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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 10:19

 

En juillet et août 2013, s'inspirant des voyages précédemment réalisés par nos amis Jean Francois Chérel (traversée de l'Australie) et Jean Paul Louis (de Tours à Bucarest), de nos voyages effectués à tandem ces dernières années, nous avons traversé pour la deuxième fois, l'Europe à tandem et remorque, ralliant cette fois par le centre de l'Europe, Bucarest (Roumanie) à Thouars (France).

 

Après un aller en avion sur ligne Air France et un séjour de découverte de la Bulgarie avec nos amis de l'Usfen 33, nous sommes partis le 19 juillet de Bucarest pour découvrir, tout ou partiellement, pas moins de 7 pays: la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne, la Suisse, la France, gravissant au passage 13 cols et parcourant 2626km...

 

http://www.facebook.com/pages/Serge-et-v%C3%A9ro/382750075111831

 

Nombre de kilomètres parcourus à tandem remorque de BUCAREST (Roumanie) à SAINTE RADEGONDE LES POMMIERS (France): 2626km.

 

Vendredi 19 juillet 2013

De l'hôtel de Bucarest à l'hôtel de Gaesti (Roumanie)

C'est le départ.

La veille nous avons laissé à Pitesti nos amis de l'Usfen 33 pour retrouver à Bucarest tout notre cher équipage: Georges notre tandem, sa remorque et ses 4 sacoches. Il fait déjà chaud, tout va bien. Nous sommes impatients, fébriles, tendus, heureux de nous lancer dans notre second grand voyage à tandem. Mais Véro insiste, il nous faut aller d'abord, avant de rouler, chez un mécano de vélo! Voilà un voyage qui commence bien...

Nous quittons, deux heures plus tard, Bucarest, sans problème, les automobilistes sont compréhensifs avec notre grand attelage plus long qu'une voiture. Notre beau tandem est bien remis sur pied avec les dernieres réparations et autres réglages. De toute façon, Véro gère parfaitement l'itinéraire à travers les boulevards, les avenues et les voies du tramway. Nous espérons prendre le train pour nous supprimer le trajet jusqu’à Pitesti: "route infestée de camions" nous a annoncé Mircea. Mais dans la grande gare de Bucarest, bien évidemment nous faisons sensation avec notre attelage mais  nous apprenons aussi que dans les trains de ce jour, il n'y a pas de wagon acceptant les vélos. Qu'à cela ne tienne, nous nous passerons du train

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A partir de maintenant, c'est simple, c'est tout droit et tout plat. A notre grande surprise, la chaleur est tout à fait supportable et nous laisse rouler tranquillement sans nous écraser. A la sortie de la grande agglomération de Bucarest, nous stoppons pour notre premier repas et sommes rapidement sollicités par les habitants du quartier, étonnés de voir un tandem avec sa remorque, s'arrêter devant chez eux, ils nous offrent aussitôt de l'eau fraiche et des biscuits.

Au bout de 4 heures de route, nous stoppons pour notre première nuit dans la petite ville de Gaesti et à notre grande surprise, le centre ville est occupé par une énorme fête foraine joyeuse et bruyante. C'est vraiment pas du tout ce que nous recherchons. Dans le seul hôtel de la ville, nous prenons la dernière chambre, qualifiée de luxueuse. En ce premier soir, le moral est plutôt bon mais nous savons que la route qu'il nous reste à parcourir est incroyablement longue.

 

Samedi 20 juillet 2013

2ème jour

De l'hôtel de Gaesti en Roumanie au monastère de Garava en Roumanie.

Lever un peu lent ce matin même si ni la chaleur ni les bruits de la fête ne nous ont empêchés de dormir. Les muscles ne sont pas encore habitués à l'effort, ils restent raides sans savoir ce qui les attend. Il fait très beau et heureusement encore frais. Pendant que Véro fait les courses du jour je reste dehors avec Georges et regarde cette petite ville roumaine se réveiller.

Nous roulons ensuite bon train sur une belle route droite, au revêtement très abimée par les camions et pas encore trop fréquentée, en traversant nombre de petits villages-rue. Nous atteignons rapidement la grande ville de Pitesti. Il commence à faire chaud. Dans les champs qui bordent notre route, c'est le moment de la récolte des pommes de terre. Véro est toute chamboulée de voir tous ces hommes et femmes s’échiner par une température maintenant étouffante à ramasser ces diables de tubercules. Quelques mots sur le Cabanial, quelques gestes de sympathie vis à vis de ces travailleurs qui nous répondent toujours et nous continuons.

Nous dépassons même Ramnicu Valcea autre grande ville alors qu'un nuage venu d'on ne sait ou, nous lâche une courte averse sur nos têtes. Mais pas de quoi ni s’arrêter ni s'habiller. Quelques minutes plus tard le sec revient et j'essaie alors, non sans difficultés, d’éviter les nombreuses flaques qui nous narguent.

Nous en avons déjà assez mais Véro sait bien qu'il faut grignoter au maximum l’étape de demain qui, sans cela, sera simplement terrible. Elle le sera quand même. Nous dépassons Herezu et roulons jusqu'au monastère de Garava dans la fraicheur et le calme de cette journée qui se termine.

Malgré la barrière de la langue, nous y sommes très bien accueillis, hébergés et nourris. Merci à ces religieuses de nous avoir ainsi donné ce qu'elles avaient.

 

Dimanche 21 juillet 2013

3ème jour

Du monastère de Garava (Roumanie) à l’hôtel de Ramca (Roumanie).

Traversée des Carpates par la route de la Transalpina.

Réveil matinal dans la gite du monastère. Tout va bien, sauf que des animaux, pendant la nuit nous ont attaqué la sacoche.... On mange et on quitte à regret cet endroit hors du temps, unique. La température est idéale pour rouler et nous avalons aisément les premiers kilomètres. Nous atteignons ainsi, pour les ravitaillements d'usage, une petite place de village ou un homme, pendant que Véro fait des achats, est très fier de me montrer son vélo électrique. Il ne parle pas français, je ne dis pas un mot de roumain mais nous nous comprenons et nous échangeons l'essentiel.

Quelques dizaines de kilomètres plus tard, la petite ville de Horezu. Nous sommes encore loin du début des difficultés et prudemment préférons rester sur le fond de la vallée. Mais le relief des Carpates nous rattrape rapidement avec des petites bosses de rien du tout mais qui dépassent souvent les 10%.

Un peu plus haut que Novaci nous nous arrêtons, déjà fatigués, pour la pause de midi, près d’un lavoir. Nous sommes plutôt optimistes, les quelques calculs que nous faisons semblent nous donner des résultats encourageants. Et bien il n’en sera rien. La montée que nous allons effectuer est l’une des plus dures, les plus longues, les plus éprouvantes de toutes celles que nous avons déjà réalisées. D’entrée, la pente est sévère et taquine aussitôt les 10% ce qui avec un tandem et sa remorque est un obstacle redoutable. Bien sur, pas de panneau indicateur ni de pente ni de distance affichées, nous devons dans notre tête, tout en roulant, faire des calculs pour évaluer l’effort qu’il nous reste à fournir, la pente qu’il nous reste à gravir. Rapidement, la route sort de la forêt et nous délivre des vues immenses sur la plaine mais nous n’avons pas le loisir de les apprécier tant l’effort est exigeant. Et jamais un petit replat pour souffler une petite descente pour récupérer, il nous faut appuyer toujours davantage. L’altitude affichée par l’altimètre augmente rapidement mais la distance parcourue, elle, ne bouge que très lentement, la pente est vraiment trop raide.

Nous sommes rapidement dans le rouge, on force, on force, on force et on pose à bout de souffle pour quelques minutes de petite récupération et on repart. Même le trafic automobile s’est considérablement calmé. L'heure avance et nous ne savons pas encore ou nous loger pour la nuit. Une seule alternative devant nous, il nous faut pédaler et appuyer encore et encore. Sur le bord de cette route neuve, pas la moindre cabane ni panneau réconfortant, seuls l’asphalte de bonne qualité et le ciel toujours bleu nous laissent optimistes. La végétation qui nous entoure avec ses grands pins est bien une végétation de montagne, il ne serait pas bien confortable de faire cette ascension dans le brouillard ou le mauvais temps. Soudain devant nous la pente se calme et le paysage devient plus sympathique. La route cesse de monter fortement et commence à décrire de beaux virages plus aimables. Voici un passage de crête, peut être un col répertorié et après un bon petit replat, notre route file fortement vers la gauche vers le haut de cette montagne. Il fait très beau, nous avons même du vent sur ce plateau d’altitude surmonté par une grande croix vers 1600 m d’altitude . Pas de panneau indicateur, ou sommes-nous? Nous ne le savons pas encore. 

Plus tard, mes copains du Club des Cents Cols nous indiqueront que nous avons gravi le SAUA DENGHERUI 2035m.

Nous rencontrons à cet endroit, perdu, battu par les vents, un cycliste roumain venu comme nous de Bucarest. Les échanges entre nous sont brefs mais chaleureux.

Il nous suffit maintenant de rouler facilement jusqu’à la ville de Ranca qui en réalité n’est pas un village de montagne mais plutôt une station de ski. Ce qui explique toutes mes erreurs d’appréciation du matin concernent les altitudes à atteindre et l’effort à fournir. Les hôtels sont nombreux, nous prenons le premier: la pensiona Craiul Muntilor. L’accueil y est sympathique, la douche chaude et la bière fraîche.

 

Lundi 22 juillet 2013.

De l’hôtel de Ramca (Roumanie) à la pension de Hateg (Roumanie)

121 km

4ème jour.

La nuit a été douce calme dans ce nid d'aigle, ce matin les muscles et les articulations sont raides et lourds, mais le grand ciel bleu a tôt fait de nous rendre un bon moral. Nous remontons notre équipage encombrant jusqu’à la route et entamons aussitôt la fin de l'ascension du plus haut col de Roumanie, ascension bien entamée hier avec cette terrible journée. Mais il nous en reste encore pas mal à faire, à gravir et à appuyer.

Nous quittons la station de ski de Ranca alors que le temps clair et frais nous permet de relancer gentiment la machine. Dès la sortie de la station nous retrouvons à la fois et la pente et le soleil. Comme nous avons laissé la forêt depuis déjà de nombreux kilomètres, nous avons la joie de profiter de vues très étendues sur les vallées qui nous entourent. A cette heure matinale, nous sommes presque seuls sur cette route perdue, irréelle qui monte encore et toujours mais l'effort nous semble moins pénible, moins douloureux que la veille. Nous retrouvons notre ami Roumain, rencontré hier, mais, malgré nos efforts pour l'attendre, nous sommes obligés de constater après quelques minutes que nous l'avons déjà lâché. A tandem, peut être encore plus qu'à vélo c'est difficile de ralentir fortement son allure. Au bout de quelques minutes, insensiblement on appuie et on retrouve son allure naturelle, adaptée au terrain et à son énergie.

La route décrit maintenant de grands virages réguliers qui nous permettent de gravir la croupe énorme du sommet que nous apercevions la veille depuis la vallée. Notre moral est bon, je surveille du coin de l'oeil mon altimètre, nous assurons une vitesse de progression, lente mais régulière. Derrière, Véro a bien récupéré des efforts de la veille et appuie tranquillement sur les manivelles sans grandes difficultés. Soudain, ou enfin, notre route pique vers la gauche et coupe le vaste versant Sud Ouest de la montagne. La pente de la route s'adoucit, nous pouvons même accélérer et descendre des pignons. Quand soudain, juste après un passage un peu étroit ou la route frôle des barres rocheuses, un groupe de roumains, nous hèle. Cette famille en vacances, nous signale alors que nous étions en train de dépasser le point le plus haut de cette incroyable route, et ce, sans le savoir, sans le voir et sans en profiter. Nous stoppons et nous nous retrouvons pour une belle photo, tous ensemble. Cette route est parfaitement goudronnée mais ne comporte pas le moindre panneau ni de direction ni de col. Quel dommage! Pasul Urdele 2228m.

Quelques minutes plus tard, nous reprenons la route espérant, comme toujours, plonger dans une superbe descente. C'est vraiment le cas, car la route décrit de grands  virages dans un vaste cirque magnifique et herbeux.  Mais très vite, nous nous apercevons que la route remonte à nouveau, en franchissant un nouveau col le Saua Stefanul 1915m, pour remonter à nouveau une dernière fois.

Nous essayons de bien prendre de l'élan mais cela ne sera pas suffisant et nous avons toutes les peines du monde pour franchir ce nouvel obstacle. Le GPS affiche encore une fois des pourcentages de 12 et 14%. Vraiment, nous n'oublierons jamais cette Transalpina.

Sous un ciel toujours radieux, nous atteignons notre dernier col, occupé par nombre de baraques à frites et à saucisses, c'est le Saua Muntinui 2000m.

L'occasion est trop belle, nous stoppons. Nous sommes les seuls cyclistes. Et là, nouvelle surprise roumaine, la famille rencontrée sur le col est la, nous attend et nous invite à partager avec eux leur pique nique. Un excellent moment d'échange et une véritable émotion. La fatigue accumulée pendant ces terribles montées s'évanouit comme par enchantement.

Il s'ensuit alors une incroyable descente, versant nord vers la plaine de Hateg. Les paysages qui défilent sous nos yeux sont tellement grandioses et incroyables qu'on  pourrait se croire au Ladakh quand nous sommes descendus à vélo du Kardung la. L'asphalte excellente nous permet cette longue descente qui n'est qu'un vrai bonheur. Parvenus au bas de la vallée après une suite géniale de virages en tous genres nous longeons maintenant une vaste zone humide parcourue par de nombreux torrents. Rapidement c'est le grand carrefour avec la route nationale 7. Sans même nous arrêter nous filons vers l'ouest en suivant cette nouvelle route au revêtement plutôt dégradé. Nous n'avons pas vraiment envie de forcer à nouveau pour une nouvelle montée mais finalement, nous parvenons sans trop de difficultés au col suivant. Pas de panneau bien sur, mais un vaste carrefour de pistes poussiéreuses et totalement désertes. Pasul Groapa Seaca Lotru 1575m

Nous plongeons alors dans une longue descente très agitée et très secouante jusqu'à la petite ville de Petrosani. Sur la place centrale, accueillante et ensoleillée, nous nous effondrons sur une banquette de terrasse pour y déguster de belles glaces parfumées. Jusqu'à la ville suivante, il nous reste encore plus de 40 km à parcourir. Comme nous sommes bien écrasés de fatigue nous redoutons cette deuxième partie mais il est trop tôt pour rester sur place. Nous nous apercevons alors que notre route va suivre une ligne ferroviaire, le profil risque donc de ne pas être trop pénible.

Rassurés, nous reprenons la route et atteignons Hateg ville d'une certaine importance, finalement sans trop de souffrances. Il est 18 h quand nous nous laissons tomber sur le lit d'une belle auberge que nous appelons aussitôt "auberge des pommiers".

 

Mardi 23 juillet 2013.

De Hateg (Roumanie) à  Lugoj (Roumanie ).

De l'auberge des Pommiers de Hateg  à l'hôtel de Lugoj.

110 km.

5ème jour.

Ce matin nous sommes réveillés, par des oiseaux qui chantent de bon coeur dans les pommiers tout proches de notre fenêtre. Heureusement qu'ils sont là car les efforts de la veille rendent au lever, tout mouvement des genoux difficile. Après quelques kilomètres, tout va mieux, tout se réchauffe et nous avançons presque facilement traversant de vastes plaines agricoles. Soudain sur notre gauche, un site historique: ce sont des ruines romaines, vastes et spectaculaires. Cela vaut le coup d'oeil, un petit arrêt et deux cafés. Mais la route qui nous reste à parcourir est encore très longue...

Après les efforts des deux journées précédentes, nous aspirons vraiment à rouler gentiment  à une allure régulière sur un bord de route tranquille, tout en se jurant de ne plus recommencer à gravir des cols, trop pénible, trop usant pour nos petites articulations surtout avec un attelage comme le nôtre. Et notre vœu est presque aussitôt entièrement exaucé - les dieux du tandem nous seraient ils favorables ?- car, à notre grande surprise, nous restons sur un profil de route presque aimable, presque facile, alternant par vent favorable, petites montées et douces descentes.

Mais hélas, nous nous heurtons en fin de matinée à une autre manifestation météorologique : la chaleur ! La chaleur qui fait en effet  une arrivée sournoise et bien réelle. Car alors que nous parvenons  maintenant à rouler bon train avec une vitesse moyenne dépassant nettement les 20km/h, nous sommes contraints de stopper longuement pour la pause de midi. Véro sent parfaitement en effet que nous sommes en train de risquer gentiment une véritable surchauffe si nous continuons à rouler par des températures qui ne cessent de monter. Bien évidemment dans les petits villages que nous traversons pas de café, pas de place accueillante. Nous nous réfugions alors dans une rue annexe, sous des pruniers, pour une halte prolongée qui nous permet d’éviter au moins, le risque de déshydratation.

L’après midi est conforme à la matinée avec un parcours régulier et efficace qui nous permet de dépasser la ville de Caransebes pour atteindre en fin de journée celle de Lugoj. Et là, nous ne finassons pas, avec plus de 100 km dans la sacoche, nous en avons assez. Au premier panneau nous signalant un hôtel, je freine, tourne et stoppe. Nous dormons dans une belle petite chambre et surtout nous mangeons dans un excellent restaurant du poisson roumain presque aussi bon que celui de l’hôtel des Voyageurs d’Urdos. En tous cas ici l’accueil est roumain c’est-à-dire souriant et chaleureux. Georges dort en face dans un atelier d’ébénisterie.

 

Mercredi  24 juillet 2013.

De  Lugoj (Roumanie ) à Timisoara  ( Roumanie).

De l'hôtel de Lugoj à celui de Timisoara.

90 km.

Jour de repos (?)

6ème jour.

Au matin, nous quittons la ville le mollet léger, nous avons récupéré dans cet hôtel confortable mais il nous semble qu'une petite journée de repos nous ferait le plus grand bien. Et ce qui tombe très bien c'est que nous pouvons nous arrêter à Timisoara ou nous avons une adresse pour nous héberger d'autant plus que la roue libre de Georges émet de sérieux signes de faiblesse...

Dès que nous arrivons dans cette grande ville universitaire nous nous dirigeons, bien aidés par les passants, vers le centre historique. Nous n'avons pas beaucoup de temps mais Véro prend tout de même quelques minutes pour apprécier la grande Cathédrale. Visite spectaculaire mais un peu gâchée par un vol commis presque sous nos yeux: dans le parc qui entoure le monument et où nous nous reposons, des gens se courent après et visiblement les premiers ont volé les seconds... 

Quelques recherches, quelques coups de pédale et nous nous retrouvons au Décathlon pour y rencontrer le directeur, un ami de René et faire réparer la roue libre de notre tandem. le second point est beaucoup plus compliqué que le premier - les roues libres de tandem ici ne courent pas les rues et en plus il faut savoir les changer. Heureusement, après bien des rebondissements, nous rencontrons Félix,un génial et si gentil  ingénieur cycliste aux doigts experts parlant français et qui sait changer une roue libre- ce qui n'est pas une mince affaire.

Quatre heures plus tard, il fait nuit noire, nous nous effondrons complètement épuisés sur le lit d'un bel hôtel après avoir passé 3 longues  heures dans l'atelier de Félix, être revenu à Décathlon toujours situé à l'extérieur de la ville, roulé longtemps dans la nuit des banlieues pour chercher un hôtel, tourné (involontairement) autour des prostituées qui entament leur nuit.. Et quand Véro relève le GPS elle s'aperçoit que nous avons parcouru plus de 90 km ce qui fait vraiment beaucoup pour une journée de repos.  

 

Jeudi  25 juillet 2013.

De Timisoara  ( Roumanie) à Szeged (Hongrie).

De l'hôtel de Timisoara au camping de Szeged.

Etape de 115 km pour un total de 724km.

Nous arrivons en Hongrie, pays froid.

7ème jour.

Comme toujours, ce matin dans cette chambre très confortable, le réveil est lent, raide et pénible. Nous payons les efforts crispants de la veille. Mais après quelques coups de pédales, tout va beaucoup mieux et nous retouvons gaiété et joie pour rouler encore et davantage. Nous quittons cette ville de Timisoara à de multiples visages en prenant une route large et rectiligne qui file plein nord vers la Hongrie.

Première surprise de la journée, la route internationale que nous suivons, est large mais beaucoup moins fréquentée que nous le redoutions. La forme physique revient, nous entamons cette derniere journée roumaine en appuyant sériusement sur les manivelles, le compteur affiche des moyennes nettement supérieures à 20 km/h, ce qui nous rend bien optimistes. Le paysage est absolument plat et peut être presque monotone. Autour de nous, ce ne sont d'immenses parcelles agricoles cultivées par d'énormes machines qui lachent dans l'atmpsphère des nuages de poussieres visibles à des kilomètres. Petit à petit, les chiens errants en bord de route, errants mais jamais agressifs, sont de plus en plus rares. Nous ne savons pas encore mais nous allons pénétrer en Hongrie dont le climat social et humain est très different de celui de la Roumanie. Les villages-rue se suivent sans jamais se ressembler avec leurs facades toujours colorées et qui se ferment peu à peu au fur et à mesure que nous roulons. Voici le village de Cenad, en pensant à mes amis de Gironde et de Cenac, je prends quelques photos du panneau. 

Voici la frontiere avec la Hongrie. C'est notre second pays traversé pendant ce voyage et notre dernier passage traditionnel de douane avec barriere passeport, douaniers... etc

Tout de suite, dès la frontière nous trouvons une piste cyclable qui longe la nationale. Mais ici, ce n'est pas la rigolade générale, il faut bien rester sur sa piste sinon les conducteurs de voitures grognent. Les villages eux sont de plus en plus coquets et de plus en plus fermés.

Nous arrivons en fin de journée à Czeged, grande et belle ville hongroise. Mais rapidement, c'est le choc incroyable et brutal: au milieu de ces statues monumentales, ces rues pietonnes pavées et impeccables, nous avons la certitude qu'ici les gens font tous la tete.  Ils ont l'air tous enfermés dans leurs habitudes ou leurs certitudes ou leurs rejets. Personne ne nous parle, ne nous regarde, ne nous interpelle, même les enfants nous ignorent. Le contraste avec la Roumanie est absolument incroyable.

Nous trouvons difficilement des billests de banque, du pain mou et le vaste camping de la ville, bien situé en bordure du Danube. Et là, nouvelle surprise, les femmes se douchent avec les femmes, les hommes avec les hommes, jusque là tout est normal sauf que c'est sans porte.  Bonjour le spetacle. Enfin, dans un silence de rame de métro, on fait ce que l'on a faire, sans dire un mot.

Au menu, ce soir, dans le retaurant, accueillant, du camping: Goulash et Bière. La Roumanie nous manque déjà.      

 

Vendredi  26 juillet 2013.

De Szeged (Hongrie) à Kecskemet (Hongrie).

Du camping de Szeged à l'hôtel de Kecskemet.

Etape de 96 km pour un total de 819km.

La  Hongrie, pays plat et étonnant.

8ème jour.

Le réveil est matinal, nous avons oublié le changement d’heure entre les deux pays. A l’accueil du camping, en attendant nos passeports, on en profite pour échanger avec deux hommes qui ont à effectuer des travaux d’intérêt général. Ces hommes ont vécu en France et nous parlent de leur vie ici en Hongrie. Ce sont les premiers hongrois qui nous parlent spontanément et nous en sommes ravis. Nous allons ensuite mettre un temps fou à traverser puis enfin à quitter cette ville nous avons vraiment du mal à comprendre comment elle s’organise. Sur l’un des derniers croisements, toujours grâce à notre petit drapeau tricolore, nous rencontrons un homme parlant français qui nous explique qu’il est hongrois, né en Transylvanie et qu’il a été expulsé par les Roumains, après la guerre. Je ne comprends pas tout ce qu’il nous raconte, ignorant bien des détails de l’histoire agitée et récente de ces pays dit de l’Est.

Et nous reprenons la route toujours aussi plate toujours aussi rectiligne mais heureusement bien ombragée. La piste cyclable est bien construite avec des villages de plus en plus coquets et colorés. Vers 14 h nous faisons une bonne pause suivie d’une petite sieste, il recommence en effet à faire trop chaud pour rouler entre 12h et 16h, comme l’an dernier. Pour cette après midi, il nous reste 25 km a parcourir, une paille surtout que ce n’est que du plat, que du plat. A l’entrée de la ville, nous sommes impressionnes par la taille de l’usine Mercedes qui immense et impeccable nous montre bien que le pays est dans une phase de développement industriel spectaculaire. Voici la ville, de bonne taille bien organisée mais dans laquelle nous avons un peu de mal à trouver un hôtel pas trop cher. Visiblement nous payons la proximité de l’usine Mercedes. Dans notre pension, tout est propre et bien organisé, notre tandem occupe à lui tout seul la moitié du garage et nous trouvons la bible dans la chambre. Pas le temps de la lire, nous sommes trop fatigués mais tout va bien, nous sommes très heureux d’être là. Nous prenons le repas du soir dans une glacerie de quartier, modeste mais suffisante.

 

Samedi 27 juillet 2013

De la pension de Kecskemét au camping de Budapest.

Transfert en train suivi d'un trajet de 30 km environ. 

9ème jour.

Ce matin, bible  ou pas, la forme physique est toute petite, le genou est en flammes et le moral est dans les chaussettes. Par hasard, nous pensons à l’idée du train: au lieu de se cogner encore 100km de plat, nous allons prendre un train afin de se reposer et de continuer à avancer…

Demi-heure plus tard nous trouvons la gare. Un coup d'oeil au panneau d'affichage, nous avons un train dans 10 mn, pas de quoi trainer. Véro qui commence à maitriser le hongrois (blague) se débrouille je ne sais comment et revient cent secondes plus tard avec nos billets. Le train arrive et hop nous nous retrouvons dans un wagon de bonne allure, nous deux, Georges et sa remorque pas loin de nous. Bref tout va bien.

Des jeunes nous saluent d'un "scott" que nous trouvons bien sympathique, sans savoir ce que cela veut vraiment dire. Et le train roule toujours. La campagne hongroise est plus sympathique vue de notre compartiment surtout que Véro rencontre un homme qui parle français assez  bien. Ce sera  une chance car Paul, c'est son prénom, va s'escrimer à nous expliquer nombre d'aspects de son pays et surtout, apres la descente du train, à nous montrer les grands sites et  historiques  de Budapest. Nous ne comprenons pas tout mais ce passage rapide et spectaculaire à tandem sera pour nous un véritable enchantement, nous donnant simplement l'envie d'en voir et d'en comprendre bien davantage...Merci donc à Paul pour ce moment magique.

Poussant un peu plus loin, nous trouvons rapidement le grand camping de la ville. Calme et ombragé ce dernier nous permet une bonne après midi de repos. En fin de journee, nous revenons dans le centre de Budapest pour y découvrir et apprecier chateaux et églises et parlement du quartier Pest. Beaucoup de très belles choses à voir et à admirer. Avec  notre tandem nous ne passons vraiment pas inaperçus dans ces foules touristiques et il est dans ces villes très aisé de rouler à vélo, tout est prévu pour cela.  

DAns les derniers kilometerez nous sommes doubles par deux cons à cvelo; piqués au vif nous leur montrons de quel boiss on se chauffe par une magistrale acceleration qui les laisse sur place.

Voici donc bratislava et son camping vaste mais peu acciueillant. LA  nuit est tres venté, je crains une chute d'arbres Finalement nous n'aurons pas de pluie, mais heureusement VERO se lèveet repiquette  toute notre te

Dimanche 28 juillet 2013

Du camping de Budapest (Hongrie) à l'hôtel de Miko (Slovaquie).

10ème jour

97 km pour un total de 947km.

Le réveil matinal est agréable et facile dans ce grand camping ombragé et peu fréquenté. Mais une journée nous attend, belle et rude. Nous allons en effet taquiner les reliefs hongrois et essayer de ramener quelques cols dans notre besace de  chasseurs de cols.

Le parcours est apparemment assez simple mais en réalité il se défendra bien avec de rudes montées imprévues culminants à de méchants 12% et surtout avec une température caniculaire qui rendra les ascensions de ces quatre cols hongrois aussi éprouvantes qu'épuisantes. 

Nous sortons assez rapidement de la ville et nous nous retrouvons dans un ensemble de petites routes de grande banlieue avec des commerces des lotissements et de nombreux petits quartiers.C'est Dimanche, les gens font leurs dernières courses du week end et nous nous avons de plus en plus chaud. 

Nous  dépassons Pomaz et par une petite route arrivons à csobanka . LE premier col est atteint rapidement CSOBANKA NYEREG. C'est  notre premier col hongrois, il n'est pas beau mais nous sommes ravis d'etre là.

Nous continuons alors la route pour traverser une autre  bourgade celle là bien pentue avant de rejoindre une ligne ferroviaire. La circulation se densifie  fortement jusqu'au col suivant, bien marqué, bien boisé. KOPAR HAGO. Il n'est pas beaucoup plus beau que le précédent . Nous  redescendons un peu sur le même versantpour prendre une autre  route traversant une zone de campagne  cultivée  jusqu'à un nouveau  col le  SZANTO NYEREG. Maintenant, il fait tres chaud et nous sommes heureux de trouver un bar ouvert dans le centre de Plisszentkerest . On se rafraichit, on se  refroidit.

Maintenant il nous faut encore rouler et appuyer fortement pour gravir notre  dernier col de la journée avec une belle  montée  dans une forêt  de feuillus, à l'ombre bien appréciée. KEF BUFKA NYEREG. 

La descente sur  Estergom est facile et agréable mais nous avons, dans la ville, un peu de  mal à trouver le pont qui doit nous mener en Slovaquie. Un comble! Les  Hongrois  ne sont pas tres sympas  mais on parvient tout de même à mettre les roues en Slovaquie, franchissant le Danube sur un magnifique pont. 

Pour  marquer ce moment, je prends un bain dans les eaux  accueillantes du Danube avant de filer plein Ouest. Il est  environ  16h et nous voulons bien rouler après cette rude matinée consacrée aux cols hongrois.

Bien lancés sur notre engin, sur une belle route plate et bien asphaltée  nous avalons les kilomètres mais aussi les moustiques. Soudain alors que le jour commence à décliner, voici un bel hôtel qui apparait. Nous  stoppons épuisés mais heureux.

 

Lundi 29 juillet 2013

De l'hôtel de Miko (Slovaquie) au camping de Bratislava (Slovaquie).

11ème jour

 125 km pour un total de 1072 km.

Ce  matin à 5h, je suis  réveillé, assis sur la terrasse, je goute cet instant de calme et de douceur. A quelques  dizaines de mètres de moi, c'est le géant Danube qui s'eveille dans la fraicheur de ce petit matin. Toute la nuit, j'ai été attaqué, piqué, martyrisé par des moustiques innombrables et insaisissables. Un véritable enfer qui ne s'est arrêté qu'au  petit jour. La journée qui suivra cette nuit épique, sera elle, douce et inédite.

Après un excellent petit dejeuner, nous filons dare dare vers le Nord empruntant une belle route bien asphaltée. nous avalons ainsi tout de même 80km avant la pause repas à dunajska streda. Nous traversons des champs immenses de blé et de tournsesol.l'agriculture  a ici une allure tres differente de celle qu'elle a en Roumanie. 

A midi il fait très chaud, nous retrouvons la canicule. La pause est  logiquement aussi très longue. Après la reprise et une route de mauvaise qualité, nous arrivons en 30 km de plus dans la banlieue de Bratislava. Véro a reussi à glaner des informations sur le camping de la ville, heureusement, sans cela, nous aurions eu de sacrés difficultés pour atteindre notre  lieu de bivouac.

Dans les derniers kilometres nous sommes doublés par deux cons à velo. Piqués au vif nous leur montrons de quel bois nous nous chauffons par une magistrale accélération qui les laisse sur place.

Voici donc Bratislava et son camping vaste mais peu accueillant. La  nuit est très venté, je crains une chute d'arbres. Finalement nous n'aurons pas de pluie, mais heureusement, Véro se lève et repiquette  toute notre tente.

 

Mardi  30 juillet 2013

Région de Bratislava (Slovaquie).

12ème jour

63 km pour un total de 1135 km.

Nous laissons tente et remorque sur place pour aller taquiner un col, notre premier col slovaque. Ce matin , le temps est moins beau que d'habitude , des nuages gris et bas courent d'Est en Ouest. Nous quittons assez facilement la ville en suivant quelques axes très fréquentés pour nous retrouver à rouler dans la campagne slovaque sans grand interet. 

Face à nous, dans le fond de la plaine que nous traversons, montent peu à peu un massif montagneux tres boisé. Apres quelques hesitations sur des carrefours surprenants nous attaquons donc la montée vers les premieres cretes. La route est calme et facile à suivre. De temps en temps nous croisons un vehicule à moteur, pas d'étrangers, peu de touriste sur cette route pourtant tres proche de la capitale du pays. Bien sur pas le moindre panneau pour nous aider ou nous renseigner ou nous rassurer, alors nous montons et nous montons encore, la pente est moyenne et régulière.

Soudain au detour d'un nouveau virage,  toujours au coeur de cette foret noire et épaisse, voici le col que nous attendons avec un beau retaurant pour le marquer. SEDLO BABA. Et alors que nous prenons les traditionnelles photos de col nous avons la joie de voir apparaitre un autre tandem: un couple de francais qui traversent l'Europe avec deux sacoches. Le moment est chaleureux, nous échangeons gaiement nos vécus. Plus légers, plus jeunes que nous, nos amis, Anna et Salvatore, avancent plus vite que nous, ils sont partis de France et filent vers l'Ukraine. Nous nous séparons à regret car nos routes et nos rythmes sont differents.

Pour bien marquer le moment nous mangeons un excellent repas au retaurant du col. Et l'apres midi est ensuite simplement consacré à un retour sans encombre jusqu'au camping de Bratislava avec un unique détourr par une boutique à vin ou l'accueil est aussi glacial que leur vin est mauvais. 

 

Mercredi  31 juillet 2013

Du camping de Bratislava (Slovaquie) à celui de Hutteldorf (Autriche).

13ème jour

103 km pour un total de  1237km.

Nuit calme et réveil matinal, nous voulons profiter de Vienne. Nous saluons Francais et Slovènes dans le camping et nous partons. Nous traversons Bratislava, belle ville endormie avec ses places monumentales et ses nombreuses statues. Nous avons quelqie mal à trouver le passage pour franchir à tandem le Danube et nous trouvons presque par hasard l'itinéraire de la EV6. Nous roulons fort et régulier sur cette piste magnifique et regulière. Autour de nous c'est le monde du Danube trouée incroyable de nature, de calme et de beauté. Pour la pause café nous stoppons au pied de  la digue. LE décor est sublime. Ici le Danube a atteint en juin la cote de 9.77m Les traces de la crue sont partout visibles (boues épaisses, marques sur mur, arbres emportés...) . Le parcours est vraiment genial et nous plait beaucoup. Nous roulons longtemps sur le faite de la digue entourées de verdure et de nature. Ah! si mon ami Chérel était là, il m'en montrerait bien des choses.

Traversant d'immenses champs d'oignons nous atteignons alors les faubourgs de Vienne: Grande ville, calme dans laquelle le cycliste est vraiment le bienvenu. Il nous faut encore 20km pour atteindre le centre. Et là, nous tombons du tandem devant tant de sites tous plus magnifiques les uns que les autres: Opéra,  Mozart, statues, places, cathedrales, musée, parcs... tout y est pour rendre cette ville vraiment unique.

Il nous reste ensuite une dizaine de kilomètres à parcourir pour trouver un camping encore en ville. La nuit sera peu reposante car notre tente est à quelques metres d'un axe local mais très fréquenté surtout par des noctambules. 

 

Jeudi 1 août 2013

Du camping de Hutteldorf (Autriche) à  celui de Willerslach (Autriche).

14ème jour

 119 km pour un total de  1356km.

La nuit a éte bruyante et pas vraiment agréable. Nous quittons rapidement ce camping peu sympathique. Nous suivons ensuite la piste cyclable le long de la voie ferrée. A Neulengbach Véro fait des courses dans le supermarché du coin. En compagnie de Georges, j'achète alors charcuterie et fromages locaux à une cremière avenante, souriant dans sa roulotte ambulante, au fond du parking.

Nous suivons ensuite une belle route facile et régulière jusqu'à St Polten ou nous tombons en arrêt devant un parc avec chaises longues, arbres et grand calme. Bref un endroit idéal pour la pause de midi.

A Melk, Véro s'achete un beau cuissard rouge comme une tomate, il lui va très bien. On traverse et on retraverse la Danube à plusieurs reprises. Cette dernière portion de la piste cyclable est vraiment superbe, rapide et très agréable à parcourir car ombragée et très peu fréquentée. C'est un vrai plaisir surtout que comme prévu nous trouvons un petit camping accueillant et calme dans lequel nous faisons de nombreuses rencontres en particulier avec deux familles italiennes à vélo et sacoches.

 

Vendredi 2 août 2013,

Du camping de Willerslach (Autriche) à celui de Steyr (Autriche).

16ème jour

90 km pour un total de 1446km.

Ce matin là, le réveil est calme et agréable. Nous prenons notre temps, faisons des photos, parlons avec tout le monde. Véro montre même aux hommes italiens comment fermer leur remorques BOB YAK. "Ma qué ces francheses  elles savent toutou!"

Nous roulons gentiment, en nous échauffant les mollets, sur cette route tranquille et peu fréquentée. Le Danube se retrécit et nous traversons des petits villages colorés avec nombre de chateaux autrichiens typiques à belle allure.

Nous nous perdons un peu, tournons en rond, hésitons et cherchons pour arriver difficilement au Camp de Mathausen : Restes d'un camp nazi d'extermination dont la viste suffocante et écrasante nous laissera un souvenir de poids et de douleur peu commun.

Pour essayer de remonter de ce ko d'inhumanité, nous mangeons dans un petit restaurant mais le coeur n'y est pas. Le souvenir de ces souffrances terribles infligées à des êtres humains par d'autres êtres humains, nous poursuit inlassablement.

L'après midi reste toute aussi accablante de chaleur malgré une piste cyclable magnifique et ombragée. Assoiffés, nous stoppons dans un lotissement pour demander de l'eau à un couple d'autrichiens mais nous ne pouvons pas échanger le moindre mot, la barrière de la langue étant trop haute.

Après un long parcours dans les exploitations agricoles propres comme des hopitaux, nous atteignons difficilement le camping de Steyr. L'accueil y est simple, rustique ,direct et sympathique.

Ce soir c'est la canicule, nous redoutons simplement la deshydratation.

 

Samedi 3 août 2013,

Du camping de Steyr (Autriche) à celui de  Traukirchen (Autriche).

18ème jour

83 km pour un total de 1529km.

Départ laborieux  ce matin, j'ai mal dormi... je connaitrai la raison plus tard de ces mauvaises nuits.  Pour sortir du camping nous suivons à l'aveugle des panneaux un peu obscurs de pistes cyclables et bien entendu, nous nous trompons. Après avoir bien pataugé dans des paysages toutefois magnifiques nous arrivons sans rien y comprendre, au centre ville, à grande allure, traversé par de nombreux ponts. Nous empruntons alors l'itinéraire 8 qui doit nous mener à Bad Hall. Peine perdue on ne cesse de monter de descendre des pentes excessivement raides tout en avancant d'ailleurs très peu.

Déçus nous finissons par abandonner ce itineraire pour retrouver les routes plus droites et plus frequentées. A1h30 nous stoppons à Bad Hall, fatigués et assoiffés. Visiblement nous payons les efforts de la veille. Voici  Pettenbad pour la pause déjeuner. 

Maintenant ca monte et ca descend sans arret parfois à l'ombre. Un nouveau passage en forme de col et nous descendons sur Grudum, ville touristique chic parfaitement décorée par un lac de toute beauté. Tout les campings sont complets. Nous attendons notre heure qui ne tarde pas à venir. Enfin  voici un propriétaire qui accède à la demande de Vero et nous faufilons aussitot notre tandem entre toutes les tentes. 

J'essaie de me baigner, mais l'eau est trop froide pour moi à moins que cela soit moi qui soit trop chaud. Spontanement une jeune autrichienne nous propose nous héberger chez elle demain soir. C'est bien sympa de sa part,  mais nous déclinons son offre car demain soir nous esperons etre beaucoup plus loin que ca. 

Dans la nuit, c'est l'orage la pluie et le vent. Bien au sec et au chaud nous passons tout de meme une bonne nuit . 

 

Dimanche 4 août 2013.

Du camping de Traukirchen (Autriche) à celui d'Innsbruck (Autriche).

19ème jour

35 km pour un total de 1564km.

Au réveil , le soleil est revenu. Mais je reste en petite forme avec des courbatures fébriles. Apres y avoir reflechit, nous adptons une solution sage: nous allons prendre le train.

En deux heures, nous dépassons Salzbourg et atteignons facilement Innsbruk. Alors que nous sortons de la gare un bel orage déchire les cieux noirs et impressionnants. Grace au GPS nous passons entre les gouttes jusqu'à un camping encore en ville.

Ce camping est calme et tranquille mais  cela ne durera pas, soudain une nuée de Coréens, sortie d'on ne sait ou, envahit tout l'espace. Seule la fatique nous permettra de dormir et de passer une bonne nuit.

 

Lundi 5 août 2013.

Du camping d'Innsbruck (Autriche) à celui de Reutte (Autriche).

90 km pour un total de 1619km

20ème jour. 

Cette nuit, l'orage a encore crié sa colère et affirmé sa puissance mais ce matin il fait beau.

Dans un premier temps nous remontons gentiment le fond de la vallée en suivant sans difficultés une route fréquentée. Mais une heure plus tard environ, tout  se gate, tout change tres rapidement. Face à nous se dresse une véritable falaise  et nous allons la gravir avec notre attelage.

Nous suivons une route large et fréquentée. Ce qui nous rassure car on suppose que les lacets y seront nombreux et efficaces. Et bien il n'en sera rien. C'est une montée ahurissante terrible épouvantable avec des pentes toujours fortes sans le moindre replat qui nous saute dessus. C'est incroyable, on tape dans le 16%, nous allons exploser en vol.. 

Véro est devant, elle tient le guidon comme elle peut, moi je suis derriere, j'appuie j'appuie comme un forcené. J'adore l'effort que l'on fournit dans de grands cols mais là c'est vraiment beaucoup. On continue encore et toujours, on monte toujours aussi lentement. Soudain la route fait un grand virage sur la droite. Nous  stoppons totalement à bout de souffle sur un petit parking. Nous croisons nombre de poids lourds et de bus descendre très lentement, les regards des chauffeurs  crispes sur la pente.

La route est incroyable à regarder avec ce trafic si dense. Cela nous donne une impression intense de stress et de risque. Ah nous sommes bien sur notre tandem mais cette fois c’est vraiment particulier ! Véro a des douleurs dans la nuque, moi mes poumons vont éclater, à part ça tout va bien !

Apres quelques heures d’un effort incroyable nous arrivons enfin au col vers 1200m d’altitude. SHARNITZPASS 955m.

Mais pas de panneau rien d’intéressant à photographier, alors nous filons sans attendre. Nous atteignons la légendaire station de ski sans l’apprécier vraiment. Nous franchissons la frontière et roulons donc pour la première fois en Allemagne. Les travaux d’entretien de la voie ferrée sont réalises dans un ordre et une propreté incroyables. Nous atteignons Mittewald, une espèce de Chamonix à la mode des Goths avec ses touristes rarement maigres et toutes ces babioles ridicules.

Nous préférons logiquement reprendre la route pour retrouver le monde de la route et de la montagne. Suivant une belle piste cyclable, nous décidons dans un endroit calme et retiré de faire une bonne pause sieste à quelques mettres du tandem. Vero se méfie, moi pas du tout et bien j’ai grand tort, car on nous vole l’appareil photo pourtant bien attaché au guidon. Nous sommes furax et écourés, c’est un cycliste comme nous qui nous l’a volé.

Nous traversons rapidement Garmish trop en colère pour apprécier l’endroit. Pour quitter la circulation trop dense, nous prenons une petite route fermée à la circulation et même pas goudronnée. Là, c’est mieux, nous sommes dans une foret magnifique, nous roulons bien.

Nous  atteignons à bonne allure le lac de Plansse ; le decor devient carrement sublime avec un camping accueillant mais nous preferons rouler encore. Il nous faut maintenant bien descendre en suivant une petite route de fond de vallée, la lumière en cette fin de journée est magnifique. Un bain s’impose dans ces eaux presque chaudes, le bonheur simple et vrai.

Toujours en descendant nous trouvons sans beaucoup de difficultés un grand camping cher et peu sympathique pour les francais. Alors que nous montons la tente, un orage éclate. Un couple de caravanistes nous offre alors gentiment leur auvent pour que nous puissions manger au sec. Quelle joie de manger au sec sous le spectacle de la pluie et de l’orage.

 

Mardi 6 août

Du camping de Reutte à l’hôtel de Sontoffen

50 km pour un total de 1669km

 

Une journée étrange nous attend.

Nous saluons nos hotes avant de partir, les vêtements anti-pluie à portee de main. Apres 10 km d’échauffement, nous attaquons le premier col de la journée avec une pente sympathique à 7% des virages réguliers et faciles. COL DE GAITCHPASS 1082m. 

Puis sans trop descendre nous atteignons une vallée suspendue dénommée «  tranheimer «  et au bout de cette drôle de vallée voici un autre col tout aussi magnifique OBERJOCH PASS 1971m .

Il s'ensuit  alors une longue et belle desencte avec des virages enchâssés comme on les aime. Dans la bourgade suivante, nous stoppons pour le repas. Par hasard, on s’arrête devant une pharmacie qui nous envoie chez le dentiste du coin

Et là tout bascule, j’en sors, une heure plus tard, avec une joue énorme, du sang sur les lèvres, une dent en moins, une interdiction de rouler et de se mettre au soleil et bien évidemment 90 euros de perdus.  Le pompon du pompon.

Heureusement que Véro est là avec son calme et son sourire. Elle trouve hôtel et chambre, me met au lit et au repos pour l’après midi.

La  nuit qui suit sera réparatrice et heureusement pluvio orageuse.

 

Mercredi 7 août 2013.

De  l’hôtel de Sontoffen au camping de Mamern

30 km pour un total de 1669km

 

Véro a tout prévu, même le ciel couvert et humide nous rend bien service. Pour se reposer après le choc de la veille, nous prenons le train jusqu’à Lindau, belle ville située au bord du lac de Bodensec. A 13h à l’arrivée, il y a énormément de monde, à pied, en voiture, à vélo. Mais Véro n’hésite pas une seconde et nous propulse sans crier gare dans le premier bateau venu. Par chance c’est un magnifique ferry qui nous permet de traverser le lac sans effort aucun et en profitant de paysages magnifiques et nombreux.  Nous mangeons même sur le bateau, comme de riches armateurs grecs. 

Konstans petite ville touristique qui ressemble à celles de la cote d’azur. Aussitôt que nous posons à nouveau le pied sur la terre ferme nous fendons et fuyons la foule au plus vite.

Nous trouvons rapidement la direction de Stein mais nous n’arrivons pas à trouver le rythme, la cadence est trop lente nous n’avons pas beaucoup d’énergie. Le parcours casse-pattes, trop irrégulier n’arrange rien.

Au premier camping on s’arrête, et on trouve une bonne place au bord du Rhin entre allemands et polonais la pluie revient pendant la nuit.

 

Jeudi 8 août 2013.

Du camping de Mamer à celui de Bad Zurzach

77 km pour un total de 1776km

Matin humide, on s’organise rapidement pour tout garder au sec. Aux premiers coups de pédale, c’est la pluie qui s’installe. Nous traversons d’abord la ville de Stein sur Rhin dont les rues moyenâgeuses et les façades ornées sont réellement magnifiques.

Nous filons ensuite pour les chutes du Rhin. Plus on s’en approche plus on est certains que le site est très touristique. Et quand  nous arrivons nous ne sommes vraiment pas déçus. Evidemment il y a foule et l’entrée est payante. Pour éviter ce dernier obstacle nous faisons un grand détour à tandem pour nous retrouver sur l’autre rive. Le paysage, vu de face y est alors grandiose et surprenante, il pleut maintenant de plus en plus. Nous continuons coûte que coûte. Comme nous ne nous voyons pas manger sous la pluie, nous nous arrêtons devant un restaurant grec : une soupe chaude et un plat typique nous feront le plus grand bien.

Toute l’après midi nous ne faisons que chercher, hésiter, tourner en rond, sur des petites routes. La pluie cesse mais le parcours reste toujours aussi saccadé et irrégulier.

Vers 18h  nous arrivons à Zurzach. Nous retrouvons la Suisse ce pays qui nous a laissé un grand souvenir après l’avoir traversé en 2009. Le repas est sec mais le soir venu, la pluie reprend.

 

Vendredi 9 août 2013.

Du camping de Bad Zurzach à celui de Hunargue.

105 km pour un total de 1881 km.

Ce matin il pleut doucement et finement, il pleut. Nous reprenons la route en suivant bien regulièrement les pistes cyclables parfaitement balisées. Nous traversons Waldshut, Laugenburg et Bad Seckingen. Nous tombons en arrêt devant un magnifique pont en bois entre Allemagne et Suisse. C'est un ouvrage magnifique tres ancien, sur lequel nous sommes ravis de rouler avec notre engin. Maisons décorées, églises peintes colorent harmonieusement les petites villes que nous traversons.

Et nous prenons la direction des choses sérieuses avec la chasse à  quelques cols allemands, nos premiers. Très rapidement, nous quittons les paysages de plaines et de collines pour pénétrer dans des ensembles de forêts et de montagnes.

Ca monte  dur aussitot vers de petits villages accrochés sur des pentes agricolo-montagneuses. 

parvenus dans le petit village de Tegerneau nous cherchons en vain quelque chose qui pourrait ressembler à un col mais rien de tel sous nos roues. On tourne et on vire mais on ne trouve rien. Dépités, enfin surtout moi, nous filons vers l'ouest en remontant une magnifique route qui remontant de vastes champs de foin et de paturages nous permet d'atteindre apres une rude montée notre premier col allemand: SALLNECK 695m 

Il fait tres beau, tres chaud, la vue est immense et très calme. Nous essayons de nous repérer sur des panneaux en bois, au col, mais en vain. 

Il s'ensuit alors une  magnifique descente ensoleillée pour retrouver la foret, epaisse et froide. Voici au detour  d'un nouveau carrefour , toujours en pleine foret, notre second col. Pas de panneau, mais notre carte nous permet d'etre certains d'être au bon endroit: SCHEICHECK 541m.

L'endroit n'est pas terrible, nous  ne trainons pas et descendons alors aussitot vers le bas de la vallée. Nous rejoignons Kanderm et filons par une route droite et roulante vers le Sud et la France.Pour meubler cette fin de journée, nous allons gravir le dernier col en gravissant au prix d'un éprouvant aller retour le WITTINGER HOLE 433m. 

L'endroit n'est meme pas beau, on ne s'y attarde pas , là non plus. Et voila le Rhin franchi par un pont d'envergure. Nous  retrouvons la France. Dans la petite ville de Hunningue, nous stoppons dans un camping simple et essayons de manger dans un restaurant minable.

 

Samedi 10 août 2013.

Du camping de Hunningue (68) à celui de Baume les Dames.

122 km pour un total de 2003 km.

 

 

 

 

VOYAGE A TANDEM DE BUCAREST A THOUARS
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