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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 18:54

 

 

En juillet et août 2012, s'inspirant des voyages effectués à vélo précédemment réalisés par nos amis Jean Francois Chérel (traversée de l'Australie) et Jean Paul Louis (de Tours à Bucarest), nous avons parcouru les Balkans à tandem et remorque.

Après un aller en avion (ligne Air France) et un séjour de randonnée et de découverte de la Roumanie avec nos amis de l'Usfen 33, nous sommes partis le 20 juillet de Bucarest pour traverser, tout ou partiellement, pas moins de 9 pays: la Roumanie, la Bulgarie, la Serbie, la Bosnie, la Croatie, la Slovénie, l'Italie, Monaco, la France.

 

http://www.facebook.com/pages/Serge-et-v%C3%A9ro/382750075111831

Matériel utilisé:

tandem: Lapierre

charcuterie: Prim

sac de couchage: Sports Aventure Bordeaux

remorque: Bob Yak

sacoche du guidon : Ortlieb Igouassel  Oloron

GPS: Sport 2000 St Gaudens

vin de Noix: Véro

réchaud: camping gaz

téléphones: orange et sfr

pneus: schwalbe marathon

selles: Igouassel.

profiterolles au chocolat: Hôtel des Voyageurs Urdos

casque: Gibanel Jurançon

jaunes: Décatlhon

éclairage: Bonneteau Libourne

sacoches latérales: Gibanel

popote: Sport 2000

porte bagages : Igouassel. Oloron

chargeur: E-werk Cyclable Toulouse

tee shirt: Oudlo. SA.

  

Nombre de kilomètres parourus à tandem de BUCAREST (Roumanie) à LE CABANIAL (France): 2454km.

 

Mercredi 13 juin.

Préparation

Après un repas à l'Hotel des Voyageurs, nous filons à Oloron chez M. Pascal Igouassel notre préparateur technique. Au menu: Formation technique (cables de dérailleur et de frein, plaquettes, guidons...), achat et installation de la sacoche avant et de deux pneus "schwalbe marathon". Don de grands cartons de vélo  pour emballer le tandem, démontage des pédales, démontage des guidons, réglage de la potence...


P1120566.JPG

Mercredi 20 juin

Préparation 2.

Démontage de la bête (guidons, selles, roues...) placage dans un grand carton double. Karrimat, sac de couchage, sacoches fourrés dans le carton

Grand carton scotché et placé dans la voiture.


 

 

Du 8 juillet au 19 juillet.

Voyage en Roumanie, dans les montagnes des Carpates avec un groupe de l'Usfen33.

 

Vendredi 20 juillet 2012

De Bucarest à Georgui (Roumanie).

C'est le départ.

Vers 15h, après un dernier repas bien consistant, nous quittons nos amis de la montagne et de l'Usfen 33 pour prendre, enfin, la route. Nous sommes impatients, fébriles, tendus, heureux de nous lancer dans notre premier grand voyP1120817age à tandem.

Nous quittons Bucarest sans grand problème, les automobilistes sont compréhensifs avec notre grand attelage plus long qu'une voiture. De toute façon, Véro gère parfaitement l'itinéraire avec le GPS qui nous guide imparablement. L'agglomération de Bucarest n'est pas immense et nous en trouvons assez vite l'issue. A partir de maintenant, c'est simple, c'est tout droit, tout plat, tout droit. Aussitôt la chaleur, une châleur forte, pesante, suffocante, nous tombe dessus et nous écrase. Au bout de 2h de route, nous stoppons d'abord dans une station service climatisée puis dans un drôle de motel endormi, à moins 18 km de Georgui. Nous découvrons brutalement l'immensité de l'effort qui nous fait face: dans les bidons, l'eau est chaude et imbuvable, nous sentons la brûlure du soleil sur notre peau exposée.

Voici Georgui notre première ville étape que nous atteignons en fin de journée. Nous traversons la ville, bien plus petite que nous le pensions à la lecture de la carte et à notre grande surprise, nous ne voyons pas le moindre hôtel. C'est une jeune dame, rencontrée par hasard dans la rue, qui nous mène. Vraiment le peuple roumain semble être un peuple accueillant. Nous passons donc la nuit dans cet hôtel pour 200 lei, repas compris. En ce premier soir, le moral est bon mais nous saisissons déjà que la chaleur sera notre principal problème et qu'il faudra absolument  boire beaucoup d'eau le soir et pendant toute la journée.  

 

Samedi  21 juillet 2012

2ème jour

De l'hôtel de Georgui (Roumanie) à la mairie de Lisa (Roumanie).

Lever vers 6h30 départ 7h30. Il fait très beau et heureusement encore frais. Nous roulons alors bon train sur une petite route droite, assez bien asphaltée et pas trop fréquentée en dépassant nombre de petits villages-rue. Nous roulons jusqu'à Bujoru, village animé avec quelques commercesP1120861.JPG. Comme cela fait 2 heures que nous roulons, nous stoppons devant des magasins. Les clients s'y pressent en cette heure matinale. On demande 2 cafés mais  on se trompe, on se croit dans un bar alor s que nous sommes devant une droguerie. Gentiment, une dame va chez elle, nous prépare et nous offre les 2 cafés! C'est cela le charme du voyage à tandem.

Il commence à faire chaud. Alors après la reprise, nous roulons plus lentement jusqu'à Zimnicea, une petite ville d'un millier d'habitant. Aujourd'hui, c'est samedi et en Roumanie comme ailleurs dans le monde, on se marie. Devant nous un cortège nuptial occupe toute la largeur de la route. Tout le monde, mariés compris, marche à pied au son de l'accordéon. Nous quittons à regret ce moment inattendu. Maintenant, il fait de plus en plus chaud, c'est même la canicule, annoncée à la télé, qui nous oblige à stopper dans le parc du centre de Zimnicea. Rapidement des enfants à vélo, viennent nous voir, intrigués par notre attelage. Ce sont des enfants sages, curieux et agréables.

Vers 15 h, on change d'endroit, on passe devant un bar ou P1120865.JPGles hommes sont ravis de voir des françai  s et de nous expliquer le chemin à suivre. Nous reprenons la route, il fait toujours très chaud. Au bout de 10 km, nouvel arrêt au bord de la route, nous nous  asseyons sur un banc, cela ne nous semble pas possible de rouler. Nous passons ainsi du temps avec une mamie roumaine qui nous offre de l'eau. Puis nous reprenons, la route est toujours aussi plate et brûlante, nous n'avancons pas bien vite, la prochaine ville est bien loin. On stoppe alors dans un village, Lisa, où se prépare une noce. Les gens comprennent aussitôt notre problème et sollicitent spontanément le maire du village. Ce dernier n'hésite pas une minute et nous laisse la mairie pour y dormir. Merci à tous ces gens.

Nuit chaude et calme à Lisa (Roumanie).    

88km. 6h de pédalage.   

  

DIMANCHE 22 JUILLET 2012

3ème jour 

De Lisa (Roumanie) à Mizija (Bulgarie). 

Traversée du Danube. 

Réveil matinal dans la salle du conseil municipal. Tout va bien. On mange, on plie et on quitte cet endroit unique vers 7h. La température est idéale pour rouler et nous avalons aiséme nt les premiers kilomètres. Nous atteignons ainsi la bourgade de Turnu Marguele, son parc, sa fontaine et son grandiose monument aux morts. C'est dimanche matin, en Roumanie comme en France, les gens vont à vélo, à pied, acheter un journal, du pain. Nous reprenons rapidement  la route et atte ignons une ville portuaire alors que la chaleur nous écrase P1120868.JPGnettement moins qu'hier. Nous faisons 14km de plus et stoppons dans un nouveau village.  Il fait très chaud, on mange et on se repose à l'abri de grands arbres occupés par de nombreux oiseaux de très petite taille. Il est 13h, je dors, Véro essaie de faire de même. Dans le lointain, des pintades caquettent. Il fait  encore très chaud, mais dans une heure, on devrait repartir.

Dans le village voisin pour se désaltérer, nous stoppons. Nous hélons quelques bikers suédois qui roulent dans l'autre sens, le plus facile, celui de la descente. Cette nouvelle pause nous permet d'arriver, assez, frais à Béchet (prononcer beket). Nous passons devant  le dernier  hôtel, sans le voir, et arrivons au  FerP1120894ryboat. Nous ne savons que faire exactement. Véro achète deux tickets et nous nous dirigeons vers l'embarcadère. Deux jeunes anglais, à vélo sacoches, nous accompagnent sur le bac, ils se rendent en Australie en passant par la Chine, et l'Himalaya... Avec notre parcours d'opérette on se sent un peu petits... Patience, patience... Sur ce bac, il n'y a que des semi-remorques et nos vélos, rien d'autre. Nous arrivons aussi à échanger avec deux chauffeurs routiers serbes. Ici le Danube n'est pas un fleuve, c'est une véritable mer intérieure, tellement il est large. Sa traversée est un moment magique et inattendu, hors du temps. 

Sitôt débarqués, nous quittons à regret nos amis anglais et filons droit devant nous. Nous sommes en Bulgarie, pas d'hébergement en vue. Il est 19 heures et nous avons déjà dépassP1120874é les 120 km parcourus. Nous roulons droit devant nous en longeant le Danube. Nous atteignons Mizija, ville dévastée par la misère économique, nous y trouvons un DAB pour retirer des Lev, la monnaie Bulgare et une épicerie encore ouverte, mais pas de camping, ni d'hôtel. Notre pique-nique dans le parc attire les curieux, tous veulent  nous aider à trouver un endroit pour passer la nuit mais personne ne trouve de solution dans cette ville ou les touristes sont très rares et les structures d'accueil inexistantes... Maintenant la nuit est noire, nous filons vers le bout de la ville pour poser, vaguement inquiets, un camp sommaire dans la cour de l'école désertée en cette période de vacances estivales. 

136 km, 10 heures à tandem 


Lundi 23 juillet 2012.

De Mizijia (Bulgarie) à Vidim (Bulgarie) 

Du bivouac de l'école de Mizijia à l'hôtel Central de Vidim

121 km

4ème jour.

Devant nous, une belle journée de tandem nous attend. Il fait déjà beau quand nous quittons cette école vide en peine période de vacances scolaires après un petit déjeuner rapide mais  consistant. Nous quittons en bonne forme cette petite ville qui n'a pas l'habitude de voir des touristes, à fortiori à vélo, en empruntant une belle route étonnament fréquentée par de nombreux véhicules. Nous gravissons les collineP1120885.JPGs qui surmontent la ville et assez rapidement nous comprenons que ces nombreuses voitures se rendent toutes dans une vaste usine nucléaire implantée sur les rives du Danube. Dès que nous laissons sur notre droite le portail d'entrée de l'usine nucléaire de Kosloduj, nous laissons sur place l'essentiel de ce trafic et retrouvons le calme et le sourire. Nous roulons maintenant pendant une trentaine de kilomètres sur un vaste plateau agricole et désert. Les parcelles ici sont très grandes et exploitées à l'aide de moyens modernes et nous n'y apercevons pas grand monde, même les voitures sont rares. Voici la ville de Lom, sa descente pavée et ses installations portuaires plutôt rouillées et dégradées. Maintenant la fraicheur du matin est bien oubliée ou perdue, nous retrouvons la fournaise des jours précédents. Suivant de loin le Danube, nous allons traverser une longue zone de 40 km environ totalement écrasée par la chaleur et surtout dévastée par une crise économique terrible. P1120870Les villages que nous traversons sont vides, les usines que nous apercevons ne sont que rouilles, ruines et vitres cassées, les cheminées ne fument plus. C'est un véritable spectacle de désolation qui défile sous nos yeux pendant toute cette après midi. A une fontaine de bord de route, nous  plongeons têtes et pieds sous l'eau froide pour ne pas cuire sur place. Une voiture s'arrête, c'est un couple d'ingénieurs de la centrale du matin: les échanges sont directs, chaleureux, intenses...

Finalement nous ne stoppons pas en bord de Danube pour un bivouac et préférons pousser jusqu'à la ville Bulgare de Vidin, importante, animée, touristique, avec de nombreux cafés, commerces et hotels. Le nôtre est parfait même si nous agaçons un peu la patronne avec notre attelage qu'il faut mettre à l'abri pour la nuit. Et ce soir, génial, on mange tous les deux en terrasse en bord de Danube.

 

Mardi 24 juillet 2012.

De Vidin (Bulgarie) à Boljovac ( Serbie)

De l'hôtel de Vidin  à l'hôtel Panorama de  Boljovac.

98 km

5ème jour.

Ce matin nous sommes réveillés, pour la seule fois de notre voyage, par le bruit du tonnerre et de la pluie. Bigre. Je consulte la météo sur internet qui nous annonce 3 jours d'orage... il n'en sera absolument rien. En attendant, il pleut très fort, on va donc déjeuner en attendant que cela passe. Vers 10h, soit 2 heures plus tard, on quitte l'hôtel et la ville ayant revêtu nos coupe-vents jaunes. Nous allons les garder sur le dos pendant 1h30 environ sans essuyer la moindre goutte d'eau et sans jamais les remettre jusqu'à Toulouse. Nous roulons bon train vers l'Ouest pendant une quarantaine de kilomètres sur cette route presque vide qui monte régulièrement jusqu'au col frontière de Vraska Cuka d'une altitude de 400m. Nous quittons la Bulgarie et arrivons en Serbie. Le contraste est saisissant et immédiat, ici le pays a l'air moins pauvre, moins écrasé, moins sec. Les bas-cotés sont aussi nettements moins encombrés de bouteilles, de sacs, de boites et autres déchets...Nous fonçons sans attendre P1120869sur Zajecar, notre première ville serbe. Véro a toutes les peines du monde pour échanger nos derniers billets car ici la monnaie bulgare n'intéresse personne. Là encore, les rencontres avec les gens sont nombreuses et enrichissantes. Sortis de Zajecar nous prenons la route de l'ouest pour traverser une vaste zone de montagnes boisées. La route suit un relief gentiment vallonné avec de bonnes descentes et bien évidemment autant de montées. Mais comme nous avons perdu la canicule de la veille, ces efforts de relief ne nous font pas peur. Nous avalons donc les kilomètres sans savoir comment finira la journée. Alors que nous suivons depuis plus d'une heure un chantier qui refait entièrement la route, au sommet d'une nouvelle bosse, apparait, ô miracle, un hôtel! C'est l'hôtel Panorama (en français dans le texte) qui nous accueille avec le sourire. Un client, certainement un ingénieur du chantier tout proche, spontanément, nous aide à comprendre la carte du menu et les horaires des repas.         

 

Mercredi 25 juillet 2012

De Boljovac (Serbie) à  Tretenik (Serbie)

De l'hôtel Panorama à la station service de Goran

121 km

6ème jour

Juste avant de partir, Véro va remercier le mécanicien auto qui nous a réparé la veille l'éclairage de notre tandem et qui n'a pas voulu qu'on le paye. Nous partons et nous roulons dans un univers de basses et de moyennes montagnes toujours  très boisées en traversant de nombreux villages ou petites villes. Rapidement nous gravissons notre premier col serbe: Cestobrodica 601m après une bonne trentaine de kilomètres mais dans ce pays, apparemment les cols routiers n'intéressent que nous. Au sommet, pP1120949-copie-1.JPGas de cycliste, pas de rando-cycliste, même pas de touriste en voiture ni d'ailleurs la moindre terrasse pour fêter cela. Nous prenons donc une ou deux photos et plongeons aussitôt pour la descente jusqu'à Paracin (prononcer paratchin). Depuis le centre ville nous trouvons une petite route poussièreuse pour éviter l'autoroute toute proche et vers laquelle nous enverraient tous les panneaux routiers. La chaleur revient et nous saute à nouveau sur les épaules. Douze kilomètres plus tard de cette route peu agréable nous piquons sur notre droite pour remonter la large vallée du Zap Morava. Depuis la grande bifurcation de Cicévac nous avons retrouvé trafic dense et gros camions, raison de plus pour ne pas trop s'arrêter. Nous traversons Stalac, évitons la grande ville de Krusevac et P1120936.JPGcontinuons de rouler vaguement inquiets car nous n'apercevons aucun camping, aucun hôtel. Allons nous vers un nouveau bivouac? Comme nous avons déjà dépassé allègrement les 100 km, à l'occasion d'un passage dans une station-service, je me hasarde à quelques questions et découvre un simple mais excellent hôtel-restaurant niché dans les batiments de la station service. "Je m'appelle Goran" nous dit alors le patron, en français, en nous tendant la main. Vraiment on ne pouvait pas mieux tomber. Hop, deux bières bien fraiches, une douche chaude et délassante, une bonne salade et tout va bien, la fatigue de la journée est oubliée.        
 

JEUDI 26 JUILLET

De Trstenik à Pozega

De l'hôtel de Goran à Trstenik (Serbie) jusqu'à l'hôtel Central de Pozega (Serbie)

7ème jour

99,80 km

Avant de partir, on règle la note et on s'aperçoit que Goran nous fait payer la chambre et les achats du soir, normal, mais nous offre en plus les petits déjeuners et la salade du soir!

La matinée est relativement simple, il nous suffit de suivre le fond d'une vallée large et bien marquée en traversant de nombreux villages. Nous évitons la grande ville de Kraljevo et filons sans encombre jusqu'à Cacak (prononcer tchaktchak). Il est midi, on s'arrête pour manger. Une dame, serbe et habitant Toulouse, avec ses enfants, nous propose de dormir chez elle, sans trop savoir pourquoi, on décline cette invitation. Et surprise, la route après Cacak s'enfile dans des gorges serrées et magnifiques dans lesquelles les tunnels sont de plus en plus impressionnants. Dans la  grande majorité des cas le comportement des conducteurs est correct à notre encontre mais dans le bruit et le noir de ces passages souterrains nous avons toujours peur que l'un d'entr'eux ne nous voit pas. Surtout que du fait de ce relief exigeant, la route est souvent bien étroite, avec des bas cotés inexistants.P1120952.JPG
Après donc une après-midi intense, voici enfin la ville de Pozega. Nous y arrivons sans aucune indication pour trouver hébergement ou camping ou hôtel, quand nous sommes abordés par 3 jeunes enfants eux aussi à vélo. Ils nous informent qu'il n'y a pas de camping à proximité et qu'il n'y a qu'un seul hôtel en ville. Après avoir obtenu notre accord, ils nous accompagnent jusqu'à l'entrée de l'hôtel, en nous faisant prendre un itinéraire sympathique à travers les petites rues du centre. A l'arrivée, ils disparaissent sans rien nous demander, même pas le temps de leur offrir une glace... En roulant, nous avons aperçu un atelier de réparation de vélo. Sitot pomponnés nous nous y rendons pour parler technique. Notre tandem fait en effet entendre un bruit alarmant sur la roue arrière. P1120947.JPGNous découvrons les coulisses d'un atelier professionnel, bien particulier et des gens très sympathiques. Le verdict tombe: c'est la roue libre qui risque de lacher, il faut la changer. Avec nos 9 vitesses et nos rayons particuliers, nous sommes bien mal partis pour une réparation compliquée dans cet atelier de bout du monde. On attend, on se rassure comme on peut. Je téléphone en France, on nous offre du café, on attend, il va faire nuit et demain comment faire? On attend encore et puis soudain après une première tentative, voilà, tout est remonté, arrangé et notre tandem est remis sur roues. Nous n'en revenons pas mais la réalité est bien là. Nous fondons alors en remerciements surtout que le patron ne nous fait payer que le prix de la pièce sans compter la main d'oeuvre... Nous finissons cette journée peu commune au restaurant de l'hôtel où nous mangeons tous ensemble: l'ouvrier, le patron, la patronne, Véro et moi. Le repas, complet, se termine avec la Mirabelle de Jean  Paul, il y a des fondamentaux à ne pas oublier.    


Vendredi 27 juillet 2012.

Pozega (Serbie)

8ème jour

Journée de repos

Mais ce matin, au réveil, on s'aperçoit rapidement qu'il n'est pas possible de reprendre la route, trop de fatigues, trop de douleurs, trop peu d'énergies, trop peu d'envies. Pas besoin de réflechir longtemps, il n'y a pas d'autre solution. Nous restons donc toute la journée dans cet hôtel magnifique et dans cette ville accueillante, à récupérer, à dormir, à manger, à se promener et à échanger avec nos amis serbes de la ville.  Une halte bienfaitrice et réparatrice indispensable. 


Samedi 28 juillet 

De Pozega à Visegrad
De Pozega (Serbie) au bivouac de bord de lac après Visegrad (Bosnie).

9ème jour.
100km

Départ de l'hôtel vers 8h10 après une bonne journée de récupération. Nous reprenons la route pour la ville d'Uzice. C'est une route large et très fréquentée, roulante, pendant 24 km. Nous ne nous arrêtons pas dans cette ville car il est encore tôt et filons vers l'ouest en traversant rapidement un centre historique fait de cascades étonnantes, de fortifications anciennes et de terrasses attirantes. P1120957.JPGDès la sortie de la ville, la montée est rude avec du 5 ou 6% environ mais pas d'autre choix possible donc nous roulons et nous roulons encore. Soudain une bifurcation vers la gauche, tout le trafic file alors vers une destination inconnue, nous ne nous en plaignons pas. Nous nous retrouvons sur une belle route de montagne ensoleillée et peu fréquentée. Un tunnel assez long nous fait alors basculer dans une autre vallée perdue pour une descente longue et reposante... Quel dommage que ce passage en hauteur ne soit pas un col répertorié. Puis, nous passons, trop vite, à Mokra Gora avec ses belles maisons en bois que nous apercevons de loin. Soudain voilà la frontière avec la Bosnie. Aucun signe apparent de tension entre ces deux pays qui se sont faits une guerre terrible il y a juste 20 ans. Les paysages qui nous entourent sont des paysages de moyennes  montagnes très boisées. P1130019.JPGAprès quelques kilomètres et les premiers tunnels, nous arrivons à Visegrad, ville martyre de la dernière guerre. Les traces des combats sont encore bien visibles sur les facades des immeubles. Nous roulons sur le pont, achetons quelques marks et filons vers Sarajevo. Nous laissons de coté plusieurs motels et la route nous surprend car elle file maintenant sur l'autre rive du cours d'eau qui se transforme rapidement en un immense lac enchassé entre de hautes falaises. La route est alors une vraie route italienne avec une succession de tunnels et de viaducs. Pas de motels, pas de village non plus. Soudain, sur la route, un contrôle radar avec des policiers bosniens. L'endroit est magnifique, calme en bord de lac. Nous nous enhardissons, franchissons une barriere interdite, demandons leur avis aux policiers et décidons de bivouaquer dans cet endroit incroyable. Nous sortons le camping gaz et les duvets mais pas la tente. Ce soir au bord du lac, c'est la beauté  absolue, tout va bien, Véro semble avoir récupéré et les bosniens de la République Serbe de Bosnie, propriétaires de l'endroit, non seulement nous laisser camper chez eux mais en plus, nous offrent une bière bien fraîche, vraiment, on a bien fait de venir...

 

Dimanche 29 juillet 2012

De Visegrad à Mokro.

Du bivouac de bord du lac de Drina (Bosnie) à l'hôtel de Mokro (Bosnie).

90km

10ème jour

Le départ est légèrement retardé suite à un mineur blocage de chaine. "Mais le beau Serge, vrai magicien remet la chaîne et l'on peut repartir!" Rapidement nous roulons sur la belle route large et asphaltée, probablement construite par des ingénieurs italiens car ce n'est qu'une succession ininterompue de viaducs et de tunnels. A gauche, c'est toujours le lac et ses eaux bleues et magnifiques et à droite, c'est la montagne, la falaise, la paroi. Nous traversons ainsi pas moins de 33 tunnels et autant de viaducs. Le moment est incroyablement beau, dense, émouvant même si nous ne sommes pas vraiment sur un terrain à vélo.  Nous roulons au coeur de paysages montagneux toujours très boisés à l'habitat dispersé. Régulièrement nous y voyons des maisons, isolées ou pas, qui ont été mitraillées, incendiées, abandonnées. Certainement des restes de la guerre de 1992 mais je suis étonné qu'on laisse encore debout ces ruines d'un plus mauvais goût, ne serait ce que pour les gens qui vivent à coté tous les jours... P1130032Après Rogatica, nous empruntons une belle route pas trop fréquentée mais qui nous réserve de longues montées harassantes et dessechantes. Dans ce paysage rural avec de nombreuses exploitations de bonne taille, les points d'eau restent rares, le sol de ce pays rude et isolé est calcaire en grande majorité. En cette fin de journée, le niveau dans nos bidons étant au plus bas, nous sommes obligés de demander de l'eau à des particuliers dans leur jardin, eau qu'ils nous offrent bien gentiment. Et soudain voilà qu'enfin notre route se décide à descendre. Ce n'est pas un col repertorié mais nous plongeons alors dans une superbe descente de plus de 5 km jusqu'au village de Mokro. Le patron de l'hôtel nous y explique que nous sommes dans la République Serbe de Bosnie, j'ai du mal avec l'organisation politique de ces pays de l'ancienne yougoslavie, faut que je lise pour comprendre.     

 

Lundi 30 juillet 2012.

De l'hôtel de Mokro (Bosnie) au camping de Vitez (Bosnie).

"Sarajevo"

95 km.

11ème jour.

Nous quittons l'hôtel de Mokro satisfaits, ayant bien récupéré après une bonne nuit de sommeil. Aussitôt la route est agréable avec de l'air frais et une circulation acceptable. Quelques tunnels plus tard, soit 17 km environ, nous plongeons sur Sarajevo, la capitale de la Bosnie. Le hasard nous mène aussitot dans le centre historique et touristique, c'est une vraie merveille. Merci à Véro d'avoir insisté pour passer et s'arrêter dans cette grande ville historique. Nous trouvons une carte de la Bosnie, rencontrons de jeunes touristes français et après un petit café bien apprecié. Nous quittons cette ville bien plus accueillante que nous le pensions auparavant: dans les rues les traces d'un islamisme radical sont très rares, les femmes sont vêtues décemment, on voit leurs jambes, leurs cheveux, leurs sourires, leurs mains, les hommes ne sont pas barbus, sont vêtus à l'occidentale et boivent de la bière dans les nombreuses terasses du centre ville. Pour nous c'est une joie et un soulagement. Apparemment l'intégrisme religieux dans ce pays ravagé par la guerre il y a juste 20 ans, n'a pas de place. Puis c'est la sortie de la ville avec de grandes avenues modernes ou la circulation se densifie rapidement. Les rames de tramway sont très bariolées, Véro au guidon de notre attelage n'a pas le temps de les apprécier. Après une bonne dizaine de kilomètres, soudain, sans la moindre possiblité de sortie, nous nous retrouvons sur une voie rapide puisP1120921 sur vraie autoroute! Argl, pendant plusieurs kilomètres on serre les dents et les fesses car les véhicules qui nous doublent roulent très vite. On aime bien les autoroutes à la seule condition c'est qu"elles soient sans voitures. Oh, mais miracle, voici en bord de route, une station service, on stoppe, on nous y rassure:  "oui c'est une autoroute, oui, c'est dangereux, oui c'est la bonne route, non il n'y a pas d'autre possibilité...".

Nous quittons peu à peu l'agglomération moderne de Sarajevo pour nous retouver sur une route à bonne circulation. Les villages se suivent presque sans discontinuer. A Rakovica, nous stoppons pour manger notre repas de midi sous un arbre. Tout le monde, plutot étonné, nous salue et un homme vient parler avec nous. Il ne parle pas francais et nous ne connaissons pas un mot de serbe mais on arrive à se comprendre et à échanger. Content, il nous offre une tomate et des pommes de son jardin.

Après le repas, c'est un petit col à lacets serrés qui nous surprend, la suite est vraiment facile et roulante. A 20 km environ de la fin de l'étape, on s'arrête devant une petite épicerie pour acheter et boire tout de suite lait et jus de fruit, et là encore on échange avec des gens qui ne parlent même pas français.

Et nouvelle bonne surprise à Vitez, petite ville au pied de plusieurs stations de ski, nous trouvons notre premier camping. Nous y sommes seuls. Au restaurant tout proche nous dégustons des bières en regardant, à la télé, des français gagner des médailles olympiques de natation. La vie est ce soir, simplement géniale!

 

Mardi 31 juillet.

12ème jour

Du camping de Vitez (Bosnie) à l'hôtel de Mrkonjic Grad (Bosnie).

"Au coeur de la Bosnie".
Départ 7h30. Notre forme est bonne. On se lance gaiement dans cette nouvelle étape: devant nous des kilomètres casse-pattes avec des reliefs qui montent et descendent sans arret. Toute la vallée est encore très marquée par la guerre (facades criblées, maisons détruites, incendiées) avant d'arriver au col Komar 927m.  Au restaurant du col nous buvons café et bière, la totale! Nous descendons sur la ville de Donjivaku en longeant un torrent décoré de quelques canoes. Après un arrêt repas dans une maison récemment construite, nous arrivons à Jajce. Nous apercevons en pleine ville, un site étonnant fait de cascades et de grottes mais bêtement je ne trouve pas d'endroit pour stopper alors que terrasses, glaces, cafés, chouèpses etc nous tendent leurs bras. Le café devant lequel je me décide à mettre pied à terre, n'est qu'un banal bar de routiers, loin de tout, avec vue sur rien et une musique aussi hurlée que nulle. Vraiment la classe, Véro apprécie mes choix à leur juste valeur. Heureusement après une bonne petite montée nous retrouvons un paysage magnifique de tunnels, de ponts et de belles vues sur le lac tout proche.
Et ce pendant une trentaine de km. Nous plongeons maintenant vers Mrkonjic Grad situé juste au pied de la montagne. Comme à Pozéga, la ville a une certaine importance et comme à Pozega, ilP1130086.JPG n'y a qu'un seul hôtel. Nous le trouvons mais Véro a du mal à comprendre ce qu'on lui dit, ses progrès en Serbe ne sont pas bien spectaculaires, mais au final, tout se passe bien même si l'eau de la douche est juste presque tiède. Les traces de la guerre sont ici nombreuses et visibles sur les murs extérieurs et aussi à l'intérieur avec tout le deuxième étage de l'hôtel, aujourd'hui encore, inutilisable. Après la traditionnelle bière de fin de journée, nous mangeons en ville dans un petit restaurant ou un client qui ne parle que le Serbe et l'Allemand tient à nous offrir un verre d'eau de vie. Nous acceptons avec joie.  
 

Mercredi 1er août

13ème jour.

De Mkronjic Grad (Bosnie) à Ripac ( Bosnie).

De l'hôtel de Mkronjic Grad au bivouac de Zoltan à Ripac.
Ce matin, il nous faut d'abord sortir de la ville, défendue par une montée raide qui nous lâche en contrepartie de nos efforts, de belles vues sur la vallée. Comme tout va bien, après une nuit à l'hôtel, nos muscles sont frais et encore souples. Nous roulons bon vent sur une route moyenne peu fréquentée. Nous parcourons ainsi une bonne trentaine de kilomètres qui nous séparent de Kljuc que nous traversons aussitot pour attaquer l'ascension d'un nouveau col. La pente n'est pas trop raide, plutot régulière même et les grands arbres qui bordent la route nous offrent souvent une ombre salvatrice. Soudain, ô surprise, voici déjà le panneau du col, génial, on ne l'entendait pas de sitôt. Mais rapidement un doute s'insinue dans notre tête car la route continue à monter. Nous nous rendons à l'évidence, ce n'était qu'un mirage, un faux col, un décor de carton: le vrai col est bien plus haut. Les ouvriers de La DDE locale ont planté ce panneau au hasard sur cette pente et d'ailleurs qui est ce que cela intéresse, à part nous, de savoir où est exactement le col? Donc après cette fausse joie, il nous reste plus qu'à appuyer et appuyer encore jusqu'au vrai col, boisé, calme et frais. Col Laniste 717m.  Nous sommes absolument seuls. De nombreux panneaux rouges, "attention mines", nous déconseillent fortement de nous éloigner du goudron. P1130096.JPGIci la guerre a fait beaucoup de ravages et nous pensons une fois encore aux conditions de vie, probablement terribles, de ces gens qui vivaient dans des fermes isolées pendant ces années de guerre. Très rapidement nous quittons le monde de la forêt et de l'ombre pour basculer dans celui du soleil, des cailloux et des immensités. Pendant ainsi plus de 60 km nous allons traverser un seul type de paysage celui du polje. Le polje est un vaste plateau calcaire denué de tout réseau hydrographique apparent. La route est sèche, brûlante, éblouissante et heureusement plutot en descente. Nous parcourrons ainsi au fil de cette après midi de vent et de soleil, toujours le même paysage sans jamais apercevoir le moindre point d'eau, le moindre cours d'eau. A midi, on stoppe à l'ombre d'un sympathique chêne qui nous offre son ombre et son calme en échange de notre reconnaisssance. Malheureusement quelques voitures qui passent de temps en temps nous empêchent de sombrer dans un profond sommeil. Sur la fin de cette traversée  un peu hors du temps, nous croisons trois cyclistes (deux américains et un bosnien) qui montent eux vers le désert que nous venons de parcourir. Après quelques échanges en forme d'encouragements nous poursuivons notre route. A proximité de la grande ville de Bihac (prononcer bihateche), nous stoppons près d'un bar que l'on pense être aussi un  camping. En réalité il n'en est rien, Zoltan le patron est un malin. Nous bivouaquons donc dans le jardin du bar restaurant de Zoltan, non sans avoir, enfin, mangé du cochon grillé.

 

Jeudi 2 août 2012

14 ème jour de notre voyage

De Ripac à Otocac.

Du bivouac de Ripac (Bosnie) au studio d'Otocac (Croatie).

A 7h dans notre vrai faux camping, tout le monde dort. Nous quittons rapidement cet endroit magnifique pour rouler bon train jusqu'à Bihac, dernière ville bosnienne.  P1130106.JPGBrève halte en ville pour acheter quelques vivres. Puis c'est la montée sévère mais courte jusqu'au sommet du plateau pour franchir la frontière avec la Croatie. Les deux postes frontières sont étonnamment proches l'un de l'autre pour 2 pays récemment en guerre. Voici donc la Croatie. Immediatement le trafic change et les installations touristiques apparaissent. Véro s'est bien renseigné et nous laissons sur notre gauche la route principale pour prendre face à une belle auberge une petite route interdite à la circulation. Sommes nous un vrai véhicule? Nous n'en savons rien. Cette petite route traverse le Parc National de Jezera pour quinze kilomètres absolument magnifiques dans un silence absolu au coeur d'une forêt épaisse. C'est un moment de calme et beauté absolument extraodinaire. Nous découvrons une vallée préservée ayant connu une occupation humaine depuis très longtemps, avec ces hameaux, des fermes en bois, un moulin sur la rivière et pas mal d'animaux domestiques dans les champs marécageux du fond de vallée. Vraiment un détour en forme de raccourci qui valait le coup d'être vu. A la sortie de cette petite route, nous retouvons logiquement la grande, la chaleur et le soleil. Sur le bord, une vendeuse de miel nous attire. Pour fêter cela nous franchissons rapidement le Cudin Klanak 798m, notre premier col croate.P1130105.JPG Revoilà le paysage du polje toujours aussi chaud et sec que les précédents, toujours descendant.   Mais pendant toute cette après midi au milieu de ces paysages magnifiques et isolés, notre tandem fait entendre un bruit inquiétant, comme un grincement de porte ancienne, qui retentit à chaque coup de pédale... Après une belle descente, les cheveux dans le vent, nous atteignons la ville d'Otocac. "Là! une station service, vite, arrête toi!" Nous commençons pas passer un bon coup de jet deau à notre bête qui en a bien besoin quand un allemand, nous sentant embarrassés, vient nous voir et s'aperçoit que les rayons de la roue arrière sont détendus. Aussitot il les resserre et découvre que la jante est fendue en plusieurs endroits! Bigre, que faire? Surtout que Hans nous déconseille de rouler longtemps comme cela. En tous cas, merci à notre ami germain pour cette aide spontanée. Nous reprenons la route juqu'au centre ville pour  d'abord essuyer un refus chez un vendeur de vélo et ensuite pour choisir une chambre (en réalité un studio) pour la nuit. Pour le tandem, on verra demain.

 

Vendredi 3 août.

15 ème jour

"Génial, voilà la mer!"

Du studio d'Otocac (Croatie) à l'appartement de Riejka (Croatie).

Nous avons passé une très bonne nuit dans cette zimmer privée, calme avec beaucoup de légumes dans son jardin mais Véro m'a interdit d'en manger... Pour soulager la roue malade, nous mettons les sacoches sur la remorque et filons rapidement droit devant nous. Dès 8h15, nous attaquons les premières pentes d'un beau col croate assez élevé mais avec des pourcentages pas trop méchants. La circulation se densifie par moment mais la route reste assez large pour éviter tout danger. Au bout d'une vingtaine de km, dans un paysage de belles collines montagneuses et boisées, c'est une premiere alerte: la roue arrière grince anormalement et à nouveau. Nous stoppons. Véro (c'est le mécano de l'équipe) ressere les rayons, avec sa clef magique, qui se sont déjà relachés. Nous reprenons la route, Véro préfère dans un premier temps courir à coté de moi, pour alléger la machine mais devant l'immensité de la tâche, au bout de quelques centaines de P1130109.JPGmètres, logiquement, elle remonte sur le tandem. Encore quelques kilomètres d'efforts et nous apercevons la superbe et immense Mer Adriatique juste avant d'atteindre le 

col d e Vratnik 694m. Au sommet, la vue est magnifique sur la mer, mer que nous n'avons pas vu depuis très longtemps. Au col bien sur, du monde, du bruit, des voitures, mais pas de café. Nous y rencontrons quelques français et c'est le grand plongeon vers la côte. Une descente incroyable, longue et belle jusqu'à la petite ville de Senj, petite ville de  bord de mer avec des terrasses bondées, grouillantes, un fort majestueux et des jetées immenses. Vraiment, on se croirait à Socoa. Bien évidemment, on ne trouve rien pour réparer notre tandem. Après une bonne halte à l'ombre, sur le port avec de nombreux poissons visibles dans les eaux, nous reprenons la route non sans avoir appelé, en vain, Maif Assistance. Il fait très chaud et même si la route est cotière sur la carte, en réalité elle nous lâche dans les mollets de bonnes pentes  alors que la chaleur atteind des sommets. Les kilomètres défilent lentement comme les beaux paysages car la mer reste toute proche de nous. Partis ainsi pour  67 km de plus, nous faisons une première halte dans un village de plage. Verre à la terrasse et bain dans une eau très chaude. Ici un quai en béton remplace la plage de sable et on arrive dans l'eau en descendant à une courte échelle, les immenses plages landaises sont bien loin. Puis, bien refroidit par ce bain si agréable, nous repartons. Les belles descentes se font rares et la circulation de plus en plus dense. NP1130101.JPGous stoppons encore une fois dans un bar pour terminer cette après midi de roulage torride. Le relief est maintenant de plus en plus torturé, on descend quand on croyait monter et inversement. Et surtout, nous roulons avec une circulation totalement saturée, il est donc impossible de s'arrêter, ne serait ce qu'une minute pour prendre une photo. Il faut comme toujours avancer et avancer encore. Voici enfin l'entrée de la ville et surtout l'ombre. Riejka est une grande ville de plein été. Grâce à Véro, encore, nous trouvons un atelier de réparation pour le tandem et filons à pied, affamés, dans le centre-ville pour une nuit en appartement privé.

 

Samedi 4 août 2012.

16ème jour de notre voyage
De Rijeka (Slovénie) à Sistiana (Italie)

D'un studio de Rijeka (Slovénie) au camping de Sistiana (Italie).

97 km.

Cette nuit, à 4h du matin, des jeunes hurlaient sous notre fenêtre mais au lever, tout va bien, tout s'est calmé. Nous allons chercher notre tandem et, nouveau miracle, à l'heure prévue, ce dernier est prêt. La jante de la roue arrière est changée. Tant mieux, on nous explique aussi qu'il va falloir changer, en France, l'ensemble de l'axe de la roue arrière.

Nous quittons rapidement la ville de Rijeka en remontant un large boulevard rectiligne, puis, la route de Trieste qui nous intéresse, quitte la côte et monte dans les terres. Il est deja 10 h, la réparation du tandem nous a couté du temps, il fait déjà chaud et nous stoppons logiquement à la terrasse d'un bar pour un dernier café croate. Bien rassasiés par cette belle pause, nous n'avons que peu de mal à continuer notre progression sur le plateau tout proche. Peu de circulation, de l'ombre, tout va bien. Nous avalons les kilomètres qui nous font face sans trop de difficultés. Soudain, un restaurant, il est 13h, nous y stoppons pour un excellent repas de cochon, de salades, de bières et de grappa (offerte par la maison). Quelques kilomètres de plus et nous passons au dessus de l'autoroute pour continuer à monter.P1120949.JPG Et là, grosse surprise, l'autoroute est totalement saturée par un énorme embouteillage. Nous allons donc croiser une file continue et arrêtée de voitures qui essaient de descendre vers la mer. Nous doublons et croisons de très nombreuses voitures, chaque fois que nous apercevons des français, nous leur faisons un petit signe avec une référence à leur ville ou à leur département. C'est ainsi que nous arrivons à la frontière croato-slovène, elle aussi totalement saturée. J'essaie de prévenir les français que nous apercevons mais je crains qu'ils n'aient pas d'autre alternative que de patauger dans ce piège brûlant pendant des heures encore. Nous avons maintenant devant nous 40 km environ de terre slovène à traverser mais ces  échanges avec tous les français croisés nous ont beaucoup amusés.La fin est magnifique, cela tire un peu dans les cuisses avec toujours cette chaleur formidable de ce soleil pas encore couché. Enfin nous passons à l'ombre et alors que nous n'y croyons plus, voila Trieste qui s'annonce après une superbe descente de 540 mètres de denivellé.

Il est trop tôt pour s'arrêter, nous filons donc aussitot en prenant la route de bord de mer, très fréquentée et en cherchant vaguement un camping qui ne viendra pas. Nous longeons la plage, la mer d'un bleu parfait est toute proche. Au bout de quelques kilomètres, je n'y tiens plus, stoppe l'attelage et file me tremper. C'est génial malgré les rochers, les crabes et les vagues, j'y resterai bien longtemps, la journée n'est pas encore terminée car nous n'avons toujours pas d'endroit pour dormir. Après une bonne dizaine de kilomètres sur cette route magnifique de front de mer, maintenant presque déserte, nous trouvons un petit camping calme et accueillant. Fatigués, nous bivouaquons sans monter la tente.

 

Dimanche 5 août 2012.   

17 ème jour de notre voyage.

Du camping de Sistana (Italie) à celui de Caorle (Italie).

Malgré les trains de la ligne toute proche, la nuit a éte douce et réparatrice. Nous quittons le camping vers 8h15, l'heure habituelle. Il fait toujours aussi beau et nous prenons la direction de Venise distante de 149 km depuis Riejka. Mais hélas nous ne retrouvons pas la belle route cotière de la veille et filons sur une route nationale calme et intérieure mais sans charme. Ce sont des paysages classiques de campagne avec champ de maïs et de jardins particuliers qui défilent sous nos yeux, peu de pentes, quelques descentes et du plat. Comme nous sommes un dimanche matin, beaucoup de commerces sont fermés. Alors nous roulons. Soudain c'est une petite surface qui nous accueille pour quelques courses. Malgré cette halte, il fait encore trop chaud, nous stoppons à Nogano dans une vaste zone magnifique, aménagée parcourue par de nombreux canaux, ressemblant au Marais Poitevin. L'endroit, fréquenté par les cyclistes est calme et reposant avec toute cette eau, canalisée par de nombreux siphons, canaux et autres bassins communicants. Véro récupère et les nuages accumulés au moment de notre arrêt, disparaissent peu à peu. Finalement, nous ne dormirons pas à Venise ce soir, nous couperons certainement en deux cette étape trop longue surtout qu'en pleine nouvelle ligne droite, écrasée de chaleur, c'est la roue de la remorque qui nous stoppe avec une crevaison, la seule de tout notre voyage. Nous réparons à l'ombre des chais d'une grande ferme agricole, achetons du vin rouge et repartons. Bien évidemment quand nous arrivons à , c'est pour s'apercevoir qu'il n'y a pas de camping et que nous devons rouler encore et encore pendant plus d'une trentaine de kilomètres. La fin de  la journée est difficile avec la nuit qui tombe et des campings de plus en plus loin de nous. Apres avoir  bien pédalé, cherché, galéré nous atteignons enfin, à la  nuit noire, un immense camping surchargé, saturé, bruyant ou l'humanité semble avoir régressé. J'ai la certitude de vivre dans "Soleil Vert" le film de science-fiction des années 70 rattrapé par la réalité. A l'accueil où je vais payer, il est plus de 22h, on me met un bracelet rose au poignet, pour des raisons obscures de sécurité. Un mois plus tard, quand j'écris ces lignes, il y est toujours. Six mois plus tard, quand je corrige encore ces memes lignes, il y est toujours. Nous nous installons sur un vague coin, au milieu de tout le monde, sans interêt, ni vue, ni intimité. Epuisés, nous ne montons pas la tente et dormons dehors, attaqués par les moustiques venant des canaux tout proches.   

 

Lundi 6 août 2012.

Du camping de Caorle (Italie)  à celui de Jesolo (Italie)

VENISE!

18ème jour

Aujourd'hui, c'est encore un grand jour, celui de la visite de Venise. Nous quittons au plus vite et au plus tôt ce drôle de camp qui a l'air moins angoissant avec le jour. Nous retrouvons la densité du trafic italien qui interdit toute erreur de conduite et filons bon train sur ces routes plates et rectilignes. Visiblement nous approchons de la lagune. Véro me fait aussi remarquer que les parcelles cultivées sont immenses et de grande qualité, ici tout n'est pas tourné vers le tourisme, il reste aussi beaucoup d'agriculture. En une bonne trentaine de kilomètres,nous arrivons à Jesolo. Au hasard, nous choisissons un camping. Notre choix se révèle être le bon: nous y rencontrons des gens simples, gentils, accueillants, modestes avec lequels nous passons d'excellents moments.P1130198.JPG

Dès le début de l'après midi, nous laissons à regret notre tandem au repos et filons en bus et bateau vers Venise, l'un des plus beaux endroits humanisés du monde. Une heure environ de trajet pour arriver au coeur de cette merveille. Nous ne sommes pas déçus, l'endroit est aussi beau, aussi extraordianaire, aussi incroyable qu'espéré. Il y a du monde mais pas suffisamment pour nous empêcher de bien profiter de tout. Nous regardons, apprécions, aimons tout, tout, tout: les ponts, les canaux, les magasins, les églises, les cafés, les statues, les gondoles, les masques, les bijoux, les bateaux, les pigeons, les vues, les monuments... Nous passons donc une après-midi extraordinaire et reposante. Le retour en bateau à travers la  lagune et un repas superbe dans un restaurant simple mais chaleureux nous comblent de joie.
 

Mardi 7 août 2012

19ème jour

Du camping de Jesolo (Italie) à la gare de Trevise (Italie)

Ca y est, nous avons réalisé notre objectif: Aller à Venise à tandem! Très bien, parfait et maintenant que faisons nous? Nous commençons à réfléchir à cette question inattendue quand notre voisine de camping nous fait signe. Avec sa petite cafetière italienne elle a préparé un café pour nous. Le moment malgré la barrière de la langue est court P1130262.JPGet chaleureux. Passent d'autres personnes qui fascinés par notre attelage, viennent,  nous interrogent, nous encouragent, nous saluent. Vraiment si cela continue, on va avoir du mal à quitter cet endroit. Vers 10h environ, non sans mal on y parvient enfin. Nous prenons la route, saturée de voitures de vacanciers qui tournent tous ou presque, autour Venise. Nous roulons droit devant nous sans trop savoir ou nous allons. Dans la ville de Trevise, nous atteignons la gare. Sans trop savoir pourquoi nous demandons un billet pour la France. Heureusement, on ne peut réserver que le trajet Italien. En trois gares et autant de trains nous arrivons à Vintimmille  après une après-midi de roulage. Il est 1h du matin, nous buvons une dernière bière et sombrons dans un sommeil profond, épuisés, couchés à même le quai de la gare.   

    

Mercredi 8 aout 2012.

20ème jour

De la gare de Ventimille (Italie) à Puget sur Argens (France. Var)

A 6h du matin , nous dormons et manquons donc notre train. Cela ne fait rien, nous prenons le suivant. A Monaco, nous sentons bien que notre passion ce n'est pas le train mais le tandem, nous descendons. Nous posons alors les pneus dans cette ville d'argent et de célébrités. Nous prenons un café sur l'avenue de la princesse Caroline, ça envoie du bois, rencontrons un chauffeur de taxi indien qui a passé la nuit dans son 4x4  à attendre Baugé le médaillé olympique qui fêtait sa médaille dans des boites de nuit de la ville...Vraiment ce sport dit de haut niveau ne me plait pas. P1130242.JPGNous rencontrons aussi quelques monégasques normaux qui vont travailler et retrouvons la France sans trop s'en apercevoir. Le parcours de toute cette journée est maintenant simple et superbe mais aussi torturé et exigeant. Nous filons bon train en essayant de suivre au plus près le front de mer, mais cela n'est pas toujours simple car bien souvent les panneaux routiers essaient de nous ramener vers les axes principaux. Voici le col de Beaulieu 17m et le  col de Villefranche 149m, juste avant de plonger sur Nice. Le ciel est d'un bleu limpide parfait et nous prenons le temps de bien apprécier ces paysages urbains et marins, vraiment magnifiques. A Cagnes nous mangeons apres avoir une fois de plus, plongé dans la Méditerrannée toute proche. La route continue à suivre fidèlement les flots. Bien sur il y a des barraques à frites et des parkings sans allure mais l'essentiel de ces paysages, urbains et rocheux, marins et montagneux, rouges et bleus, fréquentés et déserts, nous comblent de joie. Heureusement que nous ne sommes pas restés dans le train. Au coeur du massif de l'Estérel nous franchissons le  col de l'Esquillon 83m, juste avant d'attendre Fréjus. Véro connait bien l'endroit, elle y a passé des heures de bonheur pendant sa jeunesse et nous trouvons à Roquebrune, un camping accueillant.

 

Jeudi 9 août 2012.

21ème jour de voyage

De Roquebrune à Brignolles.

Belle étape de vélo de montagne.

Le départ est tardif ce matin, les cuisses sont un peu douloureuses au réveil. Après quelques raccourcis dans la pinède nous arrivons à Roquebrune sur Argens petite ville au passé historique très riche si on en juge par les maisons et autres batiments du centre  ville. Nous y faisons comme toujours achats et rencontres. Nous prenons ensuite une petite route qui grimpe dans la montagne. Un superbe itinéraire remontant de vastes pentes boisées aux essences multiples et variées: mimosas, chênes liège, chataigniers, pins et sapins... Nous en profitons pour gravir 3 jolis cols au fil de cette montée: P1130038d'abord le Col de Valdingarde 392m puis plus loin le Col de Peigros 330m et en retrouvant la route nationale, le col de Gratteloup 225m. Mais à partir de midi, encore et toujours, il fait trop chaud. On s'arrête donc au village Plan de la Tour d'abord sur un petit parc aménagé puis logiquement dans le bistrot. Dans l'apres midi, nous franchissons le facile col de Vignon 352m et stoppons à la Garde Freinet. Mais ici, pas de camping, pas de gite d'etape, l'endroit est trop chic pour cela. nous descendons sur la RN7 que nous suivons pendant 25km. La fin de la journée est un peu tendue, car la fatigue commence à sortir ses griffes. Et coup de chance, le camping est à l'entrée de la ville de Brignoles, camping municipal, calme et simple. 

 

Vendredi 10 août 2012.

22 ème jour de voyage.

De Brignoles à Raphael les Arles.

Traversée de la Provence.

Il fait beau et chaud, nous attaquons les dernières étapes de notre voyage avec cette traversée de la Provence.  C'est d'abord l'arrivée à St Maximim la cité du massif de la Sainte Baume. Nous n'avons pas le temps de faire des cols, nous filons rapidement sur Aix en Provence, énorme cité écrasée par le soleil que nous traversons sans s'y arrêter, n'ayant pas trouvé de place sympathique accueillante pour stopper. Nous voici à Eguilles et son parc public peu ragoutant. Mais ensuite c'est la RD 17, tout petit axe serpentant au milieu des vignobles. La fin de la journée devient ensuite subitement stressante avec des kilomètres à parcourir sur une quatre voies, large et très fréquentée non interdite aux vélos. Oulalà, ce moment est bien difficile car les voitures et camions qui nous doublent, roulent toujours à vive allure. Heureusement qu'il existe une bonne bande d'arrêt d'urgence qui nous permet de finir, vivants mais inquiets, cette belle étape. Après avoir un peu cherché dans la savane arloise, nous arrivons dans un camping à Raphael les Arles. L'accueil et les échanges avec les campeurs y sont là aussi, sympathiques, simples et francs.  

     

Samedi 11 août 2012

23 ème étape de notre voyage

De St Raphael à Villeneuve les Béziers

165km.

C'est une étape géniale, longue, variée, épuisante qui nous attend. Quelques coups de pédale et hop nous arrivons à Arles, jour de marché. Dans un petit tabac-journaux ou tout le monde, des jeunes, des vieux, des maigres, des gros, achete ou gratte des tickets de loto. Moi ce que je veux, avec ma touche de cycliste, c'est acheter une carte routière! Bref, j'étonne. Les gens me regardent amusés  et j'en profite pour échanger une fois de plus avec ces gens du peuple, differents de moi et dont, à la fois, je me sens aussi très proche.

Nous  franchissons le grand Rhône sans le voir, par un petit tunnel réservé à la piste cyclable que nous suivons. Je suis déçu, moi qui attendait ce moment pour envoyer une pensée à mes parents, tant pis, j'attendrai Sète! Voilà la belle et si plate Camargue que nous traversons à toute berzingue. Il fait déjà chaud mais ce n'est pas le moment de finasser, nous espérons rallier demain soir le Cabanial, et le Haut Lauragais est encore loin. Voici AIgues Mortes et ses murailles incroyables, ses terrasses ombragées. Nous n'y faisons qu'une brève halte pour atteindre vers 14h, la Grande Motte. La famille n'est pas là mais nous trouvons quand même des gens qui nous offrent spontanément de l'eau fraiche. Cela tombe bien car nous sommes vraiment assoiffés, épuisés, deshydratés... Et il est 17h environ quand nous atteignons Sète. Peu de choses ont changé depuis 1970, mais je n'arrive pas à retrouver le restaurant sur le port dans lequel j'ai mangé, à l'époque avec mes parents, mon frère, et ma soeur. Cela ne fait rien, ce sont des souvenirs inaltérables, inoxydables que rien ne pourra jamais effacer. Sur les quais, alors que nous nous restaurons, nous rencontrons un con à vélo, eh oui cela existe, et un monsieur qui nous parle de sa vie et de ses joies. Mais il nous reste encore pas mal de kilomètres à parcourir, nous filons donc rapidement vers le bord de mer en  roulant sur une belle piste cyclable bordée à gauche la mer et à droite par l'étang de Thau. Nous en profitons pour nous baigner une dernière fois et pour rencontrer 2 jeunes allemands qui partent à vélo pour le Maroc.

A Agde, la nuit tombe, nous n'avons pas de carte assez détaillée. Nous stoppons pour une pizza chaude et bien appreciée. Et pendant une vingtaine de kilomètres environ nous allons ensuite grâce à nos GPS et au sens d'orientation de Véro, chercher, avancer, faire demi tour, avancer encore dans la nuit sur des petites routes et même des pistes en terre.  On entend les flonflons  des soirées festives des campings tout proches. Nous roulons dans cette nuit de plus en plus noire, très heureux d'être à notre place. Voilà le Canal du Midi que nous longeons pendant quelques heures de vrai bonheur. Soudain dans le noir, surgit une guinguette. Nous nous y arretons. On nous offre la biere. La nuit, douce, se passe en  bivouac sur le chemin de halage, à l'ombre de grands platanes.    


Dimanche 12 août 2012.

24ème étape de notre voyage

De jusqu'à Le Cabanial (31). France.

La dernière étape, la plus belle, la plus dure.

Le réveil est bien agréable sur les rives du canal, silencieux et frais. Véro prend les photos du matin alors que je suis encore dans mon sac de couchage. Elle a mal dormi, génée par l'incessante circulation routière de l'autre coté du canal. Puis rapidement, c'est le petit déjeuner et le pliage du bivouac La dernière étape est devant nous, elle sera longue et dure mais finalement réussie.

Dans un premier temps nous suivons simplement le canal, empruntant une piste parallèle au chemin de halage. Ce sont alors de magnifiques paysages qui nous entourent avec ce canal, ses platanes et ses ouvrages d'art souvent incroyables. Nous découvrons ainsi le fameux pont-canal et les 7 écluses sur l'eau ou de nombreuses péniches ou descendent silencieusement au fil de l'eau ou dorment accochées à l'une des deux rives. Nous aimerions bien nous arrêter pour profiter de ce moment magique dans ce calme matinal mais nous savons que la distance à parcourir reste encore trop longue pour musarder. Quelques photos sont prises et nous décidons de quitter les rives du canal car trop belles, trop lentes pour nous. Nous empruntons un peu au jugé, des petites routes pour traverser une première zone de vignobles perdus. C'est alors que nous découvrons ce qui sera notre compagnon galère de cette dernière journée: le vent de surcroit de face et en plus soufflant en rafales assez violentes. Vraiment la pire des situations pour un cycliste. Nous stoppons dans un petit village regroupé au pied de son église. C'est le moment du marché du dimanche matin avec des terrasses accueillantes et nombreux sont les habitants qui viennent nous voir pour échanger avec nous, le patron étonné par notre parcours nous offre à boire... Nous repartons. Nous retrouvons le vent qui ne nous laisse pas un instant de répit. Je n'ai pas regardé la carte et je ne comprends pas ou sont passés et l'autoroute A9 et l'agglomération de Béziers. Mais Véro connait son coin et file sans berguigner. La route est absolument rectiligne, les drapeaux flottant au vent ne nous laissent aucun espoir: le vent est de face. Nous n'avançons qu'au prix d'un effort important et surtout fastidieux. Les kilomètres défilent lentement, je n'ose pas regarder le compteur pour ne pas trop nous décourager. A ce rythme, nous allons arriver à la nuit, c'est certain. Bien évidemment rien ne nous soulage, rien ne nous fait rire. Nous stoppons dans une bourgade au centre ville sale et abandonné pour y reprendre des forces mais nous n'avons pas le coeur à rire tant cette matinée est pénible et ingrate. Un effort supplémentaire nous mène, enfin, à Carcassonne. Nous apercevons les tours de la Cité mais n'avons pas envie de nous en approcher. En recomptant les kilomètres nous avons la bonne surprise de nous apercevoir qu'il ne nous reste plus que 65km et non pas les 80 comme redouté précédemment. Ces derniers kilomètres de notre étonnant périple européen, finalement, ne sont pas si rudes que cela. Malgré toujours ce vent de face qui ne faiblit jamais, nous traversons Bram (une pensée pour nos amis Fernand et Gilberte) puis Castelnaudary (j'espérais un cassoulet offert par la municipalité, mais bon tant pis...) et enfin nous attaquons les redoutables collines du Lauragais. C'est un dernier effort, les réserves sont vides, pour une petite vingtaine de kilomètres dans ce paysages de collines agricoles ou tout monte et rien ne descend. Pour la gloire et la beauté du geste, nous refusons toute assistance et lançons même un sprint lointain pour arriver vers 20 h. C'est donc à 20h10 précises que nous atteignons, heureux et fiers, une larme au coin de l'oeil, Le Cabanial, terme de notre voyage, sous les applaudissements, après une trâce de 2445 km à tandem et remorque.

 

Serge Capdessus. Luchon. 6 février 2013.

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Serge Capdessus - dans voyages
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 22:09

VOYAGE COMPLET DE DÉCOUVERTE DE LA GRECE,

VISITE DE SITES ARCHEOLOGIQUES,

RANDONNEE PEDESTRE DANS LES MONTAGNES .

 

Loz-re-067.jpg

 


 

 

Présentation rapide:

Après avoir parcouru l’Algérie, la Slovénie, l’Egypte, l’Ecosse, la Tanzanie, le Népal, la Jordanie, la Bolivie, l’Italie, la Suisse, le Maroc, nous vous présentons avec ce voyage en Grèce, une destination inédite dans un pays aux dimensions historiques et géographiques extraordinaires avec de belles montagnes qui nous font rêver depuis longtemps et des sites archéologiques uniques au monde. 

Nous vous proposons donc, pour ce 1er voyage en Grèce d’un groupe Usfen33, un équilibre entre sorties culturelles dans la région d’Athènes et de magnifiques randonnées à la journée vraiment accessibles à tous ( étapes sans difficultés techniques de 4 à 6h de marche par jour, avec peu de portage ). 

 

Voici quelques autres caractéristiques de ce voyage :

 

Des montagnes aux belles altitudes, accessibles à toutes et tous.

Un moment climatique favorable entre les excès de l’hiver et de l’été.

Un coût global sans bénéfice aucun pour l’organisation.

Des sorties culturelles organisées et  comprises dans le tarif annoncé.

Un parcours original mêlant étroitement sommets et vallées, ascensions et marche, découverte et émotions, lumières et couleurs, sourires et solitudes.

 

 

Equipement:

Passeport en cours de validité ou carte nationale d’identité.

Sac à dos. Chemises à manches longues.

Chaussures de marche. Veste de montagne.

Pantalon de marche. Lampe électrique et sacs plastiques.

Gourde ou bouteille d’eau.

Tee shirts et affaires de toilette.

Pulls à manches longues. 

Protections contre le soleil (lunettes, chapeau, crèmes...).

 

 

         Chaque participant devra avoir deux sacs avec lui: un petit sac à dos pour les randonnées et qui contiendra les affaires de la journée et un autre sac, à dos ou de voyage, qui contiendra toutes les autres affaires. Ce dernier sac ne devra pas peser plus de 20 kg au départ de la France.


 

 

Hébergement: En ville et en montagne : dans des hôtels de qualité ***.

 

Point de rendez-vous: Le 25 avril 2010, 8h aéroport de Bordeaux Mérignac.

 

Assurance: Par l’adhésion à l’Usfen33 ou à la 2FOPEN: 30 euros pour 2010.

 

Niveau: Voyage et marches accessibles à toute personne de 17 à 75 ans, aimant la culture, le dépaysement, la montagne, la vie au grand air.

 

Prix : tarif non encore défini.  

Ce tarif comprenant au départ de Bordeaux:

Toutes les nuitées en hôtel en chambre double et en demi-pension, l’encadrement de toutes les sorties par l’accompagnateur maison, un guide francophone de l’Ecole Nationale d’Archeologie, les entrées de l’Acropole et du nouveau musée, tous les transferts en bus, les vols France / Grèce  sur vols réguliers « Air France », l’assurance annulation du vol  et tout ce qui concerne les randonnées dans les montagnes de Grèce (Accompagnateur en montagne français) .

Ne comprenant pas les repas de midi, les dépenses personnelles, les boissons, les entrées dans les autres sites que l'Acropole et son musée, les pourboires…

Un acompte de 100 euros est nécessaire pour l’inscription. Le versement du solde devra être effectif avant le 15 mars 2010.

 

 

Encadrement: Assuré par Serge Capdessus, accompagnateur en montagne (brevet d’état) avec les services d’une agence grecque.

 

Groupe: De 14 personnes.

 

Santé: Pas de vaccin particulier pour aller en Grèce. Il est toutefois conseillé d’être à jour des vaccins habituels. Sur place, il faudra faire bien attention à l‘eau et au soleil.

 

Programme:

Dimanche 25 avril. Vols France / Grèce.   Ligne régulière de « Air France ».

Rendez vous à l’Aéroport de Bordeaux Mérignac vers 8h.

Enregistrement 8h35 / Décollage 10h35 /

Arrivée Paris Roissy 11h55 / Paris Roissy redécollage 14h20 /

Arrivée Athènes 18h35 / Transfert en bus privé jusqu’àu magnifique hôtel Museum (***), au centre ville. /Repas pris à  l’hôtel. Soirée libre.

Lundi 26 avril. Journée de visite culturelle de Athènes.

Visite des grands sites historiques de la ville avec surtout l’Acropole et son musée. De notre hôtel, nous nous déplaçons à pied pour nous rendre sur les sites mais nous pourrons aussi prendre le métro. Nous essaierons d’appréhender au mieux les principaux monuments : la Porte Beulé, les Propylées, le temple d’Athéna Niké, le Parthénon, l’Agora… Nous aurons avec nous un guide  francophone de l’Ecole Nationale d’Archéologie.  Nous dînons  à l’hôtel où à « Monatiraki taverne Bailaktaris ». Nous passons la nuit dans le même hôtel que la veille.

Mardi 27 avril. Visite du Péloponnèse.

Après le petit déjeuner pris à l’hôtel, la journée débute par le transfert en bus privé de la dernière génération « Panolympia »  depuis Athènes jusqu’à Vytina. En un trajet de 201 km, nous arrivons au cœur du Péloponnèse. Pour cela, nous longeons d’abord la mer Egée pendant 50 km environ. Nous franchissons ensuite le détroit de Corinthe.  Nous visitons ensuite le théâtre antique d’Epidaure,  après un passage dans la vieille ville de Nauplie, près de Mycènes. Nous pénétrons à l’intérieur de la presqu’île du Péloponnèse pour arriver à Vityna. Nous dormons dans un hôtel le « Mountain View » pour y découvrir les montagnes d’Arcadie. Repas pris à l’hôtel.

  Mercredi 28 avril. Ascension du Mont Menalon 1980m.
Première journée de randonnée, sans difficulté technique, dans les montagnes des alentours de Vityna. Nous montons d’abord à la chapelle d’Aghia Sotira puis arrivons au site dénudé de Lakos Rahi (1500m). En 2h nous atteignons un large col boisé. Un dernier effort et nous parvenons au sommet. Par beau temps, il offre une vue splendide sur les montagnes Nord du Péloponnèse. Le soir, nous revenons dans le même hôtel de Vityna.

Jeudi 29 avril.  Les montagnes de Vityna.

Après le petit déjeuner, nous effectuons d’abord un  transfert en bus de 22 km environ de Vityna jusqu’au village de Karkalou. Nous visitons Dimitsana, grande ville pendant la résistance contre l’occupation Ottomane. C’est le début de la randonnée. De Dimitsana, nous descendons jusqu’au village de Pichiori puis au monastère historique de Emyalou. Nous continuons ensuite par un joli chemin muletier à suivre la vallée de la rivière de Loussios. Nous arrivons ensuite au monastère de Managhias Filosofou (700m) construite en 967 par les Byzantins. De ce point, nous retournons à Demistsana en 2h de marche en passant par le village de Zetouna.  Nous revenons dans le même hôtel de Vityna (demi pension). 

Vendredi 30 avril. Remontée des eaux du Styx, le fleuve des Enfers et nous tentons l’ascension du Mont Helmos.  

La journée commence par le transfert, en bus, depuis Vytina jusqu’àu petit village de Peristera en une centaine de km. La randonnée de ce 3ème jour consistera à remonter d’abord les eaux du Styx, le fleuve des Enfers  et à gravir ensuite les pentes du Mont Helmos. Les reflets noirâtres du Styx, l’aspect terrifiant du site, expliquent pourquoi dans la mythologie grecque, le Styx était considéré comme un fleuve infernal: sur ses rives erraient pendant cent ans, les ombre de ceux qui n’avaient pas été ensevelis selon les rites. L’eau de la cascade était supposé sortir de l’Hades (lieu de séjour des morts ) et en faire sept fois le tour. C’est aussi dans le Styx que Thétis plongea son fils pour le rendre invulnérable. Bref, nous ne serons pas dans un endroit anodin. Après cette belle journée, nous passons la nuit dans l’hôtel « Achillion » de Kalavryta.

Samedi 1er mai. Athènes.

C’est d’abord le retour de Kalavryta à Athènes, en bus privé qui nous occupe.  Nous passons ensuite l’après-midi à visiter d’autres sites archéologiques de cette ville magnifique. Repas pris à l’hôtel. C’est notre dernière nuit à Athènes.

  Dimanche 2 mai. Retour en France.

Matinée libre dans Athènes. Puis transfert en bus de notre hôtel jusqu’à l’aéroport d’Athènes.

Enregistrement 15 h 45/ Décollage 17 h 45/ Arrivée Roissy 20 h 10 / Redécollage 21 h 20 / Arrivée Bordeaux Mérignac 22 h 35.

 

Renseignements:

Serge Capdessus 54 Martin 33880 Baurech. Tel : 06 10 320 120. sergecapdessus@orange.fr

 

Relire

« Astérix aux Jeux Olympiques »

 

Un courrier supplémentaire vous parviendra dans le courant du mois de janvier avec la liste des inscrits et les dernières informations.                                                                   

Jeudi 12 novembre 2009.  Serge Capdessus.

 

 

 

 

 

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:38
L' Assemblée Générale de la section Montagne de l'Usfen 33 s'est réunie les 13 et 14 juin 2009 à Urdos (64).

* Le rapport d'activité 2008 a été approuvé à l'unanimité des présents.
* Les bilans fianciers 2007 et 2008 ont été approuvés à l'unanimité des présents.
* Le montant de la cotisation est maintenu à 30 euros pour 2009/2010.
* Le Président de la Section Serge Capdesus a été reconduit dans ses fonctions.
* Le Secrétaire Général de la Section Michel Corbières a été reconduit dans ses fonctions
* La Trésorière de la Section Nicole Minglis a été reconduite dans ses fonctions.

Il a été décidé de:
1) Créer une commission "Adhésions" qui devra gérer les adhésions (inscription sur le fichier informatisé et encaissement des cotisations).
2) Exiger systématiquement un paiement de cotisation avant chaque première sortie de la saison. Ce paiement devant etre effectué sur un seul chèque.
3) Créer un poste, bénévole, de responsable administratif et financier parmi les inscrits de chaque voyage ou sortie importante.

Le projet de création de site internet n'a pas été adopté, sans étre totalement repoussé. Il faudra en reparler a la rentrée.

Serge Capdessus
Président de  la Section
20 juin 2009
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:37

Vendredi 14 novembre

JOUR 7 Camp de base – High camp

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

14/11 à 8h23

4h08

855

330

74

270

5680

4826

Camp de base

 

La journée la plus difficile. Au départ, le parcours se dessine entre des blocs,  dans un dédale grisâtre. Puis, c’est une longue traversée sur un replat de neige dure ou verglacée. Devant nous Passang, notre porteur, galope, malgré sa charge, malgré ses chaussures. D’autres porteurs, uniforme vert, descendent de high camp, moins rapides et bien moins rassurés que lui. Un d’entre eux tremble sur la glace et n’ose plus avancer. Au passage je lui cède un bâton télescopique et je continue avec le piolet. Ensuite, nous bifurquons à droite du col, mais où donc est le passage ? Il nous faut gravir un pierrier bien raide, dans lequel chaque pas en avant nous fait reculer d’autant ; et ce souffle qui nous manque... Un français nous croise, victorieux du sommet, occasion pour échanger et surtout pou faire une pause. Au-dessus, le passage se dévoile : couloir de pénitents ! Il est équipé d’une vague corde sur laquelle on n’oserait pas tirer. Évidemment les porteurs ont franchi ce passage sans difficulté. On bifurque à gauche pour longer une vire, l’abrupt est bien dangereux ; puis c’est enfin le glacier au pied du  Pachermo.

Le camp de base est installé au pied de la falaise, à droite du glacier du Trashi Lapsa. On discerne quelques petites terrasses dégagées sur lesquelles les porteurs commencent à installer les tentes, dans un chaos de pierres, de blocs.. Certains hésitent : est-ce bien raisonnable de dormir là ?" Car enfin ce n’est pas un tracto-pelle qui a déplacé ces blocs !!!" Des stalactites de glace sont prêtes à tomber entre les deux tentes supérieures. Et ce vent ! Une tente s’envole, un porteur y court après… ce n’est pas de bon augure.

L’expédition, une philosophie

 

 Les membres d’une expédition doivent avoir un code de conduite commun pour vivre ensemble pendant les semaines de voyage et d’ascension. Voici trois promesses que vous pouvez vous faire : respecter la nature, prendre soin de vous et des autres, rentrer à la maison.

 

Extrait de Guide la montagne,

Éd. Guérin

 


 

 

Un porteur remonte un dhoko de glace, l’équipe s’affaire à préparer le déjeuner. Nous patientons dans "the diner tent". Nous sommes assez impressionnés d’être arrivés là et aussi de ce qu’il nous reste à faire le lendemain ! En nous tenant tous par les mains, nous faisons la promesse d’être attentif les uns aux autres. Aimé, bien lucide sur son état, a déjà pris la sage décision de rester au camp. Jean-François subit une sérieuse migraine.  L’altitude est bien hostile à l’homme…Avant de se coucher, nous faisons quelques mises au point avec le guide. Le réveil est prévu à trois heures.



Samedi  15 novembre,

JOUR 8 High camp, Pacherm’ (sans le haut), Thamé

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. M

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

15/11 à 4h

2h

182

 

182

270

5852

5680

Pacherm’

15/11 à 8h45

4h53

40

300

1130

490

5680

4350

Thengpo

15/11 à 14h49

1h25

0

 

500

 

 

 

Thamé

15/11 Total

8h18

222

 

1812

 

 

 

Cumul 1634m

 

Refroidissement éolien

Vitesse du vent (km/h)

Température (°C)

0°C

-5°C

-10°C

-15°C

-20°C

10  km/h

-3

-9

-15

321

-27

20  km/h

-5

-12

-18

-24

-30

30  km/h

-6

-13

-20

-26

-33

40  km/h

-7

-14

-21

-27

-34

50  km/h

-8

-15

-22

-29

-35

60  km/h

-9

-16

-23

-30

-36

Le refroidissement éolien donne une idée de la façon dont le froid accompagné du vent va affecter notre peau nue. Par exemple : si on relève une température de -23°C et que le vent souffle à 40km/h alors la t° ressentie est de

-38°C. A cette t° la peau nue peut geler en 10 minutes.

Durant la nuit, les rafales de vent sont de plus en plus violentes. La température dans la tente est de -10°C. Nous n’avons pas froid mais nous dormons peu. A trois heures, Dawa nous réveille.  S’habiller est déjà une épreuve. Monter prendre le petit déjeuner à "the diner tent" en est une autre. Évidemment, nous n’avons pas faim. Au pied du glacier, nous mettons les crampons, rude épreuve à nouveau, nous nous encordons sur une seule corde : en tête l’assistant guide, puis nous quatre, Dawa à l’arrière. La neige est d’abord bien croûtée mais à l’approche du col, les conditions sont plus rudes. Et puis ce rythme, ce n’est pas à ce rythme là qu’on s’attaque à un 6000 ! L’assistant guide donne une cadence infernale, je tire sur la corde, je maudis. Va-t-il enfin comprendre ? Au col, impossible de regarder le Rolwaling, les rafales de vent nous aveuglent. La neige est tantôt dure tantôt poudreuse, à chaque pas je suis déstabilisée. Le vent cinglant  commence à nous refroidir, derrière moi Jean-François donne une première alerte : est-ce bien raisonnable de continuer dans ces conditions ? Nous approchons le premier ressaut qu’il faudra équiper de corde fixe. 5852m, nouvel arrêt : nous sommes deux à ne plus vouloir continuer cette ascension. Jean-Luc hésite, Gérard ne sent plus ses doigts.  Et puis cette parole de Dawa : "If we continue we could die." Demi-tour, retour à  high camp. A l’arrivée,  frigorifiés, nous nous glissons dans nos duvets en attendant le lever du jour, peut-être le vent aura diminué, peut-être on tentera à nouveau… Aimé est à demi étonné de nous voir aussitôt…
A huit heures, personne n’envisage une nouvelle ascension, on plie tout pour quitter le plus rapidement possible cette zone dangereuse. Le guide équipe le couloir de pénitents, Cook le franchit avec une douzaine d’œufs à la main, Passang ne s’aide même pas de la corde !

A Thamé, nous profitons d’une douche bien chaude. Au dîner,  trois étrangers célèbrent leur succès, la veille ils sont arrivés au sommet du Pachermo. Mais nous, nous n’aurons pas le ‘o.



Dimanche 16 novembre,

JOUR 9 Thamé – Pharding

 

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

16/11 à 8h

2h48

236

300

561

440

3800

3447

Namché Bazar

16/11 à 12h42

3h48

242

300

1001

540

3481

2711

Pharding

16/11 Total

6h36

478

 

1562

 

 

 

Cumul 2040m

 

Au réveil, sentiments confus, à  la fois une certaine amertume, nous ne reviendrons pas d’encore dans cette vallée et si haut ; et en même temps la satisfaction d’être tous en pleine forme et d’avoir échappé à quelques dangers.

En quittant la cour du lodge, des petits porteurs, uniforme vert, m’appellent pour me rendre le bâton !!!  Le long du sentier, des élèves eux aussi en uniforme  se rendent à l’école.

 


«

 Si notre aventure transmet un  message plus profond et plus durable que l’éphémère sensation de l’exploit physique, je crois que c’est celui de la camaraderie et de ses nombreuses vertus. Quelles que soient la race et les croyances des alpinistes, la camaraderie se forge dans les hautes montagnes, à travers les difficultés et les dangers, dans le besoin d’unir ses efforts pour atteindre un but et par les frissons d’une grande aventure partagée. »

 

 

 Sir John Hunt,

chef de l’expédition britannique

 sur  l’Everest en 1953

 







A Namché, pause cyber-café, pause déjeuner. J’accompagne Cook au  bureau de Trekking, ambiance administrative plutôt austère… Nous enregistrons notre passage à la sortie du village  et nous dévalons les 1000m de dénivelé pour rejoindre le groupe à Pharding. On s’émeut devant les premières fleurs, on reconnaît les passerelles, on est impressionné par ce flot de porteurs et leur charge, caisses de bières, tronc d’arbre, barres de fer…

A l’approche de Pharding, Serge, Alain, Kadjig et Nirmal nous attendent… Puis Guillemette, Maryse… Tant d’émotions à partager…

 

Véro Prim

 

 

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:34

 

Mardi 11 novembre,

JOUR 4 : Gokyo 4750m – Renjo Pass 5340m – Lengdeng 4470m

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

11/11 à 6H50

3h11

634

260

19

120

5340

4738

Renjo Pass

11/11 à 10h44

3h10

30

100

999

500

5374

4399

Lengdeng

11/11 Total

6h21

664

 

1018

 

 

 

Cumul 1682m

 

Au petit matin,  peu de trekkers partent vers le Renjo Pass. C’est tant mieux ! Chacun apprécie cette solitude, avance à son rythme, laissant l’itinéraire se dévoiler entre pierrier, glace, dalles et marches taillées. Derrière nous le spectacle est époustouflant : l’Everest… juste en deçà : la moraine du Ngozumpa glacier, telle  une gigantesque autoroute en construction…  les lodges de Gokyo se devinent dans la brume, les sommets se reflètent dans le lac …

Au col : cri de l’Everest Yahouuuuu !

Nous sommes les seuls,  une halte silencieuse et contemplative s’impose : c’est la dernière fois que  nous voyons l’Everest d’aussi près. Mais deux jeunes français, chacun voyageur solitaire, arrivent au col, l’un après l’autre. Avides de parole, ils nous saoulent avec leurs aventures… Certains s’isolent plus haut.

La descente est raide : un interminable escalier à marches régulières, emprunté par les yaks. L’étape est rude pour ceux qui viennent de Thamé ! Un trekker autonome, épuisé et chargé,  s’informe de la distance à parcourir jusqu’au col. Difficile de lui avouer tout ce qu’il lui reste encore d’ascension… Plus bas,  nous traversons un "base camp": une vraie poubelle ! Pause écologique. On se met à rassembler les déchets. Les porteurs et les sherpas nous aident. Jean-Paul trouve même un  fond de bouteille de whisky pour mettre le feu.

A Lengdeng : lodge sommaire, apéro au Pastis ! Kadjig n’a pas oublié la commande : un dessert car c’est l’anniversaire de Jean-François ! Il a même droit à des cadeaux : 1 twix, 1 carambar et un tee-shirt du Gokyo Ri.

Mercredi 12 novembre

JOUR 5 : Lengdeng 4470m – Thamé - Thengpo 4350m

 

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

12/11 à 8h05

6h03

134

140

722

280

4389

3800

Thamé

12/11 à 14h09

2h02

498

320

0

0

4350

3800

Thengpo

12/11 Total

8h05

632

 

 

 

 

 

Cumul 1354m

 

Le programme prévoyait une "étapette" de descente jusqu’à Thamé. En fait, ce sera une vraie étape jusqu’à Thengpo.

A Thamé, nous retrouvons Cook. Il nous a quittés à Gokyo, il est redescendu à Namché Bazar pour préparer l’expédition. Surprise !!! Il nous apporte une missive du groupe. Le Népal est incroyable… A la seconde lecture, nous découvrons qu’il manque deux signatures. Que leur est-il arrivé ???

Dawa, notre guide, nous propose de partir en début d’après-midi pour Thengpo. Nouveau départ précipité. Il faut préparer rapidement un sac pour trois, vérifier le matériel de montagne. À qui sont ces crampons ? Qui a oublié sa poignée Jumar ? Les cordes fixes, les pieux sont-ils prévus ? Les tentes ? Et le piolets ? Ils n’y sont pas ! Introuvables ! Ils sont sur les yaks ! Non, ils seraient dans un autre village ! Lequel ??? Organisation népalaise…

Sylvie recharge le groupe en pharmacie, ça peut être utile… Nouvelle séparation 

Aucun trekker dans cette vallée encaissée. La sente de plus en plus étroite est envahie par les bruyères… rien à voir avec les larges sentiers de la vallée de Gokyo ou de Lobuche. Les sommets enneigés dominent. La brume gagne la vallée. Nous avons perdu de vue guides et porteurs,  deux femmes nous interpellent et nous guident: nous ne sommes plus sur le bon sentier. Dhanyabat ! Nous traversons plusieurs kharkas. Depuis deux heures, nous avançons seuls dans la brume. Toujours pas de porteurs !  Au-dessus de nous, un couple providentiel avance, leur dhoko chargé de branchages. Je leur cours après  pour demander notre chemin : "Thengpo ten minuts". Ouf! Nous cheminons côte à côte, brefs échanges, larges sourires. Ils nous indiquent le karkha. Les yaks sont déjà là. Nos chemins se séparent, eux continuent encore plus haut, vers un no man’s land…

A l’arrivée, comme un  présent, la brume se disperse, le Pachermo est ENFIN en vue. Depuis le Renjo Pass, nous le cherchons de vue. Séquence émotion !

Pas de campement pour cette nuit, il reste des places dans un dortoir du lodge. Pour les nuits prochaines, je négocie une place dans une tente des garçons, hors de question que je dorme seule dans une tente à plus de 5000m d’altitude ! Non, je n’ai pas peur du yéti ! Mais du mal des montagnes. Le jeune aspirant-guide français, présent dans le lodge, le confirme, mieux vaut ne pas dormir seul à cette altitude. Il  arrive du Rolwaling, il a marché plus de 12 heures de marche (et à quelle vitesse ?)… Vu son état de fatigue, on imagine la journée, on est admiratifs. Il nous informe sur les conditions au col et nous conseille sur les camps de base : pas question de monter directement jusqu’à 5600, comme nous le propose Dawa, nous installerons deux camps.


JOUR 6 Thengpo 4350m– camp de base 4850m

 

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

13/11 à 8h39

2h50

568

280

25

200

4850

4280

Camp de base

 

L’équipe s’affaire à répartir les charges entre les porteurs et les yaks : matériel cuisine, carburant, matelas, tentes, nourriture, équipement montagne, tiens les piolets sont là ! Toute cette logistique déployée pour cinq français et un sommet ! Mais rien à voir avec l’expédition de Sir Hillary en 1953 : 350 porteurs !!!

8h30, c’est le départ vers une grande aventure, finies les lodges. L’atmosphère est sereine. La caravane s’ébranle dans les dernières landes, sous le soleil. Les cloches des yaks et les sifflements de leur guide animent la déserte vallée.  Ensuite, c’est le gris, le blanc, l’aire du minéral. Nous montons à travers éboulis, chaos de pierres, dalles. Le camp de base est installé dans une cuvette, à moins de 4900m d’altitude, avec une efficacité et une rapidité remarquable.

Pour l’après-midi : repos au soleil. Mais dès qu’il disparaît derrière les sommets, il ne nous reste plus qu’à nous glisser dans les duvets.

A la nuit tombée, une jeune française, accompagnée d’un porteur et d’un sherpa, arrive de high camp, impossible de supporter l’altitude… Et nous demain comment serons-nous ?

 

 

 

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Serge Capdessus - dans voyages
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:24

 

Samedi 8 novembre,

Notre aller-retour au Cho la pass (5420m) a aiguisé notre passion des cimes, certains aspirent à regagner l’altitude et à approcher le Pachermo. Après le petit-déjeuner, Aimé, Jean-François et moi déplions les cartes et préparons pour l’assemblée de 10 heures un itinéraire bis, encouragés par Guigui. Chacun comprend notre envie d’approcher le 6000 programmé, le chef valide le plan B élaboré par la commission ad hoc, Amar conseille et rectifie quelques étapes. Oubliée la journée de farniente prévue! Nous préparons nos sacs à toute hâte, les porteurs sont  déjà prêts.

14 heures, c’est le départ pour 7 d’entre nous : Sylvie, Véro, Aimé, Jean-Luc, Jean-François, Gérard et Jean-Paul, accompagnés de Cook, Kajig, Tséring et quatre porteurs.

Séances photos… embrassades, nous nous séparons pour 9 jours.

 

JOUR 1 : Phériché 4240m –Pangboche 4007m

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

1h38

136m

270m/h

373m

480m/h

4305m

4007m

 

 

 

 

En haut de la première montée : un dernier regard sur Phériché. Des porteurs arrivent en courant, à bout de souffle.  Ils nous apportent les tentes !!! Tiens donc, les tentes ne sont pas à Namché Bazar avec tout notre matériel ???? Inutile de chercher à comprendre l’organisation népalaise…

Sur les sentiers, des couples endimanchés se promènent avec leur enfant (au Népal, le samedi est le jour férié de la semaine).

Pangboché est à moins de deux heures de marche. Nous hésitons à rester là, l’étape est si courte ! Finalement, nous nous laissons tenter  par les charmes de ce lodge, sa douche chaude et ses chambres avec vue sur l’Ama Dablam.

 

Dimanche 9 novembre : Étape la plus longue de toutes : "l’étape aux mille croupes"

JOUR 2 : Pangboche 4007m – Nha Na 4400m

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

9/11 à 7h17

5h

813

310

463

410

4359

3860

Tharé

9/11 à 14h24

1h38

201

300

192

410

4386

4251

Nha Na

9/11 Total

6h38

1014

 

655

 

 

 

Cumul 1669m

De l’autre côté de la vallée : Thyangboché et son monastère ! Nous y étions au début du trek … La descente sur Phortsé est assez exposée, il vaut mieux ne pas y croiser un yak ! Nous déposons un message pour Serge et ses troupes à la faveur d’un mur de manis. Le trouveront-ils ?

Suite du programme : Konar et Tharé (non, on n’a pas inventé !). Tout le long de la montée, quelques trekkers descendent mais aucun ne monte. Évidemment ! Les lodges sont si éloignés et si rares sur ce versant. Seul des Us33féniens osent s’attaquer à ce genre d’étape! Konar est un village déserté, un karkha, occupé seulement en été pour les pâturages. Tharé est en vue. A chaque apparition, nous pensons y arriver, fausse illusion !  Malheureusement c’est encore une autre croupe … descentes, remontées, chortens et nouvelle croupe.


Nous arrivons affamés, proches de l’hypoglycémie et assommés  par le vent qui souffle inlassablement sur ce versant. Le lodge est un belvédère sur la vallée de Dudh Kosi, sur l’autre versant on distingue l’itinéraire qu’empruntera l’autre groupe.

Nous accélérons jusqu’à Nha Na dans l’espoir de trouver des places dans le lodge, sinon il faudra continuer l’ascension. Personne ne le souhaite ! La nuit tombe et nous sommes explosés ! Le lodge est très sommaire : sol en terre, toiles plastique au plafond et aux murs, quelques souris, mais il convient à tout le groupe.

 

Lundi 10 novembre,

JOUR 3 : Nha Na 4400m – Gokyo 4750m

 

Date Heure

de départ

Total Temps

Total

Asc. m

Moyenne

Asc. m/h

Total

Desc. m

Moyenne

Desc. m/h

Altitude

maxi

Altitude

mini

Arrivée à

10/11 à 7h20

2h32

388

310

31

160

4728

4364

Gokyo

10/11 à 10h30

1h48

584

370

9

140

5357

4719

Gokyo Ri

10/11 Total

4h32

981

 

602

 

 

 

Cumul 1583m

 

Après le passage de la moraine, l’itinéraire se dessine dans un labyrinthe de cairns. Nouvelles couleurs, nouveaux panoramas : les sommets se reflètent dans les lacs turquoise… des oies sauvages survolent le lac, Jean-Luc nous apprend qu’elles sont capables de passer au-dessus de l’Everest …le groupe flâne dans ce décor, fantasme devant le Cho Oyu … " le plus facile des 8000".

Le village de Gokyo a des allures de station balnéaire, le lodge est confortable, voire luxueux auprès de celui de la veille, vue sur le lac scintillant et le Gokyo Ri. Déjeuner rapide :"garlic soup". Puis Jean-François donne la cadence pour l’ascension du Gokyo Ri. D’autres trekkers s’y rendent plus tard dans l’après-midi pour admirer le coucher de soleil sur les sommets de l’Himalaya, puis ils rentrent à la nuit, frigorifiés ! D’autres se contentent de la moraine du Ngozumpa glacier, d’une bonne douche et d’un pot de miel pour calmer cette maudite himalayan cough !

 

 

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Serge Capdessus - dans voyages
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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 19:08

 

Mercredi 5 novembre 2008.

10ème jour de voyage. 7ème étape de montagne. Depuis le village de Lobuche, ascension du Kalla Pattar. Une journée géniale d’efforts, de fatigues, d’émotions et de paysages grandioses.

 

         La nuit a été froide dans les chambres, mais peut-être moins que nous le redoutions. Après un réveil matinal et un petit déjeuner presque normal, nous quittons cet endroit hors du temps en espérant simplement y revenir dès le soir même.

Nous traversons le haut du village, passons à coté de la piscine et attaquons la montée. Ayant déjà vécu par deux fois cette longue journée, j’essaie d’être le plus présent possible auprès de mes camarades.

Rapidement, notre équipe éclate en plusieurs petits groupes. Nous remontons la vallée large et évidente qui va nous mener tout droit jusqu'au pied de L’Everest, ce qui n‘est pas rien. Le ciel est toujours de son bleu idéal et seul un vent fort et frais, descendant normalement des sommets glacés qui nous entourent, modère légèrement les enthousiasmes. Nous laissons sur notre droite tout en le longeant, le grand glacier du Khumbu. 

         C’est une montée magnifique, ni rude ni raide, dans ce petit matin, génial, froid et magnifique. Nous remontons d’abord pendant une heure de vastes prairies occupées par de nombreux yaks.

Soudain une moraine énorme barre la vallée. C’est celle du glacier du Changri, un des nombreux 6000 du coin. Nous opérons un arrêt général pour attendre le grupeto qui monte à son train.

De nouveau tous ensemble, nous attaquons la traversée de ces énormes moraines. Le sentier va maintenant les traverser pendant un très long moment. Terrain minéral, magnifique, chaotique dans lequel la trace n’est pas toujours évidente à suivre. Les glaciers népalais bougent beaucoup, leurs moraines font de même. Les marcheurs de tous poils, yak, français, sherpas, porteurs, ont bien du mal à garder le sentier sous les semelles tellement il est malmené et secoué dans tous les sens. Les montées et traversées se succèdent sans jamais se ressembler. On croit souvent être arrivé et on ne l’est jamais. Il reste toujours une crête morainique de plus devant le nez. A croire que cela n’en finira jamais. Alors que la faim commence à se faire sentir. Toujours pas de Gorak Shep en vue, le terrain continue son mouvement perpétuel.

Soudain, surgissent devant nous, des géants, le Pumori puis l’Everest et tous ses voisins. Le paysage pendant ces heures de montée prend à ce moment, toute son incroyable dimension. Nous essayons toutefois de ne pas rouler dans le fond de quelques trous, de quelques crevasses. En donnant de rapides coups d’œil à nos camarades de l’arrière ou de l’avant, nous continuons à progresser.

         Et voici qu’enfin arrive la dernière crête, les lodges de Gorak Shep sont soudain bien visibles. 
          Nous y descendons et nous avons un peu de mal à trouver le reste de l’équipe qui s’est réfugié dans le dernier lodge du village.

         Gorak Shep 5185m.

Nous nous effondrons sur les banquettes et attendons le bon festin qui va nous remettre sur les rails. En fait de festin, nous aurons droit à une bol de soupe mais Gérard, Evelyne, Aimé, Jean François, Marie et d’autres, en auraient mangé bien davantage.

Il est temps de monter, on mangera donc au retour.

Certaines d’entre-nous, prudemment, décident d’en rester là et entament la descente vers Lobuche. C'est là une sage décision.

Les autres attaquent la montée, franchissent un lac asséché et se heurtent aux premières pentes. Le sentier est bien tracé. Le rythme de marche redevient très lent. A cette altitude, tout effort coûte. Il faut absolument s’économiser.

Devant, bien menés par Véro et Guilaine, notre groupe, fort de 11 personnes gravi ces pentes. L’ascension se composant de deux parties séparées par une selle importante.

Très vite, je reste derrière avec Marie, préférant l’assister pendant cet effort. 

Alors que nous avons fait environ la moitie du chemin, nous croisons deux groupes de japonais. Dans le premier, l’un des membres, complètement groggy, est porté par ses sherpas, dans le second, un marcheur titube avec un masque à oxygène sur le nez.

Impressionné par ce tableau, à cet endroit, à cette altitude même les hélicoptères ont du mal à vivre, je préfère conseiller à Marie de redescendre. Elle n’a pas de symptômes inquiétants et paraît simplement fatiguée mais je ne veux pas courir de risque. Maintenant, avec le recul, je me demande si je n’avais pas été là, elle serait peut-être arrivée en haut.

Vers 5300m, nous nous séparons et je monte jusqu'au sommet rejoindre mes petits camarades qui chantent et dansent pour fêter leur victoire.

Quand j’arrive, tous les japonais sont descendus et je trouve mes amis frais comme des gardons et heureux comme s’ils avaient gravi l’Everest.

Je suis moi aussi très content  d’être là d’autant plus que Michel est lui aussi arrivé  et j’entends sa voix qui donne des conseils à tout le monde, aux Anglais, aux Belges, aux Coréens, aux Italiens. Notre Michel, c’est le drapeau à conseils du sommet.

On s’embrasse, on se félicite.

Je suis heureux pour ceux qui gravissent aujourd’hui leur premier 5000. Un 5000 dans la vie d’un montagnard ce n’est pas rien.

 

Kalla Pattar 5545m

 

    Face à nous, un panorama incroyable nous coupe le souffle. Avec de gauche à droite, le Pumori 7145m, le Lingtern 6697m, le Kumbutse 6640m, le Changtse 7550m, l’Everest 8848m, le Lohtse 8501m, le Nuptse 7879m, l’Ama Dablan 6856 et surtout le Pokalde 5806m et le Tamserku 6608m. Une intense émotion traverse notre groupe. Nous sommes impressionnés par les dimensions gigantesques de ces montagnes énormes et magnifiques qui nous surmontent de toutes leurs masses glaciaires et rocheuses.  

 

    Passé l’euphorie du sommet, je vais maintenant me consacrer, avec l’aide de mes camarades, à un cérémonie toute aussi impressionnante. Notre ami Daniel Dubourg s’est tué dans un accident de voiture ce dernier 1er mai. Maïté, son épouse, m’a alors demandé de répandre en montagne une partie des cendres de Daniel. ll m’a semblé que cet endroit, au sommet du Kalla Pattar, face à l’Everest, correspondait bien aux souhaits de Daniel. J’ai aussitôt obtenu l’aide de mes amis pour respecter cet engagement.
Nous nous sommes alors écartés de quelques pas de la voie normale. Mes amis étaient près de moi. Emu, j’ai réussi à lire, le beau texte, court et dense, rédigé par Maïté. J’ai ensuite ouvert l’urne funéraire, et ai laissé s’envoler les cendres de Daniel dans ces montagnes qu’il aimait tant.
      Le temps s’est alors arrêté. Nous sommes restés silencieux un long moment, chacun pensait à Daniel, à Maïté. Moi bien sûr, je pensais aussi aux miens qui ne me quittent jamais et qui ne connaîtront jamais le paysage de rêve que j’avais à ce moment sous les yeux. 
   Puis j’ai remercié les présents et nous avons repris le chemin de la descente.

    «- Chef, tu as réussi à me faire pleurer...

    - Tu n’en es très bien sorti…

    - Je pense que la cérémonie aurait plu à notre ami... » 

  La marche est maintenant simple, il nous suffit de suivre le sentier, d’apprécier les belles vues et de nous laisser porter par la magie naturelle de ces montagnes népalaises, belles et souriantes.

         Nous retrouvons dans une chaleur un peu étouffante, dans une fatigue un peu oppressante le lodge de Gorak Shep pour manger. Marie et Evelyne nous y accueillent.

         Le repas rapidement avalé, nous nous lançons aussitôt dans une descente redoutable. Nous craignons deux facteurs qui risquent de s’ajouter. D’abord la longueur de cette étape et donc de son retour qui a fait bien des dégâts lors des précédentes éditions. Et surtout, l’altitude. Nous sommes montés aujourd’hui à plus de 5500m et cet effort, nous risquons fortement de le payer.

Un peu inquiets, nous entamons cette descente avec notre équipe, bien regroupée derrière  Alain et Aimé.

Nous resterons ainsi tous ensemble jusqu’à retrouver alors que le soleil va se cacher derrière la crête, Lobuche, son lodge et nos petits camarades descendus plus tôt. Certains d'entre nous, épuisés par cette journée hors normes, s'écroulent aussitôt sur les lits. Nous ne les reverrons qu'au moment de l'apéritif.

Cette belle journée a tenu parfaitement ses promesses et nous laissera de grands souvenirs, des images grandioses et surtout beaucoup d’émotions. Elle s'achève dans l'allegresse de l’apéritif traditionnel alors servi avec des cris de joie et des scènes de fraternité autour des cartes de Uno. 

 

 

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Serge Capdessus - dans voyages
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:03

Lundi 3 novembre 2008.

8ème jour de voyage.

5ème étape de montagne.

Journée d’acclimatation et d’adaptation à l’altitude.

Journée géniale fatigante, d’un éblouissement total et absolu.

Anniversaire de Marie.

         Aujourd’hui, pour bien mettre toutes nos chances du bon coté, c’est un jour d’adaptation à l’altitude. Pour cela nous allons essayer de dépasser l’altitude de 5000 m sans forcer et de redescendre pour dormir à une altitude moins exigeante.

Ce matin, réveil vers 8h, agrémenté d’un bon petit déjeuner. Mais une nuit à plus de 4000m n’est jamais anodine et au réveil, nous sommes nombreux à ne pas avoir faim. Nous mangeons tout de même un peu en sachant bien que la journée ne sera pas banale et qu’il serait dommage de passer à côté, faute de forces suffisantes.

Dehors c’est toujours génial, le ciel clair, sans un nuage nous promet une belle journée. Elle ne sera pas belle, elle sera très belle, superbe, merveilleuse et fatigante...

Malheureusement petites ombres au tableau, Michel nous quitte déjà mieux acclimaté que nous et pars avec porteur et bagages au devant de nous. Nous le retrouverons à Gorak Shep. Et fatiguée par sa montée d’hier, peut-être un peu trop rapide, Marie sur les conseils de Thomas notre French Doctor, reste au lodge pour se refaire.

Nous posons pour une belle photo collective et complète devant le lodge, devant nos couleurs.

Les 18 qui partent, passent  d’abord par le village puis remontent  le fond de la vallée pour prendre gentiment de l’altitude. Ce départ, calme et lent, se contente de suivre le sentier qui remonte entre les buissons, et les petits rochers. Tout se passe dans la bonne humeur. Nous savons bien que pour bien vivre cette journée il ne faut pas partir vite.

Très rapidement, tout autour de nous, apparaît l’ensemble de sommets qui forment un incroyable ensemble de très hautes montagnes.

         Nous devons monter tranquillement vers la barre fatidique des 5000 m d’altitude sans tirer sur nos réserves.

Au fur et à mesure que nous avançons, c’est un véritable bonheur délivré par l’Himalaya qui nous attend. Les vues et les panoramas depuis ce sentier facile sont aussitôt magnifiques. Ils changent à chaque pas. Derrière nous, la vallée étroite qui file vers Tengboche, sur les deux cotés, l’ensemble des sommets Merha Peak, Chukung, Island Peak, Ama Dablan qui forment ce cirque formidable sans le moindre passage facile.

    C’est un spectacle permanent, fascinant et plus nous avançons, plus l’ensemble est beau, étincelant, unique. Rapidement les écarts se creusent entre nous, mais l’itinéraire reste évident.

    Nous arrivons ainsi au niveau d’un petit village au nom de Bibre ou je stoppe avec Véro et d’autres dans un modeste tea-shop pour prendre un café. C’est un moment bien agréable. Nous sommes à plus de 4500 m d’altitude.

    Un dernier effort nous est alors nécessaire alors que la luminosité devient de plus en plus forte pour arriver au village de Chukkung 4730m, presque l’altitude du Mt Blanc. Tout le monde se regroupe dans ce restaurant ou nous prendrons notre repas de midi

    Pour le moment tout va bien, tout le monde est arrivé à ce point, sans souci.

    Notre groupe se partage alors en deux: les valeureux qui désirent pousser le bouchon et les prudents qui pensent que cela suffit pour aujourd'hui.

    Le premier groupe attaque alors les pentes qui surmontent le village pour atteindre le plateau de Chukkung vers 5300 m. Là encore, notre équipe se coupe en 2, ceux qui continuent (Alain, Guilaine, Jean Luc, Aimé…) et ceux qui s’arrêtent à ce point sentant que cela est suffisant.

    Le point de vue est déjà immense et remarquable. Outre les nombreux 6000 et quelques 7000, nous voyons le Nuptse dont la formidable face Nord barre tout l’horizon, le Makalu un terrible 8000m, l’Island Peak et ses 6187 m et la barrière de glace de l'Amphu Lapsta, ceci sans compter ni les cimes secondaires (épaules… ) ni les sommets de + 5000…

    Rarement nous avons vu autant de sommets de telles altitudes et de faces de telles ampleurs en un seul coup d’œil. Il faut aller dans le massif des Annapurnas pour atteindre un niveau de panorama semblable.

    En tous cas, à nos yeux de randonneurs, pas le moindre endroit de passage accessible, dans ce formidable ensemble. Tout est très haut, très raide, très glacé et probablement très dangereux.

    Les conditions météo sont toujours parfaites avec une absence totale de vent et de nuages. Les vaillants de l’équipe atteindront le sommet du Chukkung Ri vers 5550 m.

    Bien content, je reste avec Véro et Amar sur les premières bosses à contempler ce panorama avant que des maux de tête, dus à la fatigue et à la luminosité, me poussent vers la descente.

Nous descendons alors vers le village pour y prendre le repas de midi.

    Ecrasé par l’étau que je porte autour de la tête, je préfère, accompagné de Véro et d’un sherpa redescendre jusqu’à Dengboche. Le retour au lodge de tout le monde s’effectuera tranquillement, par petits groupes, en prenant le temps de bien tout regarder. Il est d’ailleurs impossible de se lasser de la vue de l’Ama Dablan.

    Nous profiterons de la fin de la journée pour aller rendre visite à Ram Bahadur, sirdar de son métier. Il nous montre son lodge et moi je me sens bien con de ne pas l’avoir embauché pour ce trek mais je lui promets de penser à lui pour le prochain.

    Ce soir au gîte, c’est la fête en l’honneur de Marie qui vient de franchir allégrement ses 75ans. Avoir cet âge là à 4410 m n’est pas chose courante ni évidente, tout le monde souhaite à tout le monde de connaître cette joie.

    Un beau gâteau au chocolat avec bougies, clôture cette sympathique soirée. Merci à tous.
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Serge Capdessus - dans voyages
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:45

Dimanche 2 novembre 2008.

7me jour du voyage.

5ème jour du trek.

Du village de Tengboche 3860m à celui de Dingboche 4410m.

Nous montons lentement  vers la haute altitude.

        

Ce matin, au réveil, le ravissement continue, pas un nuage dans le ciel qui reste d’un bleu lumineux et parfait. Certes, à l’ombre il fait encore froid mais il suffit de se vêtir chaudement et d’être patient.

Notre sentier traverse tout le village pour plonger dans des pentes boisées, encore à l’ombre. Nous pressons donc le pas pour se réchauffer. Nous traversons de belles forêts de rhododendrons mais sans fleurs. On imagine la beauté de l’endroit au moment de la floraison.

    Nous traversons le petit village de Deboche ou des trekkeurs qui ont dormi sous tente ont bien du mal à se réchauffer. Nous parvenons à la rivière que nous traversons sur une petite passerelle.

Notre groupe en profite pour se regrouper avec une bonne pause sur la plage de la rive droite, elle bien ensoleillée. Nous sommes à ce moment, au pied de gigantesques montagnes qui laissent paraître leurs cimes blanches et glacées. Les sommets de plus de 6000m sont visibles, les 7000 ne sont pas loin et les 8000 approchent. L’air est maintenant agréable. Tout va bien.

Depuis le franchissement de la rivière, les arbres ont disparu. Seuls subsistent quelques drôles d’arbustes, de taille moyenne, sans feuilles ni épines. Nous sommes au pied du Taboche Peak 6337m et toujours face à l’Ama Dablan, seigneur des lieux, que nous apercevons de temps en temps, suivant l’endroit où nous nous trouvons.

Nous allons maintenant remonter cette vallée de la Imja Khola pour passer sous le village de Pangboche au monastère réputé, pour ensuite sortir de la forêt et des villages jusqu’au petit village de Samso. 

Le sentier, comme la vallée, se coupe en deux. La branche de gauche monte à Périche puis vers l’Everest et la branche de droite que nous suivrons monte à Dingboche puis à l’Island Peak.

Je reconnais l’endroit pour y avoir souffert avec Philipe en 1996.

La vallée s’élargit nettement et nous donne des vues de plus en plus larges, de plus en plus étendues, de plus en spectaculaires.

Une dernière montée en ordre dispersé car le terrain de cette fin d’étape est facile et évident nous permet de gravir les quelques centaines de mètres de dénivelé qui nous manquent avant d’arriver à notre lodge de Dingboche terme de notre journée.

Le voici, installé à 4410m d’altitude, légèrement à l’écart du village. Quand nous pénétrons à l’intérieur nous y entendons aussitôt une grosse voix française! Nous sommes étonnés. L’endroit appartiendrait-il à un français? Non, cette voix que nous connaissons bien est celle de notre ami Michel Corbières parti une semaine avant nous et que nous devions rattraper pendant ce trek.

Nous sommes maintenant au grand complet.

La patronne, la vraie, est ravie de voir arriver un groupe de plus de 20 personnes et nous accueille plutôt bien. La salle principale du lodge est vaste et bien éclairée. Nous nous installons dans les chambres reparties de part et d’autre d’un long couloir, lui, un peu froid.

En cette après midi, pour ne pas sombrer dans une sieste méritée mais sans intérêt, nous sommes un certain nombre, Jean Luc, Jean Paul, Ursula, Véro et d’autres, à filer du lodge pour en explorer les environs.

Très vite, dès les premiers pas, le souffle court, nous nous rendons bien compte que nous sommes rentrés dans le monde de la très haute montagne. Ici, c’est l’Himalaya. Au-dessus de nous, ce ne sont que des grands sommets qui nous guettent, des moraines gigantesques qui nous essoufflent et des glaciers terribles qui nous écraseraient comme des fétus de paille, s’ils le voulaient.

Le paysage qui nous entoure, austère et sauvage est un paysage de très haute montagne, avec peu de végétation, des rochers, des masses glaciaires suspendues, immenses et terrifiantes dans des dimensions inconnues en Europe.

Le groupe, poursuivi par les nuages qui montent en cette fin d’après midi, retrouve alors le lodge pour un moment de détente alors que tombe la nuit et le froid. Le jeu « Uno » commence alors à faire des ravages.

Dehors, c’est le froid, la nuit habituels à cette altitude. Ce contraste entre l’intérieur et l’extérieur nous donne une impression de confort extraordinairement agréable.

Nous sommes en cet instant, les plus heureux du monde.

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Serge Capdessus - dans voyages
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:33

Samedi 1er novembre 2008.

6me jour du voyage.

4ème jour du trek.

De la petite ville de Namche Bazar 3440m au village de Tengboche 3860m.

Première vraie journée dans le Khumbu. Commence la symphonie des grands paysages de montagne. 

 

         Et ce matin au lever, belle surprise, le ciel est d’un bleu dégagé, parfait. La vue, extraordinaire, sublime nous permet de bien distinguer le Kongde, un superbe 6000 qui n’a pas l’air bien accueillant avec ses arêtes effilées, ses pentes gigantesques et ses séracs menaçants.

Quittant le village de Namche,  le sentier, comme hier, franchit la crête et file aussitôt vers l’est en suivant les courbes de niveau. C’est déjà magnifique et les paysages  grandioses changent à tout instant.

Nous dépassons  les dernières maisons du village et filons bon train. Face à nous, l’Ama Dablam déjà magnifique et le Lhotse Shar occupent le fond de la vallée. Après un assez long parcours presque horizontal, nous arrivons au village de Sanasa, bien boisé ou Guillemette lâche ses premières roupies pour quelques achats. Pendant ce temps, le reste de l’équipe récupère de ses premiers efforts à l’ombre de quelques grands arbres. Nous sommes déjà à 3550m d’altitude.

Le sentier descend maintenant assez fortement pour arriver au bord de la Imja Khola, beau torrent agité que nous franchissons sur un pont en béton bien solide. Un peu avant, au lieu dit Punki Tenga nous avons fait halte dans l’unique restaurant de l’endroit pour y manger. Au milieu du repas, j’ai la surprise de voir arriver Ram Bahadur mon ami népalais, sirdar de mes premiers voyages. Habitant à Dengboche, il est allé faire ses courses à Namche Bazar soit, pour nous, deux jours de marche. Je l’invite à manger le même repas que nous mais, au moment de partir, j’oublie de le régler, c’est Amar qui le fera…

Le sentier attaque aussitôt les pentes de la rive droite. Un sérieux dénivelé est devant nous. Nous marchons le plus lentement possible, sur cette portion raide poussiéreuse entourée de rhododendrons géants, superbes arbres pour lesquels nous reviendrons plus tard, quand ils seront en fleurs.

En milieu d’après midi, au sommet d’un ressaut, sortant de la forêt, nous parvenons à Pangboche, bourgade installée sur un vaste replat de la vallée, au pied de l’Ama Dablan.

    L’endroit est génial et magnifique. Notre gîte aux fenêtres peintes en bleu, n’est pas vraiment luxueux avec des commodités extérieures fort simples (ce sont, par exemple, des feuilles de hêtres qui par centaines, remplacent les faïences...). Mais ces détails matériels, de relatif inconfort, sont négligeables, nous sommes heureux d’être là, nous aimons le Népal, tout le Népal. 

Nous occupons cette après midi en goûtant aux étonnantes pâtisseries d’un restaurant, en visitant le grand monastère, en obtenant une bonne réduction sur le prix des bouteilles d’eau, en cherchant fébrilement du réseau de téléphone portable. Par petits groupes de deux ou trois, le groupe s’égaye gentiment sur le site aux panoramas de tous cotés extraordinaires.

Pour la première fois, ce soir, il fait presque froid, certainement en raison de la montée en altitude. Nous mangeons à l’intérieur, dans une salle chauffée, partageant la salle avec un groupe d’anglais.

 

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Serge Capdessus - dans voyages
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