernand nous conduit à Foix. Peine perdue à Décathlon, on tente le seul magasin particulier dans la ville, on y restera longtemps, car en vrais novices le vendeur prend le temps de tout nous expliquer, avec pédagogie, sourire et humour. A Saurat, Gigi nous a préparé dans sa nouvelle cuisine un repas à sa façon, succulent, généreux, inimitable… que l’on partage avec leurs petits-enfants Sarah et Lucas auprès d’un feu de cheminée. Soirée souvenirs usféniens et plus,  Fernand nous raconte l’unique exploit à vélo de sa jeunesse : une expédition jusqu’à la mer, sans sacoche, ni remorque, juste une couverture pour passer la nuit à la belle étoile entre ceps de vigne et moustiques !

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Jour 4 – Jeudi 22 avril : Urs – Saint-Gaudens (128 km)

Au petit matin, Fernand nous ramène à Urs, avant de déposer Sarah à Foix. Nous récupérons notre tandem chez M Bergeau. C’est le moment de jouer les mécaniciens, les explications supplémentaires données par la notice nous rassurent et sans difficultés la nouvelle chaîne est mise en place à quatre mains. Nous voilà repartis ! En fin de matinée, nous atteignons Saurat et saluons une dernière fois nos hôtes, qui ne nous laissent pas partir sans un ravitaillement maison. Nous prenons le même itinéraire que cet été, mais aujourd’hui il y a moins de camping-cars. C’est sûr, pas de tour de Francecol de port prévu pour demain. Nous savons que les kilomètres les plus difficiles sont jusqu’à Prat Communal, mais ils nous paraissent interminables. Et dans ces moments-là, chacun calcule la dénivelé, le temps nécessaire, les kilomètres restant, la pente. Notamment quand on est à l’arrière, le nez sur le super compteur, on fait des calculs interminables… ça nous occupe et la difficulté passe sans maugréer.

col de port 2Au col de Port (1250m), une femme sort de son camping-car et nous propose de  nous photographier, elle est aussi cycliste et partage notre plaisir. Un autre cycliste arrive et convoite notre tandem et notre duo. Nous descendons jusqu’au col des Caougnous  pour repérer le troisième versant qui mène au col de Péguère, le plus rude de tous : 3,6 km avec une moyenne de 11,80%.col de péguère 3 On se promet de venir le faire mais plutôt à vélo ! Nous passons le col du Four, le col d’Espiès, Massat, Castet d’Aleu (et son café si singulier). Comme le mois dernier, nous choisissons la route à sens unique, l’ancienne voie ferrée, interdite à tout véhicule nontunnel éclairé. Mais cette fois-ci, nous ne manquons pas d’éclairage ! Serge passe à l’avant, c’est plus prudent : il n’y aura ni casse, ni frayeur ! Il nous reste près de 50 km sur le même itinéraire qu’à l’aller. Pour la première fois, nous croisons des cyclotouristes, madame à vélo-sacoche, monsieur à vélo-couché. Nous roulons bon train, mais chacun a dans sa tête la même idée : s’arrêter sur l’aire sympathique que nous avions repérée à l’aller, au bord du Salat, à Prat-et-Bonrepeaux. L'endroit est paisible, propice à une sieste réparatrice. Mais au réveil, le ciel s'est assombri, nous pourrions avoir la pluie avant la fin de la journée. Alors nous repartons et réussissons à rejoindre Saint-Gaudens en fin d’après-midi sans être mouillés. Quand nous rentrons notre tandem, un déluge de pluie et de vent s’abat sur la ville ! Quel bonheur de partager cette bière sur le canapé ! En quatre jours, nous n’avons rien vu de la Grèce mais nous avons beaucoup appris sur le voyage à tandem et sur nous-mêmes….

 

  

 

COLS d'ASPET. GRANDE SORTIE ALPINE.

 

 Dimanche 4 avril 2010

pâques 2010 005

Cet hiver est vraiment interminable, froid et  humide avec encore beaucoup de  neige qui reste collée sur nos cols.  Et voilà  ce week end de Paques qui approche...

En attendant que cesse la pluie, nous montons notre tandem sur le porte-vélo de la voiture pour nous approcher des hauteurs de St Girons (31).

Départ donc du petit village de  Senguagnet (528m), au pied du Cagire.

Rapidement, après quelques kilomètres, nous voici  au pont de l’Oule, pour y rejoindre  l’itinéraire de la traversée de l’été dernier. Les souvenirs de l’ascension du col de Menté y sont intacts. On se souvient des arrêts,  des passages délicats, du profil démoralisant, de la chaleur qui nous accablait, du passage plus facile au col d’Aspet.

Au carrefour suivant, nous laissons de côté cet itinéraire pour une nouvelle route forestière. La première testée, c’était il y quelques mois en Lozère  déjà un enchantement… Alors nous nous engageons de bon gré, malgré la pluie et les flocons de neige fondue.  Les granges sont ouvertes et bien occupées en ce dimanche de Pâques.  Il  y même une animation sous chapiteau au Plan du Rey. Et quel étonnement pour ces vacanciers de voir monter, à l’heure de l’apéritif, un tandem sous la pluie, sur cette route déserte et sans issue!

Au niveau de "la fontaine des malades", la barrière est ouverte, c’est bon signe. Les premiers lacets sont aussitot raides avec une pente à 8%. Le revêtement se dégrade rapidement mais notre tandem passe partout. Seuls les passages enneigés nous font poser pied à terre : nos pneus lisses patinent, on fait des "burns" diraient nos jeunes ! A l’arrière du tandem, la confiance règne, à l’avant il faut jongler entre trous, branches ployantes, neige, boue.  Du grand art, Véro assure.

Vers 1200m, la seconde barrière est ouverte, nous sommes sur le bon itinéraire. L’arrivée au col d’Artigascou (1364m)  est un tel pâques 2010 015enchantement  qu’il vient l’envie de filmer cet instant magique, entre soleil, neige et nuages. Nous sommes seuls et heureux. Rapidement nous atteignons le second passage avec le col d’Artigaux (1382m).

La descente sur Melles se fait lentement pour éviter passages d’avalanches et refroidissement. Devant, impériale, plein vent , pleine vue sur la vallée  immense et déneigée, Véro conduit et freine avec tact et doigté  notre magnifique engin. 

Vers 900m d'altitude, nous retrouvons une vraie asphalte.

Encore un village désert, on file vers Saint-Béat où on s’attarde au bar pour se réchauffer. Difficile de quitter cet endroit, la fatigue est là, la reprise difficile, il  nous reste encore 3 petits cols pour terminer  en beauté cette journée magique : Col des Ares (797m), Col de Bech (715m) et Col de Buret (589m).

 

 

TOUR DU COMMINGES DU NORD AU SUD 65 km.

 

Samedi 3 avril 2010. Première sortie à tandem après un hiver rude et hostile à toute sortie. Sortie à la journée depuis Saint-Gaudens, direction d’abord Saint-Marcet, à la recherche des gisements de gaz. L’itinépâques 2010 003raire est  très vallonné, c’est excellent  pour chauffer les muscles et réapprivoiser notre tandem. Mais plus on avance, plus on a de la peine à croire qu’il exista dans cet univers rural une épopée industrielle. Grâce aux renseignements d’une passante, on arrive sur  les lieux indiqués « dead zone ». Aucune trace de phalanstère, seuls quelques bâtiments à l’abandon, quatre ou cinq maisons sur une colline, une trace de forage… rien de plus. Un panneau d’affichage à l’entrée du village nous laisse imaginer ce passé, dans lequel des ouvriers immigrants foreurs ont investi le Comminges de Saint-Marcet à Boussens. Après cette halte, nous poursuivons vers l’Est sur les Serres, espérant, comme à notre habitude, trouver un café, mais sur tout le parcours, nous ne traverserons que des villages déserts, aucun compâques 2010 001merce, aucun café! Nous descendons plus au sud et avons un peu de mal à trouver le pont qui nous permet de traverser la Garonne et de rejoindre un itinéraire vélo. Au bord d’un barrage, sur le haut d’un poteau électrique un nid nous interpelle, mais oui c’est bien Dame Cigogne qui nous toise ! De village en village nous filons vers le Haut Commingeois et les Thermes de Barbazan par le col de Hountarède (475m) et regagnons Saint-Gaudens par Sauveterre. Pas de soleil, mais une belle boucle réalisée sans pluie !

 

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Serge Capdessus - dans Vélo
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commentaires

betty 02/05/2010 17:54



Comme il pleut, je navigue et je découvre votre blog. Je connais certains parcours et je suis sidérée de votre courage pour toutes vos sorties. Mille fois BRAVO.



Van der retro 05/04/2010 21:24



Dire qu'il y en a qui s'enracinent dans leur équations alors que d'autre s'usent l'arrière train pour ne trouver que des fragments de solitude...


On fait le même boulot, bande de Rigoloooooo.